Marina Germain
6. "Snipeuse"
Sur ce premier EP "Grandir", Marguerite ouvre son coeur, éclairant ici et là ses parts d'ombre. Comme sur "Snipeuse". Sans fard, elle pointe le doigt sur son besoin de séduire à tout prix, pour éviter la solitude. « Snipeuse / J'tombe amoureuse à chaque jolie gueule / Mon coeur s'emballe au moindre clin d'oeil / Pourquoi j'veux jamais rentrer toute seule ? » se désole-t-elle, tout en se questionnant sur ce vide narcissique à combler. Un sujet intéressant même si le titre manque peut-être d'un peu de caractère.
5."La fée"
Sur "La fée", produite par Iliona et qui ouvre l'EP, Marguerite fait les présentations en évoquant son évolution, de son plus tendre âge à aujourd'hui. Pour renforcer l'intime, le titre aérien - très proche de l'univers de Pomme - prend son inspiration dans son surnom. « Docile », réservée et « bien éduquée », la jeune femme a grandi dans les clous mais célèbre ici sa mue, son unicité. « J'préfère être bizarre, un peu ailleurs, à part » clame-t-elle. Son texte vulnérable et son interprétation sur le fil en font une berceuse, à la fois forte et fragile.
4. "La maison"
Marguerite a plus d'un tube dans son sac. C'est ce qu'elle prouve avec "La maison", qui nous fait un peu penser à du Angèle ! Sur ce titre pop, la jeune fille rêve de s'émanciper, construire son propre cocon, en écho aux dysfonctionnements familiaux, évoquant sa solitude ou l'absence de son père. « À la maison, il y a des trucs qui tournent pas rond » scande la nouvelle star sur un refrain cathartique, un poil facile mais efficace. Les radios vont adorer !
3. "Première dauphine"
Qu'est-ce que c'est beau ! Dès les premières secondes, on comprend que "Première dauphine" se démarque par sa solennité, entrant tout de suite dans le rang des grandes ballades qui visent le coeur. Sur des notes de piano tristes à pleurer, Marguerite assume le fait que, dans la vie, on ne gagne pas à tous les coups. Bonne joueuse malgré un spleen abyssal, la chanteuse braque les projecteurs sur le fair play et l'importance de célébrer ceux qui réussissent. Un très beau message !
2."Les avions"
Choisi comme deuxième single, "Les avions" est certes moins évident que "Les filles, les meufs" mais il permet à Marguerite d'éclore un peu plus auprès des auditeurs. Avec un phrasé plus direct, plus parlé aussi, mais toujours une belle dose de poésie et de mélancolie, l'artiste parisienne chante ici la fin d'une histoire amoureuse grâce à la métaphore de l'aviation (collision, turbulences...). On aime la voix presque brisée de Marguerite et cette production aussi sensible qu'intense sur le final. Une chanson plus forte qu'elle n'y parait.
1. "Les filles, les meufs"
« Moi je préfère les filles les femmes les meufs ». Une évidence. Dès la première écoute, "Les filles, les meufs" de Marguerite reste en tête. À la fois très sérieux mais sans se prendre au sérieux, le single tourne en dérision les codes virilistes avec tendresse et une dose d'amour, permettant à l'artiste d'évoquer sa bisexualité en toute liberté. Quel bonheur d'entendre une candidate sortant de la "Star Academy" pouvoir être qui elle est, sans qu'on cherche à gommer ses différences pour entrer dans le moule. Un hymne est né !