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« En France, on peut menacer les gens, tenir des propos homophobes et sortir librement dans la rue parce que la justice ne fait rien ». Voilà l'amer constat établi par Hoshi, victime d'une campagne de haine à caractère homophobe, misogyne et grossophobe depuis qu'elle a embrassé une danseuse sur la scène des Victoires de la Musique 2020. Les insultes et les menaces de mort sont le lot quotidien de la chanteuse, qui s'affiche librement avec sa compagne Gia Martinelli. Un enfer qu'elle n'arrive plus à supporter. Jeudi soir, l'interprète de "Allez là" a dévoilé un échantillon glaçant des injures qui inondent ses réseaux sociaux. « Ça m'a empêchée de vivre pleinement depuis 3 ans. J'ai vécu un enfer psychologique et physique : 28 jours d'ITT. J'ai eu peur à chaque fois que je suis montée sur scène, peur de me faire agresser, je ne suis jamais ressortie seule dans la rue depuis, j'ai perdu 10 kilos, j'ai stressé en permanence. (...) Je n'ai jamais pu dormir paisiblement car j'ai toujours eu peur qu'ils trouvent mon adresse » témoigne-t-elle, désemparée.
"Moi qui aime tant mon pays, je viens de perdre foi"
Car Hoshi a mobilisé du temps et de l'énergie à monter un dossier exhaustif contre ses harceleurs, preuves à l'appui. L'un d'entre eux avait même été interpellé en juin dernier. Hélas, une mauvaise nouvelle est tombée : « Je viens de raccrocher avec mon avocate qui s'est battue à mes côtés de toutes ses forces et elle vient de m'annoncer que sur les milliers de messages reçus, et que sur toutes les personnes retrouvées, une seule personne sera potentiellement convoquée à un "procès" au mois de juin ». Un véritable coup de massue pour la musicienne, qui espérait davantage de soutien de la part des autorités judiciaires. « Une seule personne. En 2023. En France. Moi qui aime tant mon pays, je viens de perdre foi en la justice » se désole-t-elle. En colère et à juste titre, Hoshi veut mettre son aura médiatique à bon escient pour faire avancer les choses, au nom de toutes les victimes. Elle lance donc un appel. « J'ai un message pour l'État : sauvez-nous tant qu'il est encore temps, n'attendez pas que ça finisse mal avant de vous intéresser aux dossiers » implore-t-elle dans sa lettre.
J'avais besoin de le dire. pic.twitter.com/IUyXj0MwJc
— Hoshi ☔️ (@HoshiOfficial) January 12, 2023
VIDEO - "Amour censure" : Hoshi raconte l'histoire de sa chanson contre l'homophobie
Sa prise de parole fait tristement écho à l'actualité. Le 7 janvier, un adolescent de 13 ans prénommé Lucas s'est suicidé après avoir été victime de harcèlement scolaire et d'homophobie dans son collège à Golbey, dans les Vosges. Une enquête pour harcèlement sur mineur de moins de quinze ans a été ouverte par le commissariat de police d'Epinal.