Bestimage
Slimane reprend goût à la vie et à la musique. Après sa quatrième place à l'Eurovision et la fin de sa tournée, le chanteur a vécu une année très difficile, marqué par des plaintes à son encontre et une condamnation pour "harcèlement commis par le biais d'un support numérique ou électronique". En parallèle, le chanteur a pansé ses blessures à travers la création de son album "Il faut que tu saches", sorti sans promo et écoulé à plus de 40.000 exemplaires. « Ça a été le plus difficile à écrire pour moi. Pour être très franc, j'avais pas spécialement envie de faire un album tout de suite, je voulais encore attendre un petit peu. J'avais besoin de me retrouver. À force de parler avec mon équipe... Ils ont senti que je commençais à ne plus trop avoir envie de faire de la musique » confesse l'interprète de "Mieux que moi" dans le podcast "Ouvre ton jeu".
Sous l'impulsion de son entourage professionnel, Slimane est retourné en studio : « Je ne m'arrête jamais normalement de faire de la musique. En y retournant, en recommençant à écrire, petit à petit, à force d'avoir une ou deux chansons, ça m'a fait du bien et c'est là que j'ai commencé à vraiment le faire. Ça a été un accouchement difficile, et au final, c'est mon plus beau bébé musical ».
"Je ne voulais plus chanter"
Il faut dire que Slimane a sans doute traversé la période la plus douloureuse de sa vie. « À un moment donné, j'ai eu peur de perdre l'artiste que j'étais. J'ai relié la musique à tellement de choses négatives que pendant un moment, je ne voulais plus chanter, plus écrire, plus aller en studio. Pourtant, la musique, je me suis construit grâce à ça. C'est une réelle partie de moi » déclare celui qui se montre critique envers la célébrité, encore marqué par cette épreuve : « J'ai eu l'impression de perdre ça à un moment donné. Ça, ça m'a fait du mal, beaucoup. Comme si on enlevait une partie de moi ». Si bien qu'il y a eu un avant et un après.
« Je ne suis pas le Slimane d'il y a 10 ans, qui vient à "The Voice", qui est rempli de rêves. Je nuance beaucoup plus mon rapport à la musique. Peut-être que finalement c'est mieux, c'est plus sain. Parfois, j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui ne s'est pas éteint mais avant c'était un grand feu, et aujourd'hui c'est une flamme. Et il faut que je fasse attention pour pas qu'elle s'éteigne » souligne le chanteur, estimant que cet état a « donné de la valeur et en même temps de la fragilité » à son rapport à la musique.
"Je dormais 18 heures par jour"
Pour la première fois de sa vie, Slimane a eu des idées noires comme il le révèle sur la chanson "Comme un oiseau". « Quand on vit quelque chose de très traumatisant, on dissocie moins la réalité, on n'a plus ses capacités cérébrales ou croyances. (...) Dire que je l'aurais fait ou que je serais passé à l'acte, ce serait manquer de respect aux gens qui en sont à ce point-là » confie l'artiste, qui dormait alors « 18 heures par jour » : « À un moment donné, tu ressens une telle fatigue émotionnelle et physique que tu te dis que c'est mieux quand tu dors. Quand tu fermes les yeux, c'est mieux, donc tu te poses la question ».
Après dix ans à « enchaîner un métier qui (lui a) tout donné et en même temps tout pris », Slimane a donc craqué. Mais il a pu s'accrocher grâce à sa petite Esmeralda, âgée de trois ans et demi : « Ma fille elle m'a sauvé la vie dans tous les sens du terme. Elle m'a rendu vivant, amoureux du temps qui passe » atteste aujourd'hui le chanteur : « Elle m'a rendu fier, libre. Elle m'a appris et m'apprend encore à voir la beauté de la vie ».
Ainsi, Esmeralda est devenue sa bouée de sauvetage. « Chaque fois où j'ai pu penser à un moment donné, on a tous ces moments-là dans la vie, que la vie était nulle ou que j'avais pas ma place sur cette Terre, le visage de ma fille dans ma tête il est là et il peut plus s'en aller. C'est comme si elle rallumait la lumière à chaque fois que la nuit tombait » confie-t-il, sentant que devenir père a donné un sens à sa vie : « Je l'aime plus que je m'aime donc je ne peux pas la laisser toute seule ».