Abaca
Ils pèsent à eux quatre 200 millions d'albums vendus, des dizaines de milliards d'écoutes en streaming et des millions de fans à travers le monde. Limp Bizkit, The Offspring, Iron Maiden et Bring Me The Horizon sont les quatre têtes d'affiche du Hellfest 2026, qui se tiendra du 18 au 21 juin prochain à Clisson. Ajoutez à cela des noms emblématiques de la scène rock et metal comme Alice Cooper, Deep Purple, Sabaton, The Hives, Anthrax, Volbeat ou Megadeth, et vous obtenez un line-up cinq étoiles. Ou plutôt 183 étoiles, comme le nombre de groupes et artistes qui fouleront les six scènes du festival de musique extrêmes. Et comme d'habitude, le public est au rendez-vous : les 55.000 pass quatre jours mis en vente se sont arrachés en une demi-heure, avant même que la programmation ne soit dévoilée.
"Il y avait une volonté de rassurer notre public"
Cette 19ème édition sera donc celle de la fidélisation du public. « J'avais dès le départ passé le message aux programmateurs d'être dans l'ADN du festival. Il y avait une volonté de rassurer notre public de la première heure, auquel on tient beaucoup. Le Hellfest reste le Hellfest » assure Ben Barbaud, directeur de l'événement, dans les colonnes du Parisien. Et il le martèle : « Cette fois, aucun nom ne fera polémique ». Car chaque année, le festival se retrouve sous le feu des critiques pour la programmation de certains artistes.
"On ne programme jamais un artiste par provocation"
Cet été, le public s'était offusqué de voir le "deux poids deux mesures" du festival, refusant d'accueillir Marilyn Manson mais invitant tout de même Till Lindemann, le chanteur du groupe allemand Rammstein accusé de plusieurs agressions sexuelles. Mais c'est surtout la venue de Bård Eithun qui a enflammé les débats. Le batteur norvégien du groupe Blood Fire Death a été condamné en 1994 et emprisonné neuf ans pour un meurtre homophobe. « Il y a toujours eu une vigilance, mais on peut passer à côté de faits incriminés à des artistes » se défend Ben Barbaud, qui dit n'avoir aucun réseau social à titre personnel : « Le choix n'est pas simple, on pense aussi aux souhaits des festivaliers qui ont fait l'effort d'acheter leurs billets, mais on ne programme jamais un artiste par provocation. Si on peut éviter les débats qui entachent notre image, ça nous va très bien ».
⚰ TALES FROM THE PIT ⚰The full HELLFEST 2026 lineup is here!183 bands and 4 days of pure extreme music in Clisson, France 🔥🎧 Dive into our official playlist on @qobuz : https://t.co/5RseKZ9CCt pic.twitter.com/FH68BCiNue
— Hellfest Open Air Festival (@hellfestopenair) November 10, 2025
Le festival a aussi été au coeur de nombreuses polémiques sur l'insécurité ressentie par certaines spectatrices féminines, évoquant des faits d'agressions sexistes et sexuelles. « Le Hellfest n'est ni un repère de machos, ni un endroit insécure pour les femmes. Elles y prennent d'ailleurs de plus en plus de place. On recense chaque année plus de spectatrices. Il y a dix ans, elles représentaient 10% du public, aujourd'hui, elles sont 35% » avait déclaré Ben Barbaud l'an dernier. Malgré tout, le patron du Hellfest se dit déçu de ne pas pouvoir inscrire deux noms de prestige à son affiche de 2026 : tout d'abord Slayer, prévu le 19 juin mais qui a « annulé au dernier moment », mais surtout System of a Down, qui a préféré opter pour deux concerts au Stade de France les 2 et 4 juillet prochains. « J'espère qu'ils réaliseront par la suite une tournée plus "classique" » conclut-il.