"Le jour où je vais m'en mêler..." : Florent Pagny dénonce les règles de l'industrie musicale
Florent Pagny n'a pas sa langue dans la poche. Dans une nouvelle interview, le chanteur dénonce la comptabilisation des streams dans les ventes d'albums et appelle à une réforme pour lutter contre la triche : "Il y a quelque chose qui est opaque".

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Florent Pagny peut avoir le sourire. Le chanteur est le troisième artiste préféré des Français selon un récent sondage, et les chiffres le prouvent. Sa tournée qui débutera le 28 janvier est un véritable succès en billetterie, si bien qu'il s'installera pour 20 concerts à l'Olympia dans le cadre d'une résidence qui affiche déjà complet en juin et juillet prochains. L'occasion pour le chanteur de célébrer sa revanche sur son cancer en entonnant ses plus grands tubes mais aussi les titres de son dernier album "Grandeur nature", qui affiche 115.000 ventes depuis sa sortie en septembre dernier. Mais l'artiste de 64 ans vient de prendre la parole pour dénoncer l'importance des streams dans l'industrie musicale française. Auprès du magazine Public, Florent Pagny a poussé un coup de gueule avec son franc parler légendaire.

"On sait que c'est possible de tricher"

« Moi j'ai un petit problème avec le stream. Je trouve que la comptabilisation des streams n'est pas juste. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on n'est pas capable par le stream de savoir combien on a vendu d'album » atteste Florent Pagny, déplorant le système actuel où 1500 écoutes équivalent à une vente d'album. Pour lui, « ce stream par rapport aux sorties, aux nouveautés, il fonctionne pas » : « Il y a quelque chose qui est opaque. Et puis ça permet aussi de pouvoir tricher parce qu'on sait que c'est possible de tricher. Pour quelques deniers, on peut faire monter des streams ».

Selon Florent Pagny, il faut arrêter de « comptabiliser les millions de streams ». « Je serai plus pour traiter des sorties, des nouveautés, avec trois écoutes. On fait trois streams et c'est fini. On arrête. (...) À trois, on sait que tu as vendu un album » propose-t-il, en faveur d'une limitation par auditeur. Autre problème pour l'interprète de "Je sais qui je suis", la rémunération des artistes. « Par contre, faut pas qu'on te paye 0,003 euro. Il faut qu'on te donne au moins 20 centimes ou 50 centimes pour les trois streams. Et là, ça devient plus la même rentabilité. Mais on retournerait à ce qu'on a connu quand on sortait des singles, des disques et des lasers » confesse Florent Pagny, attestant que ce système profite à « des tas de gens, surtout dans l'urbain ».



Avec ces déclarations, Florent Pagny espère « ouvrir le débat » avant de peut-être passer à la vitesse supérieure : « Le jour où je vais commencer à vouloir m'en mêler, ça va être compliqué ». Interrogé sur les méthodes de certains artistes comme Jul ou Aya Nakamura de lier la vente d'une place de concert avec celle d'un album, le chanteur est pour car cela permet selon lui de comptabiliser réellement les ventes d'albums contrairement aux calculs nébuleux des streams. Mais à une condition : « Je pense que vu le prix de la place de concert, ils peuvent t'offrir l'album dedans ». Florent Pagny va-t-il aider à changer les règles ? À suivre !

Par Julien GONCALVES | Rédacteur en chef
Enfant des années 80 et ex-collectionneur de CD 2 titres, il se passionne très tôt pour la musique, notamment la pop anglaise et la chanson française dont il est devenu un expert.
Florent Pagny - Le Retour - Tournée

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