Crédits photo : Pacific Coast News / Abaca
Ils sont remontés. La dérogation accordée au Puy du Fou pour acceuillir 9.000 spectateurs ce samedi a choqué les artistes, alors que les manifestations de plus de 5.000 personnes sont interdites jusqu'au 30 octobre. Sur les réseaux sociaux, Clara Luciani ou Slimane ont pris la parole pour faire part de leur incompréhension face à cette exception. Un choc également ressenti par Yves Bonnemel, président du Syndicat des Musiques Actuelles (SMA), qui a multiplié les lettres ouvertes au gouvernement ces dernières semaines. « Cette information nous a tous estomaqués, on est tombés de notre chaise. Mes collègues auraient bien aimé avoir la même mansuétude de la part de leurs préfets. L'année prochaine, plein de festivals qui n'ont pas eu lieu cette année n'auront pas lieu » explique-t-il à Franceinfo, ajoutant que « les structures sont en train de jouer leurs vies ».
"Nous on est fermés, eux sont ouverts"
Le président du SMA ne comprend pas comment une telle dérogation a pu être accordée au Puy du Fou alors que d'autres festivals de plus petites tailles ont été annulés : « Si vous êtes déjà allés sur des sites de festivals de taille comparable vous verrez que c'est immense. Si on avait pu jouer le jeu, on aurait pu trouver des solutions. On a fait des propositions au ministère pour les salles et les festivals mais on n'a toujours pas de réponse par rapport à ces propositions sanitaires. On nous a dit qu'on aurait une réponse et celle qu'on a c'est que nous on est fermés et qu'eux sont ouverts ».
"Ne pas savoir où on va nous met en danger"
La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, doit d'ailleurs recevoir ce mardi certains acteurs du monde culturel afin de trouver des réponses. Mais les demandes d'Yves Bonnemel sont limpides : « On demande un règlement clair pour qu'on puisse se baser dessus pour organiser notre travail. Il nous faut du temps, trois à quatre mois en amont. Ne pas savoir où on va nous met en danger (...) On veut des réponses, savoir quand est-ce qu'on aura de la visibilité. On constate que les autres secteurs ont été écoutés et entendus. Nous on nous a beaucoup écoutés, on nous a réunis moult fois, mais on a l'impression qu'on ne comprend pas notre modèle économique et l'impact que cela va avoir sur notre activité ». Suite aux rencontres prévues ce mardi, des réponses pourraient être rapidement annoncées par le gouvernement.