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Une triste coïncidence. Alors qu'est publiée une enquête du Centre national de la musique constatant que 80% des festivals font face à des « difficultés » financières, Lollapalooza Paris annonce l'annulation de son édition 2026. Après 2020, 2021 (à cause du Covid) et 2024 (en raison des JO), c'est donc la quatrième fois que le festival n'aura pas lieu depuis sa création en 2017. Sur les réseaux sociaux, l'événement estival situé sur l'Hippodrome de Longchamp parle de « divers facteurs inhérents à l'organisation du festival » pour expliquer cette déprogrammation. Mais qu'en est-il vraiment ?
"Beaucoup trop de soucis et de contraintes"
Interrogé par Le Parisien, Angelo Gopee, patron de Live Nation France et du Lollapalooza Paris, évoque « beaucoup trop de soucis et de contraintes ». « Nous sommes un des rares festivals à fonctionner sans subvention ni bénévole - nous avons plus de 2.000 employés pendant le festival, dont 600 agents de sécurité par jour - et il faut être raisonnables. C'est mon argent que je joue et je ne veux prendre aucun risque » se désole-t-il, évoquant également de nuisances sonores dans le quartier : « La loi sur le son est hyper contraignante pour tous les événements en plein air, mais ce n'est pas nouveau et ce n'est qu'une des raisons ».
The Cure et Nick Cave ? "Trop vieux pour Lolla"
Selon lui, la déprogrammation du festival est dû au manque de stars internationales en tournée l'été prochain en France. « En tout cas, pas pour un festival de notre ampleur et pour notre public jeune » précise-t-il, citant les exemples de The Cure et Nick Cave, programmés à Rock en Seine 2026 mais « trop vieux pour Lolla » : « D'autres artistes préfèrent tourner à l'étranger parce qu'ils gagnent plus qu'en France ». Car en effet, si bon nombre d'artistes seront en concert à l'été 2026, ils préfèrent plutôt se produire en salles et en stades plutôt qu'en festival. C'est notamment le cas de The Weeknd, Doja Cat, System of a Down, David Guetta ou Pitbull. Et même en étant un mastodonte du secteur comme Live Nation, Angelo Gopee dit ne rien pouvoir faire contre la flambée des cachets des artistes : « Ils ne nous font pas de prix… Peut-être que, dans trois mois, d'immenses artistes annonceront des tournées l'été prochain et nous nous en mordrons les doigts, mais il faut savoir décider et être raisonnables ».
En huit ans et six éditions, le festival a déjà accueilli des stars de renom comme The Weeknd, Kendrick Lamar, Lana Del Rey, Red Hot Chili Peppers, Dua Lipa, Rosalia ou Depeche Mode. Mais il n'a jamais fait le plein à 100%. Cet été, 160.000 spectateurs ont applaudi Olivia Rodrigo, David Guetta, Benson Boone et Justin Timberlake, alors que "Lolla" peut en accueillir plus de 180.000 sur trois jours. Pour autant, Angelo Gopee préfère mettre fin aux rumeurs : non, l'annulation de Lollapalooza Paris 2026 ne met pas un terme définitif au festival. « 2026 était trop compliquée mais on reviendra en 2027. Pourquoi voulez-vous qu'on arrête ? On est revenu en 2025 après avoir dû annuler en 2024 à cause des Jeux olympiques de Paris. Glastonbury reviendra lui aussi dans deux ans » indique-t-il. Sans pour autant préciser que le festival britannique fait une pause volontaire et régulière afin de laisser respirer le terrain du lieu de l'événement.