France 5
Kendji Girac savoure sa renaissance. Dès le 30 janvier, le chanteur gitan s'embarquera dans une tournée des Zénith pour célébrer les 10 ans de son histoire avec les Français. Malgré sa récente opération chirurgicale, l'interprète de "J'ai changé" est impatient d'empoigner sa guitare pour fredonner ses plus belles chansons. « Ça fait du bien de chanter comme ça. On a tout le stress, ce qu'on a envie de dire, les sentiments... Tout va dans ce micro. Le plus important, c'est que les gens le reçoivent » confie l'artiste de 28 ans sur le plateau de "C à vous", dont il était l'invité en début de semaine.
"On banalise l'alcool"
Face à Anne-Elisabeth Lemoine et sa bande de chroniqueurs, Kendji Girac est revenu sur les raisons qui l'ont poussé à livrer les détails du jour où il s'est blessé par balles dans une autobiographie parue à l'automne. Son but ? La vérité. « Je n'ai pas fait ce livre que pour cette histoire, mais pour expliquer mon train de vie, pour que les gens qui me suivent et ceux qui ne me connaissent pas encore puissent savoir mon histoire. Comment j'ai grandi, mon parcours d'école qui n'était pas à 100 %, comment la vie m'a amené à des choses qui m'ont fait grandir, et que je ne regrette pas. J'ai bien grandi, dans le bon sens, dans la bonne direction. J'ai mis toute mon âme dans ce livre » assure l'ancien vainqueur de "The Voice", qui n'omet rien, au fil des pages, des excès qui l'ont mené à ce jour fatidique où il a failli perdre la vie.
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Désormais papa de deux enfants et plus apaisé, Kendji Girac souhaite utiliser sa notoriété pour transmettre un message de prévention concernant les effets nocifs de l'alcool. « Bien sûr [je veux sensibiliser]. Des fois, on ne se rend pas compte. Chez les gitans, il y a beaucoup de fiestas. Pas que chez les gitans, dans la France entière et le monde entier. On banalise l'alcool. Là où on va, il y a de l'alcool. Quand on grandit avec, on ne s'imagine pas que c'est du poison. C'est tout à fait normal d'avoir de l'alcool à la table à midi ou au petit-déjeuner » souligne avec justesse l'ami de Kema Baliardo, le petit-fils du légendaire Manitas de Plata.
"Parfois, tu vas dans les dangers"
Le chanteur fait état d'un environnement social enraciné dans la culture gitane et française qui pousse à la consommation. « Quand tu es jeune, tu veux connaître la vie. Tu veux essayer d'en profiter à fond. (...) Avec les copains, des fois, tu t'amuses. Je vois plein d'amis qui s'amusent à faire des concours de celui qui boit le plus, celui qui fait le plus de culs-secs... C'est cette façon de consommer l'alcool qui est très dangereuse » estime Kendji Girac, bien placé pour connaître les conséquences néfastes de telles habitudes : « Tu fais ça sans savoir ce qui peut arriver derrière. Tu perds toute notion. Il fait nuit, tu n'es pas bien, tu es dans un mauvais état... Parfois, tu vas dans les dangers. Tu ne te rends pas forcément compte ». Et le chanteur, miraculé, de l'assurer : « Bien sûr, on peut boire avec modération. Maintenant, je comprends le "avec modération" ». De sages paroles !