Crédits photo : Facebook officiel / Nicolas Djavanshir
14 février dernier, jour de la St-Valentin. Dès le premier regard, le grand public français tombe amoureux d'une artiste un peu étrange en direct des Victoires de la Musique sur France 2. Glissée dans un costard doré, des paillettes au coin de l'oeil, Christine and the Queens hypnotise en entonnant sa chanson "Nuit 17 à 52". Une révélation. Quelques mois plus tard, le 2 juin, débarque en rayons un premier album baptisé "Chaleur humaine", accueilli par une pluie de critiques élogieuses et un public fasciné par le personnage. Auréolée d'un disque d'or, Christine and the Queens annonce le lancement d'une tournée marathon partout en France. Et c'est précisément pour le coup d'envoi de ce premier tour de piste que la belle Nantaise a donné rendez-vous aux Parisiens dans l'antre de la Cigale.
Alter-ego
Un pas sur scène et Héloïse Letissier se volatilise. Vêtue, comme à son habitude, d'un costume noir et d'une chemise blanche, la reine d'un soir plante le décor : « Bienvenue dans la house of Christine ». Les nappes électroniques de "Starshipper" résonnent alors contre les murs raffinés d'une salle pleine à craquer sur ses deux étages. Question scénographie, Christine fait dans le minimalisme : deux musiciens, deux danseurs et un grand écran rarement utilisé. Rompue à l'art du théâtre, la chanteuse emmène avec elle toute la folie des trois drag-queens rencontrées quelques années plus tôt à Londres, et qui l'ont aidée à se muer en bête de scène.
Sur "iT", "Science fiction" ou "Ugly-Pretty", Christine ne troque pas seulement sa timidité contre un sens implacable du spectacle et du rythme. Claquant ses pas avec la précision d'un danseur de claquettes, elle transcende son sujet et ses idoles et réussit le pari, pas gagné d'avance, de marier avec subtilité chanson française et pop culture américaine. William Sheller et Yves Simon ("Amazoniaque)" y côtoie Michael Jackson et Kendrick Lamar, dont elle reprendra quelques lignes de son tube "B*tch Don't Kill My Vibe". Surréaliste, mais parfaitement dosé : la chanteuse ne tombe jamais dans l'imitation ou le grotesque.
L'élégance du hérisson
Piquante et pétillante, Christine touche néanmoins à la grâce quand elle fait tomber la veste de costume, renvoie ses danseurs en backstage et se place, seule, dans la lumière. Dans un décor de nuit, le visage éclairé par un néon rose, Christine éblouit quand elle évoque ses "Paradis perdus" échoués entre la France de Christophe et les États-Unis de Kanye West. Les violons grandissants au fil de "Here" suffisent à faire planer un silence de plomb dans la salle. Mais c'est encore sur "Saint Claude" et le vertigineux "Nuit 17 à 52" que le pouvoir de fascination de Christine agit le mieux. Sur un fil, la voix posée mais vibrante d'émotions, Christine susurre au creux de l'oreille de chacun des spectateurs ses mots poétiques. Lesquels le lui rendent bien, en mêlant à l'unisson leurs voix à celle de l'artiste... « Volcanique, trombes d'eau, et même quelques larmes » dit-elle sur sa page Facebook pour décrire ses deux soirs à la Cigale. Y a-t-il autre chose à ajouter ?
Christine and the Queens fait l'objet d'un reportage spécial ce soir dans l'émission "Alcaline", diffusée à 23h20 sur France 2.
Visionnez le clip "Saint Claude" de Christine and the Queens :
Setlist du concert de Christine and the Queens à la Cigale
Starshipper
Half Ladies
iT
Science Fiction
Paradis Perdus
Photos Souvenirs (reprise de William Sheller)
Christine
Amazoniaque (reprise d'Yves Simon)
Narcissus Is Back
Ugly-Pretty
Dessassossego
Saint Claude
The Loving Cup
Here
Rappel :
Safe And Holy (piano)
Nuit 17 à 52
Rappel 2 :
Chaleur Humaine