Petros Studios
Les popstars nous vendent souvent un concept ultra prometteur qui n'est finalement jamais mené à bout. Souvenez-vous par exemple quand Dua Lipa annonçait des influences 90's (Massive Attack, Primal Scream) qui ne se retrouvent finalement pas sur "Radical Optimism". Ou quand Lady Gaga voyait son excellent album "Mayhem", vendu comme "dark", devenir une collection de tubes pop-funk ultra lumineux et dansants. Il en est de même pour Ed Sheeran. Pour son huitième opus "Play", la superstar britannique teasait une ambiance orientale, lui qui a fini l'album en Inde où il dit avoir passé « les jours les plus amusants, exploratoires et créatifs » de sa carrière. Hélas, le contrat n'est une nouvelle fois pas respecté.
Peu de nouveautés, beaucoup de redites
Outre les singles déjà connus "Azizam" et "Sapphire", classiques mais plutôt plaisants, et le petit tube en devenir "Symmetry", aucun des 10 autres morceaux de l'album d'Ed Sheeran ne s'aventure dans des contrées orientales. Il faut attendre ironiquement les bonus de la version deluxe pour retrouver cette saveur d'ailleurs, sur "Problems". Le reste ? C'est du Ed Sheeran pur jus comme on en a l'habitude depuis 10 ans. Comprenez, des ballades sur le fil ("Old Phone", "In Other Words"), quelques touches soul ("A Little More") ou électro (les poussifs "Don't Look Down" et "Heaven"), des titres pop-rock radiophoniques ("Camera") et son goût toujours assumé pour le rap, via l'ouverture "Opening". C'est d'ailleurs sur l'édition deluxe qu'on retrouve les titres les plus originaux du projet, à l'instar du sympathique "Regrets", entre couplets rap, refrain pop, choeur gospel et sample oriental.
Pas de véritable cohérence musicale dans la nouvelle proposition de celui qui s'y définit comme « jamais cool mais jamais has-been ». Mais "Play" est surtout l'album d'un homme amoureux. Car le chanteur l'assure : il a remonté la pente après avoir traversé la période la plus sombre de sa vie. « Il y a des moments où j'ai senti que je pouvais tomber encore plus bas » clame-t-il d'emblée sur "Opening", lui qui a vécu un procès très médiatisé pour plagiat et la mort de son meilleur ami. Et c'est dans les bras de Cherry Seaborn, sa bien-aimée et mère de ses enfants, qu'il trouve aujourd'hui du réconfort. « Je serai toujours là, de ton premier souffle jusqu'à mon dernier jour » ou « Nous avons traversé le feu ensemble » lui chante-t-il sur les explicites "The Vow" ou "For Always".
"Play" ou "Stop" ?
Mais que retenir musicalement de ce disque ? Rien qu'Ed Sheeran n'ait déjà expérimenté par le passé, en mieux, mis à part ces quelques touches indiennes finalement minoritaires dans l'album. Et pas de quoi avoir envie d'appuyer sur "Replay"...