Capture France 2
Lorie est au coeur d'une renaissance. À la surprise générale, sa tournée des petites salles - baptisée "Lorie Party" - a affiché complet en un temps record, motivant l'ancienne idole des jeunes à voir plus grand en visant les Zénith en 2026. Ce week-end, elle a ainsi donné trois concerts au Trianon de Paris, réalisant la ferveur autour de son répertoire culte qui a fait vibrer plusieurs générations. La foule est donc compacte et les cris fusent quand les lumières s'éteignent samedi soir dans la sublime salle parisienne intimiste qui accueille sa deuxième "Lorie Party" dans une ambiance survoltée. Sur l'écran géant, la chanteuse apparait au naturel dans une vidéo en noir et blanc pour quelques confessions intimes. Réservée, elle se livre face caméra : « La nuit, je rêve d'un bruit de foule, de gens qui chantent tous la même chanson. D'être tous dans la même énergie, profiter du moment présent ». Le calme avant la tempête.
"Une pléiade de tubes"
Car, quelques secondes après, Lorie débarque sur scène dans un halo de lumière, alors que deux boules à facettes trônent au plafond. « On est invincibles, rien n'est impossible » entend-on pour annoncer une version modernisée de son tube "À 20 ans". Dès les premiers mots, les spectateurs recouvrent la voix de l'icône des années 2000. La nostalgie bat son plein en un claquement de doigts ! Dans une forme olympique, la chanteuse prend clairement un malin plaisir à interpréter ses chansons naïves, adolescentes mais surtout redoutables sur scène, comme à la belle époque. Avec la tendresse de la maturité en plus. Comme pour savourer ses retrouvailles, Lorie tend d'ailleurs beaucoup le micro au public - à qui elle dédie l'inédit "Une minute" - afin de l'entendre scander chaque mot de chaque chanson. On ne va pas se mentir, danser et s'égosiller sur "J'ai besoin d'amour", "Je serai (ta meilleure amie)", "Sur un air latino", "Week-end", malheureusement raccourcie, "Je vais vite" ou "Toute seule", plus de 20 ans après, est aussi chargé en émotions pour elle que pour nous.
Accompagnée d'un seul musicien, alternant entre synthés ou guitares, Lorie est parfois un peu seule sur scène. Au vu du succès fou de sa tournée, agrémenter le spectacle de deux ou quatre danseurs à ses côtés aiderait à booster la proposition visuelle. Sans doute que dans les Zénith, la mise en scène sera étoffée ! Quoi qu'il en soit, la chanteuse - qui change plusieurs fois de tenues telle une popstar - prend toute la lumière et sait jongler habilement entre ses performances scéniques (notons l'excellent medley mêlant "Ensorcelée", "S.O.S." et "Parti pour zouker") et les instants où elle se confie sur sa traversée du désert ou ses difficultés à devenir maman. « Il y a eu des moments de doutes, d'espoir, de désespoir. À un moment donné, je me suis dit qu'il fallait que je me fasse une raison. Peut-être que je ne serai jamais maman, que je chanterai jamais de berceuse à mon enfant, mais par contre j'aurais chanté pour des milliers d'enfants, et je leur aurais donné des étoiles dans les yeux, et ça c'est un super destin » confesse-t-elle, avant d'interpréter "Nina" pour sa fille et de délivrer un beau message d'espoir.
Hyper proche de son public, Lorie va au contact de ses fans tout au long de son show, reprenant même "Je serai (ta meilleure amie)" en fendant la fosse lors d'un moment presque solennel. Clou du spectacle, elle ne peut retenir ses larmes quand ses fans lui réécrivent son titre "Sur un air latino" et lui chantent en choeur leur déclaration d'amour. Un instant suspendu qui cristallise bien le lien fort qui unit l'artiste de 44 ans à son public, qui a grandi en même temps qu'elle. Un lien qui va au-delà de la simple nostalgie.