Un concert d'Amir face à un nouvel appel au boycott : son producteur monte au créneau
Un concert d'Amir prévu ce soir à Brest est à nouveau visé par un appel au boycott par la candidate LFI aux municipales. Le producteur du chanteur sort du silence et dénonce "un antisémitisme assumé".

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Où s'arrêtera la polémique ? Après un été compliqué marqué par des polémiques autour de son concert aux Francofolies de Spa (Belgique), la tournée des Zénith d'Amir est marquée par de nouveaux appels au boycott. Après le collectif Urgence Palestine à Nice, ce qui lui avait valu le soutien de la ministre de la Culture Rachida Dati, c'est désormais Brest Insoumise qui monte au créneau. L'antenne brestoise du parti de gauche La France Insoumise (LFI) appelle au boycott et à l'annulation du concert du chanteur prévu ce jeudi à la Brest Arena. Sa venue est décrite comme une « honte » et un « déshonneur » par Cécile Beaudouin, la tête de liste aux prochaines municipales de la commune. Elle estime qu'il aurait « participé à la colonisation illégale de la Palestine au sein de l'armée israélienne et qu'il s'en vante régulièrement ».

"Amir appelle à la paix"

Dans les colonnes du Parisien, le patron de son label Parlophone, Antoine Gouiffes-Yann, sort du silence. Face au communiqué signé par Cécile Beaudouin, il ressent « de la colère, du dégoût ». Pour lui, le fait de préciser le nom de famille du chanteur, Haddad, dans le communiqué de LFI relève d'« un antisionisme exacerbé et hystérisé qui frôle de plus en plus avec un antisémitisme assumé ». Il compare même ce texte aux « saillies d'Alain Soral », l'idéologue controversé d'extrême droite : « On cible et on attaque une personnalité en mettant l'accent sur sa judéité réelle ou supposée. Amir ne s'est jamais fait le porte-parole du gouvernement israélien et il appelle à la paix ».

Un communiqué qu'Antoine Gouiffes-Yann juge « odieux » et préoccupant dans la sphère politique et sociale actuelle. Il va même jusqu'à rapprocher ces accusations des « procédés de la vieille extrême droite antisémite » : « Interdire à un artiste de confession juive de se produire sur scène, ça ne vous rappelle pas des heures sombres de notre histoire contemporaine ? ». C'est par le biais de ses fans qu'Amir a découvert cet appel au boycott de la candidate LFI. Mais ce n'est pas tout puisque l'interprète de "Nous" est régulièrement la cible d'« insultes, notamment antisémites ». « LFI Brest hystérise un sujet avec énormément de raccourcis voire de mensonges. Amir n'a jamais été combattant de l'armée. Il a fait son service militaire comme 100% des Israéliens, qu'ils soient homme ou femme » martèle le professionnel de la musique.


Le chanteur se retrouve "sous protection personnelle"

S'il estime que c'est à Amir de décider, ou non, de porter plainte, le chanteur ne veut pas accorder plus d'importance à ces personnes. Il préfère continuer sa tournée, qui se déroule malgré tout dans des salles combles : « Tout se passe hyper bien avec des gens conquis et un public heureux, loin de la haine des réseaux sociaux ». Antoine Gouiffes-Yann estime que les réactions exacerbées des réseaux sociaux restent cantonnées à la sphère numérique : « [Il y a un] décalage entre l'hystérie sur les réseaux sociaux alimentée par des groupes extrémistes, dont LFI fait dorénavant partie, et la réalité : ça se termine par quelques manifestants devant la salle, qui se font huer par le public en train d'entrer ».

Malgré tout, il précise qu'Amir est « sous protection personnelle » et que même les salles demandent parfois une sécurité supplémentaire : « Il y a des Zénith qui ont reçu jusqu'à 1.000 mails de protestation automatisés via des procédés de raid numérique. Psychologiquement pour lui, cela doit être difficile à gérer mais il est solide et l'amour du public présent lui donne de la force ». Et le regrette déjà : « Un jour, il va y avoir un drame et ces personnes en porteront l'entière responsabilité ».


Au micro de Purecharts, Amir a tenu à souligner à quel point le soutien et l'amour du public l'ont aidé durant cette période : « Je me suis rendu compte qu'à en croire les réseaux sociaux, je devais traverser une catastrophe. Rien qu'à voir l'amour des gens, avec ces festivals remplis uniquement de personnes venues me soutenir et m'encourager à ces concerts joyeux, fédérateurs, des spectacles de paix et de cohésion, la réalité était là. J'en ai tiré une grande leçon qui m'a permis de traverser le reste de l'été et de faire de tout ce vacarme un tout petit bruit sans valeur, et de garder le cap ».

Par Théau BERTHELOT | Journaliste
Passionné par la musique autant que le cinéma, la littérature et le journalisme, il est incollable sur la scène rock indépendante et se prend de passion pour les dessous de l'industrie musicale et de l'organisation des concerts et festivals, où vous ne manquerez pas de le croiser.
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