Eurovision : la France va-t-elle boycotter le concours comme l'Espagne ? On a la réponse
La décision de maintenir Israël à l'Eurovision provoque des remous. Alors que quatre pays dont l'Espagne et les Pays-Bas ont claqué la porte du concours, la France va-t-elle suivre le même chemin ? "Jamais" rétorque le ministre des Affaires étrangères.

Abaca
Tout s'est joué lors d'un vote hier à Genève. À l'issue d'une assemblée de l'Union européenne de radio-télévision (UER), il a été décidé que la participation d'Israël à la prochaine édition de l'Eurovision ne sera pas remise en question, et donc que l'Etat hébreu sera présent à Vienne du 12 au 16 mai prochains pour l'édition 2026 du concours. Un verdict qui provoque une scission au sein des délégations, puisque 4 pays se retirent de l'Eurovision en représailles. L'Espagne, les Pays-Bas, l'Irlande et la Slovénie estiment qu'une « ligne a été franchie ». « Ce qui s'est passé au cours de l'année écoulée a testé les limites de ce que nous pouvons soutenir. Des valeurs universelles telles que l'humanité et la liberté de la presse ont été sérieusement compromises, et pour nous, ces valeurs ne sont pas négociables » a fustigé la chaîne néerlandaise AVROTROS.

"Jamais la France ne s'engagera dans cette voie"

Si la Suède ou le Portugal ont confirmé leur participation, qu'en est-il de la France ? Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions également présidente de l'UER, s'est félicitée de l'adoption d'une série de nouvelles mesures concernant le système de vote à l'Eurovision. « Le résultat de ce vote démontre l'engagement commun de nos membres à maintenir la transparence et la confiance au Concours, le plus grand événement de musique en direct au monde. Ces discussions ont abouti à des changements significatifs dans le règlement du Concours Eurovision de la chanson, garantissant ainsi que le concours reste un lieu d'unité et d'échange culturel » a-t-elle réagi. Les déclarations de Jean-Michel Barrot, le Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, semblent indiquer que la France s'est prononcée en faveur de cette règlementation remaniée et donc contre l'exclusion d'Israël. « Non au boycott d'Israël au concours de l'Eurovision » a-t-il écrit sur X dans un long plaidoyer critiquant les prises de position d'autres pays.

"Assumons sans fard les différends politiques"

« Jamais la France ne s'engagera dans la voie du boycott d'un peuple, de ses artistes ou de ses intellectuels. Tout s'y oppose dans l'âme et la tradition de notre pays, celle de l'humanisme des Lumières : par la culture, chacun apprend à comprendre l'autre et se retrouve dans ce qu'il y a de plus universel en lui, son humanité. Y a t il meilleur moyen de cultiver la paix ? » indique le membre du gouvernement, qui dit « se réjouir » que l'Eurovision « n'ait pas cédé aux pressions, et que la France ait contribué à empêcher un boycott d'Israël dans cette enceinte » : « Je regrette profondément que plusieurs chaînes de télévision européennes aient fait un autre choix ».

Jean-Michel Barrot appelle par ailleurs « au refus catégorique de l'obscurantisme » en évoquant les boycotts « dans les salles de spectacles et les universités » d'oeuvres conçues par des artistes israéliens, dans le contexte épineux de la guerre menée par Benyamin Netanyahou dans la bande de Gaza contre le peuple palestinien. « Faudrait-il, par opposition à la politique d'un gouvernement, pousser la bêtise jusqu'à interdire les romans de David Grossman, les films d'Amos Gitaï, les concerts d'Avishai Cohen et de Daniel Barenboïm ? » s'interroge l'homme d'État. « Assumons sans fard les différends politiques et les désaccords gouvernementaux, si profonds soient ils. Mais laissons la poésie, le cinéma et la musique rapprocher les êtres. Ne laissons pas la brutalisation du monde s'emparer des consciences et dresser les peuples les uns contre les autres. Opposons lui les armes de l'esprit » conclut le message. Le président israélien Isaac Herzog a pour sa part salué la décision de l'UER, estimant que son pays « mérite d'être représenté sur toutes les scènes du monde ».

Par Yohann RUELLE | Journaliste
Branché en permanence sur ses playlists, il sait aussi bien parler du dernier album de Kim Petras que du set de techno underground berlinois qu'il a regardé hier soir sur TikTok. Sa collection de peluches et figurines témoigne de son amour pour les grandes icônes de la pop culture.
Réservez votre spectacle

Découvrez les artistes actuellement en tournée sur notre billetterie

Voir
A propos de Eurovision
Eurovision A propos de