Capture YouTube
Alors que sa tournée rencontre un succès fou avec plus d'un million de spectateurs réunis dans les salles, Julien Doré prend le temps de se confier longuement dans un épisode de "Small Talk" du média Konbini. Entre deux confessions sur le "Club Dorothée" ou ses premiers boulots, le chanteur de 43 ans s'est épanché sur l'ego des artistes et leurs travers. « C'est fou comme il y a des gens connus qui ont toujours ce besoin d'amour ou de reconnaissance tout le temps, même dans leur vie privée et intime, ils ont besoin d'exister beaucoup tout le temps » déclare l'interprète de "La fièvre", à la fois admiratif et inquiet avant de prendre son cas en exemple : « Moi, ma balance elle est constante, c'est-à-dire que je "sur-existe" sur scène et quand je descends de scène, je tiens à disparaître, je veux "sous-exister". Mais j'existe pleinement intimement, en tant que papa, en tant que mari, j'existe pleinement autrement. Quand je descends de scène, je ne veux pas avoir besoin de ça ».
"Ça me dégoûte"
Pour Julien Doré, qui se qualifie comme quelqu'un de « trop gentil », « ce n'est pas sain et c'est extrêmement dangereux ». Et il ne cache pas son étonnement face à certains comportements dans le milieu artistique. « J'ai aussi remarqué que les gens qui se comportaient comme ça - comédiens, chanteurs - n'avaient pas de problème, souvent au nom de l'humour, lors d'un dîner ou un déjeuner entre tous ces êtres connus, à écraser les autres et ça c'est un truc qui est totalement impossible pour moi » souligne-t-il, abasourdi par certaines scènes auxquelles il a assisté : « Je suis incapable d'atteindre quelque chose en écrasant quelqu'un qui me ressemble dans le sens qui a la même passion que moi. Ça me dégoûte ». Pour lui, écraser les autres pour réussir « ne peut pas avoir le goût de la récompense » : « C'est pour ça aussi que la notion de compétition, que ce soit à l'école, on doit être le premier en classe, ou plus tard dans la musique - les ventes de disques, "c'est le meilleur de l'année" - ça me dégoûte ».
Pour Julien Doré, être en compétition avec les autres n'est pas sain. « Je ne peux pas croire que la notion de victoire ou de récompense puisse avoir un goût satisfaisant pour celui qu'il la reçoit à partir du moment où elle est teintée d'un désespoir voisin » souligne celui qui songe à arrêter sa carrière, rappelant qu'il n'y a « pas de règles dans l'art ». L'interprète de "Nous" s'est aussi récemment confié sur RTL sur les artistes engagés : « Attention à ne pas donner de leçons aux gens qui nous écoutent, parce qu’ils en reçoivent déjà à longueur de journée ».