Crédits photo : Montage Pure Charts / Bestimage
Michel Sardou se confie à coeur ouvert dans les colonnes de Paris Match. A l'occasion de la venue de la comédie musicale "Je vais t'aimer", autour de ses tubes, à la Seine Musicale, le chanteur décrit comme « un grognard » par le magazine revient longuement sur ses chansons qui ont fait polémique, et ne ferme pas la porte à un potentiel retour musical, quatre ans après ses adieux scéniques. « Disons qu'il faut réfléchir. Ne pas faire un retour pour faire un retour. Il faut que cela ait du sens. Peut-être que ça viendra... » lance-t-il, encore évasif mais « touché » par le spectacle présenté dans toute la France, ainsi que par la popularité toujours aussi effective de son répertoire. Au fil de l'interview, l'artiste de 75 ans donne également son avis sur le climat politique actuel en France. Et c'est peu dire que le chanteur et comédien n'est pas tendre envers ceux qui nous gouvernent.
"Je n'ai jamais voté pour les extrêmes"
Avouant avoir bien aimé Jean-Michel Blanquer (« un bon ministre, un peu raide peut-être »), Michel Sardou admet ne « pas trop » savoir où il en est en politique et décrit la dernière élection présidentielle comme « chiante » : « S'il y a une chanson à faire sur la politique aujourd'hui c'est : je n'y crois plus. (...) Les gens votent en réalité contre l'Etat établi, souvent à cause des présidents qui ont plus ou moins déçu, de Chirac à Hollande. Ce qui me scie le plus, c'est d'entendre qu'on est en dictature. Qu'ils aillent à Shangaï ! ». Alors que la dernière élection a été marquée par la montée des extrêmes, le chanteur tient à préciser une chose importante : « On m'a traité de facho, mais je n'ai jamais voté pour les extrêmes ». Pour celui qui chantait "Les Ricains", « on ne peut pas gouverner la France aux extrêmes » avec qui il n'y a « que des promesses et pas de programmes ».
Mélenchon ? "Attention, danger !"
Sa cible préférée ? Jean-Luc Mélenchon, qui espère devenir Premier ministre grâce aux élections législatives. « Vous écoutez Mélenchon promettre la retraite à 60 ans, le smic à 2.000 euros ? Tout le monde sait que c'est impossible ! » lance-t-il, fustigeant le candidat de la France Insoumise et sa volonté de s'installer à Matignon : « Mélenchon est toujours dans les excès. Maintenant, il se déclare Premier ministre... Attention, danger ! S'il gagne, je me tire. Ou alors je déclare la Normandie duché et je mets des barrières partout ». Pour Michel Sardou, cette époque politique manque « d'enthousiasme, de personnages à la hauteur » comme François Mitterrand ou Jacques Chirac. Qu'en est-il d'Emmanuel Macron ? « C'est quelqu'un d'intelligent. Il pourrait me plaire » débute-t-il avant de nuancer son propos : « Sauf que ce qu'il dit, il ne le fait pas. C'est quand même emmerdant. Avec lui, tout se noie dans des tas de mots. Sur les retraites, par exemple, on ne sait plus ce qu'il veut faire, et pourtant on sort juste de la campagne. Son "en même temps" me fait chier ».
Exclusif - Michel Sardou : «Avec Johnny, Cloclo et Eddy, nous étions de vrais copains sans aucune rivalité» https://t.co/K9jdNnCaaM pic.twitter.com/yeGxwSlajj
— Paris Match (@ParisMatch) June 2, 2022
Dans la chanson "Être une femme", Michel Sardou parle des femmes qui pourraient « accéder au pouvoir suprême, s'installer à la Présidence et de là faire bander la France ». Un texte que le journaliste de Paris Match pointe du doigt, tout juste après la nomination d'Elisabeth Borne comme première ministre, première femme à occuper ce poste depuis Edith Cresson entre 1991 et 1992. « C'est très bien, cette nomination » se réjouit Michel Sardou, qui voit dans son texte un côté prémonitoire : « En écrivant cette chanson avec Pierre Delanoë, j'étais persuadé que les femmes accéderaient aux postes les plus importants ». Le tout avant de préciser sa pensée : « A l'époque, je ne raisonnais pas en terme de parité mais de reconnaissance des talents. Aujourd'hui, je suis évidemment pour qu'elles soient traitées à égalité, mais qu'on les choisisse d'abord en fonction de leur talent, pas de la parité ». Toutefois, il n'a pas « l'impression que les Français ne voient (...) une femme en chef de guerre ».
"Ce siècle est à chier"
Enfin, et à sa grande habitude, Michel Sardou n'est pas tendre envers l'époque moderne et le dit clairement, il se fait « du souci » : « Ce siècle est à chier (...) Avec les réseaux sociaux, le climat de délation, #MeToo, l'écriture inclusive et le reste... On nous emmerde pour tout. Ce pays est bouffé par les normes et la bureaucratie. C'est comme si tous ces règlements avaient été inventés pour aller à l'encontre des gens ». Le message est passé !