Crédits photo : EBU
L'édition 2024 de l'Eurovision se déroulera dans un mois à Malmö, en Suède, dans un climat très tendu. Depuis des semaines, les appels au boycott du concours se multiplient en raison de la participation de la chanteuse Eden Golan pour Israël, dans le contexte meurtrier de la guerre qui sévit à Gaza. Des pétitions, soutenues par des artistes de renom comme Robyn, ont été lancées en Suède et en Norvège pour réclamer l'exclusion de l'état hébreu, et la première chanson soumise par la délégation israélienne a même été retoquée car jugée trop politique. Finalement, c'est avec "Hurricane" que la jeune artiste de 20 ans défendra ses chances lors de la deuxième demi-finale. Comment son arrivée sur scène sera-t-elle perçue ? Beaucoup d'inquiètent des conséquences de ce débat – complexe et qui agite le monde entier – sur la bonne tenue du concours, car Eden Golan a reçu des messages de mort sur les réseaux sociaux. De plus, lors d'un concert à Londres où plusieurs candidats en compétition dont Slimane ont interprété leurs chansons, le chanteur anglais Olly Alexander a été visé par des protestations propalestiniennes l'intimant de se retirer de l'événement. Avec huit autres candidats, il avait appelé quelques jours à un cessez-le-feu.
"Nous sommes opposés à toute forme de harcèlement"
Face à ces incidents en série, et pour le bien-être des 37 participants, l'Union européenne de radio-télévision (UER), organisatrice du concours, sort du silence dans un communiqué officiel. L'organisme dit « comprendre que les gens veuillent s'engager dans un débat et exprimer leurs opinions profondes sur le sujet de la terrible guerre au Moyen-Orient ». « Nous avons tous été affectés par les images, les histoires et la douleur incontestable endurée par les habitants d'Israël et de Gaza » affirme Jean Philip De Tender, le directeur général adjoint de l'UER. Toutefois, la décision d'inclure Israël dans la compétition « est la seule responsabilité des instances dirigeantes de l'UER, et non des artistes individuels ».
A LIRE - Eurovision : la Suisse numéro un des bookmakers après cette performance folle
« Ces artistes viennent à l'Eurovision pour partager leur musique, leur culture et un message universel d'unité à travers le langage de la musique » et ils n'ont, de fait, pas à subir « des campagnes ciblées sur les réseaux sociaux ». « Nous sommes fermement opposés à toute forme d'abus ou de harcèlement dirigé contre les participants, en ligne ou hors ligne, ou tout individu associé au concours » dénonce l'organisation de l'Eurovision, pour qui ces attaques sont « inacceptables et totalement injustes », « étant donné que les artistes n'ont aucun rôle dans cette décision ».
The EBU calls for all artists participating in this year’s Eurovision Song Contest to be treated respectfully and condemns all abuse and harassment. For our full statement please go to https://t.co/buR9TbBRlf pic.twitter.com/WvaQWGGnb0
— Eurovision Song Contest (@Eurovision) April 9, 2024
Israël ne sera pas exclu
Concernant la participation d'Israël, l'UER reste campé sur ses positions et rappelle avoir autorisé KAN, le diffuseur israélien, à prendre part à cette édition 2024 car aucune règle n'a été enfreinte (contrairement à la Russie en 2022) et que l'Eurovision demeure « un événement non-politique », qui a vocation à rester « un environnement sûr et encourageant ». « Nous exhortons chacun à s'engager dans un dialogue respectueux et constructif et à soutenir les artistes qui travaillent sans relâche - dans ce qui est un spectacle de musique et de divertissement - pour partager leur musique avec le monde » conclut le communiqué.