Crédits photo : Site internet officiel de Lenny Kravitz
Trois ans après "It Is Time For A Love Revolution", il est encore temps pour Lenny Kravitz de repenser le monde. Une révolution ? Non, le chanteur de 47 ans s'est mis à l'heure des contestations et des consternations en voyageant dans les années 60/70 pour revenir avec une neuvième galette : une œuvre composite et toujours composée avec classe, toujours empreinte d'amour, des femmes mais nouvellement de l'autre, celui dont la différence de couleur de peau lui vaut d'être pointé du doigt. "Black And White America", ou "L'Amérique noire et blanche", c'est le débriefing des idées reçues de l'Amérique d'hier et d'aujourd'hui, voulue interraciale mais encore marquée par le communautarisme et le refus de l'acceptation de l'étranger malgré l'élection d'un président noir, Barack Obama, en 2009.
Comme un témoignage de l'histoire, la photo de cet album représente Lenny enfant, alors qu'il venait d'atteindre l'âge de raison : « Je regardais de vieilles photos et je suis tombé dessus » explique le chanteur en présentant sa cover. « Elle est devenue tout de suite une évidence, mais rien n'était prémédité. En revanche, il est vrai que l'enfance est le temps de l'innocence. Comment peut-on encore être raciste ? Ce petit garçon n'a pas encore été confronté au racisme, il est heureux et profite pleinement de la vie. Oui, je n'ai que de bons souvenirs de cette période, j'ai été et dès lors je n'ai aucun doute sur ce que je veux faire. » ("Les Echos").
"Black And White America", ce sont seize titres teintés de funk, de blues et surtout de rock. Lenny se renouvelle et c'est tant mieux. On reconnaît son style imparable, son timbre de voix singulier, mais on se complait de ses arrangements rétro. Enregistré entre Paris et Les Bahamas, deux ports d'attache du chanteur new-yorkais, il est, « musicalement et lyriquement, le plus hétéroclite de ma carrière » déclarait l'artiste il y a quelques mois déjà à la presse américaine. Surprise : "Black And White America" voit Lenny s'essayer au rap et au dancehall. Et pour se faire, il s'est entouré de deux connaisseurs : Jay-Z sur "Boongie Drop" et Drake sur "Sunflower". Une réussite ? Peut-être pas...
De cet opus, on retiendra "Black And White America", "Come On Get It", "Rock Star City Life" et "Can't Be Without You", les titres les plus rock. La ballade "Dream" est un bon antidépresseur, là où "In The Black" plombe l'ensemble. Gageons que tous ces morceaux prendront leur envol sur scène : Lenny Kravitz sera cet automne en France pour une série de concerts dans le cadre du "Black And White Europe Tour" dont Pure Charts est partenaire. Le sexy rockeur fera une halte le 15 octobre au Zénith d'Amiens, avant de s'arrêter au Zénith de Strasbourg le 18. Il poursuivra son tour de France dans le sud avec un concert à l'Arena de Montpellier le 20 octobre, et un autre au Zénith de Toulouse le 21. Son périple le mènera au Zénith de Nantes le 23 octobre, au Zénith de Lille le 24, au Zénith de Rouen le 29, et le 28 novembre à la Halle Tony Garnier de Lyon. Enfin, Lenny Kravitz terminera en apothéose au Palais Omnisports de Paris-Bercy le 29 novembre prochain.