Bestimage
28 ans de carrière, des morceaux de légende comme "One More Time" et "Get Lucky" et une aura internationale qui aura porté au firmament le courant de la french touch. Lorsque Daft Punk a officialisé sa séparation en février 2021, la planète musicale a sévèrement accusé le coup. Tout comme bon nombre de fans français ! « Si une carrière peut s'éteindre, une vocation, elle, perdure à jamais. Merci les Daft Punk d'avoir enflammé les pistes de danse et pensez à rendre nos casques » avaient réagi, non sans humour, les pompiers de Paris après ce choc sismique ayant permis, dans un élan d'émotion, aux albums cultes de Daft Punk d'exploser dans les charts.
Cinq ans plus tard, la plaie ne s'est pas encore refermée chez les mélomanes du monde entier. Alors que les chansons de Daft Punk continuent de battre des records en streaming, le duo casqué a bien failli se reformer pour les JO de Paris durant l'été 2024, mais Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo ont préféré décliner la proposition. Toutefois, la page est-elle réellement tournée ? Fin février, la mise en ligne d'un clip inédit pour le morceau "Human After All", datant de 2005, a relancé les spéculations. Ce qui a motivé le magazine GQ à s'entretenir avec Thomas Bangalter, bientôt de retour avec un projet ambitieux.
"On joue sur une ligne entre la réalité et la fiction"
La moitié de Daft Punk s'associera cet été à JR, célèbre photographe et artiste contemporain, pour une oeuvre monumentale baptisée "La Caverne du Pont Neuf" dont il signe la bande sonore. L'occasion d'aborder le rapport du musicien avec la notion d'anonymat, centrale dans le lore de Daft Punk. Dès le départ, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo imaginent Daft Punk comme un groupe de robots parce que « c'est farfelu, ça n'a pas vraiment d'emprise dans la réalité et c'est ludique ».
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Cette transformation devient alors pour les deux amis l'expression d'une forme d'art. « C'était vraiment finalement comme du performance art, comme une installation de Marina Abramović. Pour moi, c'était important de rester "in character". On se dit : "OK, les robots ils existent", et on joue sur une ligne entre la réalité et la fiction. Il y a un discours esthétique, il peut avoir un discours artistique, il peut être à la fois politique d'une certaine manière, mais c'est vrai qu'il y a quelque chose de très radical » jauge-t-il avec le recul. Même si, de son point de vue, Daft Punk est parvenu à créer « quelque chose de très humain » avec ces personnages.
"Des machines qui font croire qu'elles sont humaines"
Cependant, la course à la technologie qui régit le monde dans lequel on vit, avec l'arrivée de l'intelligence artificielle, a bousculé le mode de pensée de Thomas Bangalter. Aujourd'hui, l'artiste de 51 ans ne veut plus se dissimuler derrière un casque. « La réalité, c'est que moi j'étais un humain qui faisait croire que j'étais une machine et aujourd'hui, on est dans un moment où on se retrouve avec des machines qui font croire qu'elles sont humaines » explique-t-il.
Continuer d'incarner des robots n'est donc plus dans ses objectifs... « C'était pas du tout ça qui m'intéressait. Moi j'aime bien l'histoire du Magicien d'Oz où on tire le rideau et tout ça, c'était à la fois la magie, c'était à la fois du rêve, mais c'est quelque chose de profondément humain ». « J'ai l'impression que l'humanité, le caractère humain aujourd'hui est une valeur qui est plus importante pour moi qu'une certaine forme d'opacité ou d'anonymat » conclut-il. Il y a donc peu d'espoir de voir Daft Punk rebrancher les machines dans les années à venir...