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samedi 05 novembre 2022 11:19

Jenifer en interview pour "N°9" : "Plus j'avance, plus je me sens libre"

Par Yohann RUELLE | Journaliste
Branché en permanence sur ses playlists, il sait aussi bien parler du dernier album de Kim Petras que du set de techno underground berlinois qu'il a regardé hier soir sur TikTok. Sa collection de peluches et figurines témoigne de son amour pour les grandes icônes de la pop culture.
C'est une Jenifer plus épanouie que jamais que Purecharts a rencontré pour parler de "N°9", son nouvel album confectionné entre Londres et Paris. De son lien avec les années 70 à son envie d'énergie scénique et d'instruments, la chanteuse nous décrypte ce virage pétillant, entre deux confessions sur la "Star Academy" et ses enfants. Interview !
Crédits photo : TF1 Musique
Propos recueillis par Yohann Ruelle.

Sur cet album, on sent que tu as envie d'explorer de nouvelles sonorités et te faire plaisir...
Enfin nouvelles, nouvelles, je les avais déjà un peu explorées sur mon troisième album "Lunatique" ! (Rires) C'est une musique qui me parle. J'avais surtout envie de mettre au coeur de cet album de l'humain. Et l'humain, c'est passé par d'extraordinaires musiciens qui étaient libres de jouer comme ils entendaient la musique. C'est très bizarre de dire ça mais je voulais qu'ils puissent s'exprimer comme ils avaient envie, d'une manière très pure, sur les chansons que je leur présentais. Enregistrer dans des conditions de direct, dans ce studio londonien, ça m'a permis vraiment d'obtenir un son avec beaucoup d'âme. C'était tout ce que je recherchais : de l'authenticité et de la passion. Que ça transpire vraiment la vérité. Ces sonorités-là m'ont fait aimer la musique.

� C'était tout ce que je recherchais : de l'authenticité et de la passion �
Quelle était l'ambiance, l'état d'esprit dans ce studio de Londres ?
On teste, on prend le temps de faire la musique sans compter les heures. Je voulais qu'on laisse libre court à notre imagination, qui était hyper créative ! Un peu comme ça se passait dans les années 60-70 quoi. Cette époque était empreinte de liberté. Là, j'ai eu la chance de faire cet album comme je l'entendais. C'est un réel privilège d'avoir enregistré dans ce genre de conditions. J'ai enregistré aussi une autre partie à Paris, où on a organisé comme des pôles d'écriture pour me faire du sur-mesure. Le mot d'ordre c'était le plaisir. Surtout qu'on sortait d'une période qui était assez anxiogène. Je suis chanteuse, donc je suis censée divertir les gens ! Et ça passe par-là. Si moi-même je réussis à m'amuser à travers ce que je fais, forcément ça aura un impact. Très humblement. (Sourire) Je pensais surtout à la scène, à appeler les gens à venir prendre une bouffée d'air et d'une manière très simple.

C'est l'album que tu as toujours rêvé de faire ?
J'ai toujours rêvé de faire tous les albums que j'ai fait. (Sourire) Celui-ci y compris. D'avoir pris le temps d'aller à Londres, dans ce studio-là... On trouve de moins en moins de studio où on enregistre sur bandes, ça amène tout de suite une âme, un grain. Et la modernité que j'avais envie d'avoir aussi, c'est grâce aux réalisateurs, Jordan Houyez et Julio Masidi, qui ont amené leur touche à eux. Ils viennent de l'urbain, ils sont passés d'Aya Nakamura à Jenifer ! Forcément, ça a amené un truc sincère. J'ai été vachement aidée par cette équipe très concernée par ce qu'elle défendait, qui débordait de passion.

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Tu sors d'un album, "Nouvelle page", qui a rencontré un beau succès populaire. Tu n'as pas eu peur de revenir avec un disque plus mature, plus risqué ?
Je ne me suis pas posé la question. Quand j'entame un nouvel album, une nouvelle histoire, qu'est ce que j'ai envie de partager ? J'ai toujours eu cette nostalgie des instruments. Je voulais de l'authenticité dans les sons, j'avais envie de cuivres ! En fait, j'ai été influencée par cette liberté qu'avait les artistes des années 60-70, si créatives.

� J'ai toujours eu cette nostalgie des instruments �
Tu trouves qu'on en a moins aujourd'hui ?
Je ne sais pas, j'ai l'impression que... On a de la liberté aujourd'hui évidemment, la nouvelle génération est pleine d'ambitions que ce soit dans l'urbain, la pop, c'est génial mais j'avoue que moi, très égoïstement, je pensais à ce que j'avais envie d'avoir sur scène. J'avais vraiment cette vision en tête parce qu'on était dans la période Covid, et les gens me manquaient, la scène me manquait. On ne savait pas trop comment ça allait se passer pour nous autres, artistes. Il y a eu un embouteillage au niveau des tournées après, c'était quand même assez catastrophique. Je voulais inviter les gens à s'évader sur du bon son et voir un beau spectacle.

