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C'est une petite victoire non négligeable. Depuis vendredi, Adele fait frissonner les charts du monde entier avec son quatrième album "30", calibré pour atteindre la première place des charts aux quatre coins de la planète mais aussi pour se vendre à des millions d'exemplaires, que ce soit en physique ou sur les plateformes de streaming. Ainsi, plus de 500.000 vinyles de l'album ont été pressés, créant une petite polémique dans l'industrie musicale : la superstar est accusée de s'être accaparée la plupart des usines de presse de 33 Tours, au détriment des artistes plus "petits" ou indépendants, qui doivent faire face à des délais de fabrication de plusieurs mois. « Si vous n'êtes pas dans un groupe, et que vous ne finissez pas votre album dans les trois mois qui viennent, le vinyle ne sortira pas avant 2023 » a notamment ironisé la chanteuse américaine Laura Jane Grace sur Twitter.
"Merci Spotify de m'avoir écoutée"
Au vu de sa popularité et de son énorme influence, Adele semble prête à faire changer quelques règles importantes de l'industrie musicale. L'interprète du tube "Easy on Me" vient en effet d'obtenir gain de cause sur Spotify grâce à la sortie de "30". Désormais, la plateforme de streaming propose directement d'écouter un album dans son mode de lecture normal, c'est-à-dire dans l'ordre des chansons établies, et non plus de manière "aléatoire" ou "shuffle", comme c'était le cas par défaut jusqu'ici. Une victoire pour les artistes qui ont véritablement conçu leurs disques afin qu'ils soient écoutés de la première à la dernière piste. « C'était la seule demande que j'ai faite dans notre industrie en constant changement. Nous ne mettons pas tant de soin et de réflexion dans la tracklist sans raison. Notre art raconte une histoire et nos histoires doivent être entendues de la façon dont nous les pensons. Merci Spotify de m'avoir écoutée » écrit la star britannique dans un message sur Twitter aimé 300.000 fois. Il faut dire qu'Adele a apporté un soin particulier aux 12 chansons de son album "30", qui évoquent en grande partie sa douleur suite à sa rupture avec Simon Konecki.
Une requête qui a été saluée jusque dans les plus hautes sphères de l'entreprise, comme l'indique un porte-parole de Spotify à l'AFP : « Comme l'a dit Adele, nous sommes heureux d'annoncer que nous avons lancé un nouveau service Premium, longtemps réclamé par les artistes et les utilisateurs, qui fait de la fonction lecture le bouton par défaut sur tous les albums ». Le site précise néanmoins que le mode aléatoire reste tout de même disponible : « Ceux qui voudraient toujours écouter un album de manière aléatoire peuvent se rendre sur la vue lecture en cours et sélectionner le bouton aléatoire ». Si la demande d'Adele a été reçue cinq sur cinq par Spotify, certains artistes, comme la chanteuse australienne Juanita Stein, se plaignent néanmoins que l'artiste n'ait pas utilisé son influence pour demander également une rémunération plus juste de la part des plateformes de streaming pour laquelle des milliers d'artistes se battent depuis des années.
This was the only request I had in our ever changing industry! We don’t create albums with so much care and thought into our track listing for no reason. Our art tells a story and our stories should be listened to as we intended. Thank you Spotify for listening 🍷♥️ https://t.co/XWlykhqxAy
— Adele (@Adele) November 21, 2021
Hey @Adele can you ask @Spotify for fairer rates for musicians? https://t.co/XJla1DG3nf
— Juanita Stein (@msjuanitastein) November 21, 2021
Un problème dont nous a aussi fait part Simon Le Bon, le chanteur du groupe Duran Duran, dans une interview à paraître prochainement sur Pure Charts : « Les artistes vendent à travers les streams, mais ce n'est pas vraiment le cas vu qu'on est quasiment pas payés des vues venant de YouTube. Peut-être Vevo, mais c'est une somme ridicule et pathétique ». En France, Vianney avait également plaidé pour un changement du modèle de rémunération jugé « injuste » : « Il nous faut faire cet effort, au nom de tous ces projets plus alternatifs qui génèrent un certain flux mais n'en retirent aucun bénéfice ».