Crédits photo : (c) Benjamin Decoin
Comme plusieurs millions d'anonymes et d'artistes à travers le monde, Hélène Ségara a été très touchée par les attentats qui ont eu lieu dans les locaux de "Charlie Hebdo". « Le fusil contre le crayon, où va l'humanité... ? Quel désespoir ! Ce soir nous sommes tous unis et égaux face au chagrin... Pas de mots pour les victimes et leurs familles » a posté la chanteuse sur sa page Facebook, avec une photo illustrant une mitraillette avec la légende "Ceci n'est pas une religion". Afin de témoigner sa douleur, l'interprète de "Tout commence aujourd'hui" a eu envie de publier une chanson jamais commercialisée baptisée "Je dois me taire". Une ballade piano-voix touchante sur laquelle elle chante : « J'ai si froid, et j'ai si peur / Quand autour de moi / Je dois me taire, face à la vie, à nos enfers / Et je subis car je suis rien du tout ».
"Le petit mouvement 'Je Suis Charlie'"
Hélène Ségara a voulu s'expliquer lors d'une interview pour Actuanews : « Je l'ai offerte en version live il y a pas mal d’années. Justement, dans des moments où il y avait eu des situations déjà qui m'avaient affectée. Les fans qui me suivent aiment beaucoup cette chanson mais je ne l'ai jamais exploitée commercialement ». Affectée, la chanteuse a voulu exprimer sa peine en musique : « Je n'en revenais pas qu'on puisse rentrer dans un endroit, tuer de sang froid des gens... J’aimais beaucoup Wolinski, Cabu… J'étais tellement sous le choc le matin où j'ai appris ça… J'ai eu les larmes aux yeux toute la journée. Et dans les heures qui ont suivi, je n'ai pas attendu que ça devienne le petit mouvement 'Je Suis Charlie', j'ai tout de suite posté la chanson en téléchargement sur ma page (Facebook). Le lendemain, ça a été repris sur des sites. (...) Moi, j'ai juste remis cette chanson parce que je la trouvais d’actualité et puis comme je le dis, ça fait pas mal de temps que j'ai mal au monde ».
"J'étais choquée"
Sa démarche n'a d'ailleurs pas toujours été bien reçue par les internautes qui ont pu penser qu'Hélène Ségara profitait du drame pour attirer les projecteurs. « Tu finis par voir les commentaires de gens... Même si tu sais que tu ne dois pas t'y attacher. Les gens disent 'Quel opportunisme'… Je me suis dit "Mais bon sang… C'est quoi l’opportunisme ?" J'étais choquée que les gens puissent se dire ça ».