Bestimage
Julien Doré n'ira pas visiter la Statue de la Liberté. Le chanteur a dû annuler sa première tournée aux États-Unis prévue dans les prochaines semaines. Ses cinq concerts à Washington, New York, Miami, Los Angeles et Oakland n'auront donc pas lieu car certains membres de son équipe n'ont pas réussi à obtenir un visa de travail à temps. « La non-obtention des visas de travail pour nos équipes de tournée sur le sol américain nous contraint malheureusement à l'annulation des dates. Malgré l'anticipation et les démarches engagées par nos équipes, cela nous impose aujourd'hui cette décision indépendante de notre volonté » peut-on lire dans un communiqué d'Arachnée Productions.
Des formalités "extrêmement complexes et coûteuses"
Sauf que cette affaire Julien Doré est en réalité l'arbre qui cache la forêt. Car comme l'indique à l'AFP Malika Seguineau, la directrice générale d'Ekhoscènes, le syndicat du spectacle vivant privé, « l'accès au territoire américain est très difficile » pour les artistes français. En cause ? Des formalités américaines « extrêmement complexes et coûteuses » : « Il faut prendre un cabinet d'avocats qui traite l'intégralité des démarches pour avoir une chance de ne pas être refoulé à l'arrivée ». À tel point que ces complications administratives découragent parfois les artistes : « J'ai quand même certains producteurs qui disent : "On ne fera plus les États-Unis". Certains renoncent aujourd'hui ».
Julien Doré n'est donc pas le premier artiste français à annuler une tournée américaine ces derniers temps. L'an dernier, Yelle a aussi fait marche arrière, en se justifiant par le climat politique « préoccupant » aux États-Unis mais aussi par les coûts d'une telle série de concerts : « Nous voyageons maintenant en famille avec notre jeune enfant, nous avons donc plus que jamais besoin de nous sentir en sécurité. Le coût global de cette tournée devient difficile à gérer et représente un lourd fardeau financier pour nous ».
Une problématique qu'Ekhoscènes tente de résoudre en alertant « depuis 15 ans » les ministères de la Culture, des Affaires étrangères et des Finances afin de faciliter les démarches pour les tournées à l'étranger. Au contraire, d'autres groupes français arrivent à se produire aux États-Unis où ils sont très populaires, comme Justice, Gojira ou Polo & Pan, car ils sont notamment épaulés par de grosses structures.