A quoi ressemblera la tournée, justement ?
Il y aura beaucoup de musiciens, dans un esprit de fête. Il va y avoir beaucoup d'interactions, ce sera beau aussi parce que je suis bien entourée. J'ai choisi de continuer avec la même équipe, avec Gaëlle Lalanne. Elle déborde d'imagination et elle comprend la musique. Elle était danseuse avant et c'est une directrice artistique qui tue. On s'entend très, très bien. Les idées fusent et on y va ! J'aime bien m'abandonner à elle parce qu'elle a bon goût.

La nostalgie fonctionne à plein régime, on le voit avec le retour en force du disco, comme dans ton clip ''Est-ce que tu danses ?'', la "Star Academy"... Comment tu expliques ce revival ?
Les gens ont la nostalgie du temps qui passe extrêmement vite. Je pense qu'il y a des cycles aussi. On trouve des logiciels super maintenant pour faire de la musique très simplement mais je crois que l'instrument, ça ne ment pas. Ça réveille des choses qu'on a un petit peu enfouies. Par exemple, il y a des solos de saxophone dans cet album-là et moi, je ne sais pas, ça me fait me sentir bien. Il y a un côté rassurant dans ces sons-là. Je me suis dit que ça aiderait les gens à panser des plaies ou à se réconcilier avec des sentiments.

� Je me suis sentie très libre dans les sons, les textes, la voix �
C'est un album qui parle beaucoup d'amour et de passion. C'est l'album d'une femme amoureuse et épanouie ?
Oui ! Je pense que je n'aurais pas chanté ces chansons-là il y a 20 ans. Je n'étais pas apte à les défendre de toute façon. C'est vrai qu'aujourd'hui, je me rends compte du temps qui passe et du temps qui passe extrêmement vite donc forcément, je me sens privilégiée d'exercer ma passion encore, d'en vivre et de réussir à m'exprimer sur de la musique. On me donne cette chance-là et j'en ai bel et bien conscience. Je le prends comme une récompense, comme un cadeau. C'est ce qui ressort de l'album, je me suis sentie très libre dans les sons, les textes, la voix. D'ailleurs ça s'entend, on me fait des remarques sur mon interprétation ! Il y a même des voix de maquettes. C'était important pour moi de garder aussi certaines fébrilités. Je voulais que ma voix soit aussi libre que les musiciens l'ont été.

Tu chantes « Je veux juste qu'on fasse l'amour comme d'autres font la guerre », « Y'a pas besoin de mots tant qu'il y a de la souplesse », « Il n'y a que sur mes dunes que tu te reposes, quand je pose ma lune sur tes lèvres closes »...Tu oses des paroles sensuelles, sexuelles même, sur certains titres. Tu as envie de parler frontalement de plaisir ?
"Tais-toi", c'est le titre un peu coquin ! Les textes sont plus assumés. Ouais ! (Rires) J'assume d'avantage. Plus j'avance, plus je me sens libre de m'exprimer sur des sujets, ben... qui m'évoquent des choses quoi. (Sourire) Je me mets à la place de l'autre aussi, ce sont des thèmes tellement universels. En exprimant ma féminité, je me dis que ça retentira chez d'autres peut-être ! Cet album est très sensuel, effectivement. Il y a toujours un effet thérapeutique quand on entame une nouvelle page, un nouvel album. Moi, ça m'a fait un bien fou de m'exprimer là-dessus aussi. (Rires) C'est le reflet de celle que je suis.




Sans transition, sur l'album, il y a une superbe ballade dédiée à tes enfants qui s'appelle ''En attendant''. Tu avais déjà fait des chansons sur la maternité mais c'est la première fois que tu t'adresses véritablement à eux. Pourquoi maintenant ?
En fait, ce n'était pas ma volonté. Je n'ai pas osé lancer ce thème-là, je l'ai provoqué chez Mark Weld, qui est l'auteur de la majorité des chansons sur l'album. Il fait partie des belles rencontres... Il a écrit vraiment de son côté, de son plein gré. Quand j'ai lu son texte, je me suis dit que je serais incapable de chanter cette chanson-là. Je n'aurais pas le courage de la chanter et de m'exprimer là-dessus. C'est vraiment une atteinte à la pudeur pour moi, je suis vachement réservée sur le sujet. Et en même temps, je veux être honnête dans ma démarche, et dans ma démarche artistique surtout. Je ne pouvais pas passer outre ce sujet-là. C'est une chanson qui parle du sens de la famille, du cycle de la vie. C'est une chanson sur la transmission. C'est un peu l'OVNI de l'album. Elle a eu 123 versions ! On a beaucoup cherché pour habiller ces mots-là et on a opté pour quelque chose d'assez épuré. C'est la moins produite de l'album mais elle me tient forcément beaucoup à coeur.

