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12 millions de vues au cumul sur les réseaux sociaux. Gauvain Sers ne pouvait sans doute pas rêver meilleure publicité pour son nouvel album ! Le 27 mars prochain, le chanteur au béret publiera un quatrième disque baptisé "Boulevard de l'enfance" dans lequel il sera question de sa paternité, de ses débuts dans la musique, de chroniques personnelles. Mais pas seulement ! Fidèle à ses convictions, l'artiste de 36 ans se posera en observateur de l'état d'un monde en déséquilibre. Et devant les réactions enthousiastes suscitées par "Monsieur le président", Gauvain Sers a décidé d'intégrer à la tracklist cette chanson créée à l'origine pour une carte blanche sur France Inter en 2022. « Je la jouais ensuite en concert mais je pensais qu'elle deviendrait vite obsolète. Je n'avais pas envisagé de la mettre sur mon quatrième album, mais quand je l'ai posté sur Facebook le 19 décembre dernier, le succès a été tel qu'on a décidé de l'inclure » sourit-il dans les pages du Parisien.
"Les gens ont envie d'entendre des chansons plus sociales"
Pour Gauvain Sers, que son texte inspiré par "Le déserteur" de Boris Vian rencontre un tel écho quatre ans après sa naissance en dit long sur l'exaspération des Français face au gouvernement d'Emmanuel Macron, à qui il recommande « d'oublier l'arrogance » : « On ne dirige pas la France comme on dirige une banque ». « Les gens ont envie d'entendre des chansons plus sociales, pas seulement des choses pour nous divertir. Il y a un sentiment d'abandon et beaucoup de colère accumulée. C'était important pour moi d'assumer cette chanson dans la lignée des artistes qui m'ont donné envie de faire ce métier, Renaud, Balavoine… » indique le protégé de Renaud, qui a dénoncé le racisme dans "Sentiment étrange" et le sort des écoles dans les campagnes avec "Les oubliés".
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Gauvain Sers a-t-il été contacté par le gouvernement à la suite de son texte coup-de-poing ? « Non. J'adorerais avoir une réponse de l'Élysée et engager le dialogue. Mais j'imagine que c'est verrouillé » déplore le musicien, dont la vidéo a généré des milliers de commentaires « surtout positifs ». « Mais les réseaux sociaux peuvent aussi être extrêmement violents, haineux. Le débat n'est pas dans la nuance. Dans ma chanson, j'ai essayé de contenir la colère, de ne pas tomber dans le piège de la surenchère de violence et de haine » nuance-t-il.
Au cœur d'une industrie toujours plus aseptisée, Gauvain Sers regrette de ne pas voir plus de collègues prendre la parole pour défendre des causes justes. « Moins d'artistes s'engagent car tu sais que tu vas te couper d'une grande partie des gens. Si tu veux séduire un plus large public, il faut lisser un peu ton discours. Mais pour moi c'est notre rôle d'éveiller les gens à ce qui se passe. Je me suis toujours dit, ne te censure pas. On te pardonnera toujours d'être sincère » estime le chanteur limougeaud, qui admet se sentir « parfois un peu seul ». Tout en saluant l'émergence de talents « comme Noé Preszow » ou de voir « Damien Saez remplit les Zéniths et Bercy ». Aux crédits de son album figurera une autre figure engagée : Francis Cabrel, qui accepté de chanter le duo "Boulevard de l'enfance". « J'en reviens toujours pas » savoure-t-il. Rendez-vous le 27 mars !