Crédits photo : Fred de Pontacharra
Patrick Bruel et le public, c'est une histoire d'amour qui dure depuis plus de 30 ans. Si on se souvient bien évidemment de la "Bruelmania" au début des années 90, le chanteur a toujours su conserver une grande popularité. Et son dernier album "Encore une fois", sorti il y a une semaine et entre deuxième des ventes, devrait encore lui valoir un nouveau succès commercial. Au grand plaisir du principal intéressé. « Le succès rassure. Le succès est souvent synonyme d'affection. Quand on a fait ce métier pour être aimé, forcément on est heureux de cette réponse » explique Patrick Bruel dans une interview accordée à Purecharts : « Après, il y a le piège ultime de penser que le succès donne raison. Et là, il faut avoir de bons garde-fous, avoir les siens autour de vous pour vous faire comprendre que non, le succès ne donne pas raison. Au contraire, le succès vous permet le luxe de vous remettre en question, de travailler et d'essayer de constamment faire de votre mieux ». Dans un autre format à paraître bientôt, il se désole néanmoins que la Bruelmania ait donné lieu à une « récupération médiatique qui s'est faite plus d'un phénomène sociologique qu'artistique ».
"Il faut pas que ça devienne une obsession"
Malgré cet énorme succès populaire, Patrick Bruel reste pourtant un artiste peu récompensé par la profession. En 30 ans de carrière, il a été nommé 14 fois aux Victoires de la Musique mais n'a remporté que deux prix. C'était en 1990 pour le clip de "Casser la voix" et en 1992 pour l'Artiste interprète masculin de l'année. Depuis, l'interprète de "J'avance" est toujours reparti bredouille de la cérémonie et sa dernière nomination remonte à 2007 pour le Spectacle musical, tournée ou concert de l'année, qu'il avait perdu face à Olivia Ruiz. De quoi le décevoir ? Non car Patrick Bruel préfère relativiser à notre micro : « Ça fait toujours plaisir d'avoir une récompense et d'être reconnu par ses pairs. Le fait d'être connu est une chose, le fait d'être reconnu en est une autre. J'ai toujours été très touché quand j'ai été nommé ou que j'ai eu une récompense, que ce soit aux César ou aux Victoires ».
Et il le clame haut et fort : « Je vis sans ça et je peux vivre ça ». Pour Patrick Bruel, il ne faut pas que la course aux récompenses devienne « une obsession ou une source de tristesse ». Et le chanteur en sait quelque chose, lui qui vient du monde du sport : « Ce sport de haut niveau c'est d'être le meilleur, de passer la balle derrière le filet, de courir plus vite, d'être le numéro un. L'art, non. Il ne doit pas y avoir en art cette notion de meilleur que l'autre, c'est pas possible. On peut avoir été plus touché par un artiste ou un film, mais vous allez être plus touché par un film que vous avez vu hier et moi j'en ai vu un autre qui m'a plus touché ». Toutefois, il reconnaît qu'il est « très agréable d'être mis en lumière » et reconnu comme « un bon acteur ou un bon chanteur » : « Ça fait plaisir ! ». Rendez-vous aux Victoires de la Musique 2023 ?