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La sortie de "Vengeance", le sixième album de Benjamin Biolay est évidemment l'un des événements musicaux de cette fin d'année, mais elle s'accompagne d'une petite polémique dont le chanteur se serait bien passé. Il s'est en effet attiré les foudres du Front National à cause du titre qui donne son nom au disque, dans lequel il évoque brièvement l'accident fatal d'un ancien cadre du parti politique français, Jean-Pierre Stirbois.
« La vengeance est un plat que certains mangent froid comme Stirbois s'est mangé son cèdre » chante Benjamin Biolay dans "Vengeance". Il fait allusion ici à l'accident de voiture qui a coûté la vie à l'ancien secrétaire général du Front National en 1988. Dans un communiqué, le parti d'extrême droite, dirigé aujourd'hui par Marine Le Pen, s'est indigné de ces paroles : « Le militant socialiste Benjamin Biolay a cru bon d'ironiser dans son nouvel album sur la mort de Jean-Pierre Stirbois ». Le Front National qualifie ensuite l'artiste de « rebelle en peau de lapin ». Mais le chanteur vient de répliquer et tente de calmer le jeu après avoir reçu des menaces de mort.
Dans une interview accordée au Parisien, Benjamin Biolay se défend de toute provocation. « Il n'y a rien de cynique dans ces mots. Ce sont des phrases qui me viennent, pas des prospectus politiques. Je dis juste qu'il s'est pris un arbre, je ne juge pas ». Le chanteur trouve au passage cette polémique totalement démesurée. « C'est le morceau le plus expérimental de l'album, il ne passe pas à la radio, ne sera pas un hit dans les campings. Si j'avais voulu écrire une chanson anti-FN, j'aurais fait autre chose » indique Biolay avant de mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes. « Certes, je suis un militant socialiste, j'ai soutenu François Hollande, mais je ne suis pas un militant anti-FN » conclut-il. Voilà qui est dit.