� Pour mes enfants, je suis une maman qui chante �
Tu l'as fait écouter à tes deux grands ?
(D'un ton ému) Pas encore, non. Je vais devoir la chanter sur scène et ça c'est... J'ai mis 20 ans à la chanter en studio déjà. C'était très compliqué parce que je suis très émotive, surtout devant un micro. La sensibilité était à son max. J'ai eu la chance de pouvoir l'enregistrer en plusieurs fois et un jour où j'étais un peu plus robuste, j'ai réussi. Pour la scène, ça, on verra. (Rires)

Est-ce que tes fils ont conscience de qui est leur maman, ce que tu représentes dans les yeux du public ?
Non, je pense pas. Mes enfants me considèrent vraiment comme une maman... qui chante. C'est aussi simple que ça, c'est vrai ! Je suis plutôt une maman louve donc je les ai protégés de beaucoup de choses, du mieux que j'ai pu comme toutes les mamans. Je pense qu'ils se rendent compte plus ou moins mais il ne sont pas du tout concernés, non. Je les protège à mort.




Samedi 15 octobre sur TF1, tu as fait ton grand retour à la Star Academy pour un medley. Ça t'a fait quoi de te retrouver sur ce plateau 21 ans après, dans ce contexte, avec Nikos ?
C'était fou ! Fou, fou. 20 ans après, qui l'eut cru ? Même moi j'avais du mal au début, à l'époque je me disais : "Bon ben écoutez, je vais déjà faire un premier album déjà et on verra comment ça se passe". J'ai rencontré mon public surtout, c'était la première approche, la première grosse expérience. C'était un tourbillon d'émotions quand je suis revenue sur le plateau, qui ne ressemblait absolument pas au plateau de la première saison, on est d'accord ! (Rires) En plus, ils avaient des musiques live, il y a beaucoup de choses qui ont évolué. J'ai énormément de tendresse pour cette aventure humaine qui m'a servi de tremplin, qui m'a permis de rejoindre mon premier studio d'enregistrement, d'enregistrer mes premières chansons, de faire mes premières rencontres artistiques... Donc forcément, ça m'a beaucoup émue de me retrouver sur ce plateau-là, avec Nikos et sa présentation qui me faisait pleurer juste derrière : "Mais qu'est-ce que tu fais, je vais rater mes chansons !" (Rires) J'étais trop contente, de venir m'exprimer et de chanter mon nouveau single "Sauve qui aime", c'était trop beau. C'était la plus belle des récompenses.

� Pour garder le cap, il ne faut pas oublier d'où on vient �
On t'a sentie très douce avec les nouveaux élèves.
Ils n'étaient pas nés quand j'ai attaqué la Star Ac ! Ça fait très bizarre, ils me connaissaient par l'intermédiaire d'une grande soeur, d'une mère, d'un cousin... Notre échange a été furtif mais j'ai eu un regard de bienveillance. Je sais, je suis passée par là donc je leur ai rappelé qu'il fallait profiter du moment présent, sans se projeter d'une quelconque manière. De ne pas se laisser happer par cette espèce de compétition aussi, parce qu'on les confronte les uns aux autres et après ils doivent faire un choix, oh la la... J'ai le souvenir que c'était très pénible de devoir voter pour un de ses copains ! C'était très dur. Je leur ai dit de rester vraiment focus sur ce qu'ils allaient recevoir comme cours et de se focaliser vraiment sur leur passion.

Toi qui as déjà vécu ce tourbillon, quels conseils donnerais-tu au gagnant ou à la gagnante ?
De rester concentré sur ce qu'il ou elle aime faire, sur ce qu'il veut défendre, sur l'essentiel, la musique, et l'amusement qui existe à travers cette passion-là. D'y aller step by step. De savourer le moment présent pour prendre vraiment de plein fouet ce qu'il se passe et de ne pas tirer des plans sur la comète. Ça ne sert à rien. Et ça fait mal en plus, ça peut être périlleux. C'est important de ne pas se laisser happer par ce qu'il se passe autour, parce qu'il y a beaucoup d'effervescence, on rencontre beaucoup de monde d'un coup. Pour garder vraiment le cap, il ne faut pas oublier d'où on vient.
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