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2026 année du grand retour du style victorien ? Jamais n'avait-on vu autant de robes rouges et de couronnes de fleurs dans les allées de l'Accor Arena. Toutes et tous sont venus célébrer la venue de Florence + The Machine, après une dernière prestation française annulée à la dernière minute au festival Rock en Seine durant l'été 2023. Aujourd'hui, c'est un Bercy comble qui réserve un triomphe à une chanteuse, et à son groupe, souhaitant emmener le public dans son univers gothico-romantique. Alors qu'un immense rideau cache l'avancée, des cris se font entendre et des silhouettes se contorsionnent. Celle de Florence Welch, objet de tous les regards, brise la pénombre lorsque la toile tombe enfin. "Everybody Scream" : imparable morceau-titre de son formidable dernier album et injonction au public de se lâcher dès les premières notes du titre. Un mix entre "Hurlevent", Tim Burton et le "Frankenstein" de Guillermo Del Toro.
Florence entre dans la transe
Pieds nus et en robe noire, l'artiste londonienne harangue les premiers rangs et navigue sur l'avancée, autant portée par la puissance de son groupe que par l'acclamation du public. « À chaque fois qu'on vient à Paris, c'est le meilleur concert de la tournée » assure-t-elle, stupéfaite. La réponse des fans ne se fait pas attendre. Surtout lorsque le génial "Shake it Out" transforme Bercy en chorale géante au bout de 10 minutes. Florence + the Machine a quitté la sphère rock indé de ses débuts pour une pop plus grand public, mais son répertoire organique et onirique sied pleinement à une si grosse enceinte.
Sur scène, les écrans prennent la place des décors physiques, mais la chanteuse occupe pleinement l'espace avec ses quatre danseuses, son « choeur de sorcières » comme elle les surnomme affectueusement, multipliant les poses acrobatiques et possédées. Du sombre "Seven Devils" au lumineux "Spectrum", chaque titre est interprété avec intensité et une voix puissante qu'on ne décelait pas à un tel niveau.
"Si vous filmez, vous ne dansez pas"
Il y a de la joie, de l'émotion mais aussi de la communion dans la musique de Florence Welch, qu'elle dit penser comme une collection de petites incantations. En guise de surprise pour les fans accrochés à la barrière et tous lookés, elle dégaine les rares "Never Let Me Go" et "Hunger", cette dernière interprétée pour la première fois sur la tournée, et suspend le temps sur le superbe "Buckle", ballade acoustique quasi-country. On pense souvent à Kate Bush, avec qui elle partage le goût des univers baroques, mais aussi à Nick Cave pour le magnétisme scénique et sa proximité avec les fans. Mais avec une part de mystère en moins. Et beaucoup d'émotion lorsqu'on la sent très émue de l'accueil vibrant du public.
Elle part longuement à sa rencontre sur "Sympathy Magic" et "One of the Greats", sommet rock de son dernier opus. Puis finit dans une liesse collective avec son classique "Dog Days Are Over". Avant le dernier refrain, elle demande au public d'arrêter de filmer. « Si vous filmez, vous ne dansez pas, vous voulez juste avoir votre vidéo. Je veux vous voir ranger vos téléphones. Si vous avez toujours vos téléphones, on va vous engueuler » rigole-t-elle. Et Bercy saute d'un seul homme, sans s'arrêter sur le tout aussi libérateur "Free". Une fin de show pétillante marquée par un atterrissage en douceur sur "And Love" et son message essentiel : « Peace is coming ». Avant de quitter simplement la scène sous une nouvelle ovation. Le charme a pleinement opéré.
Setlist du concert de Florence + The Machine
Everybody Scream
Witch Dance
Shake It Out
Seven Devils
Big God
Daffodil
Which Witch
Cosmic Love
Spectrum
Never Let Me Go
Hunger
Buckle
King
The Old Religion
Howl
Heaven Is Here
Sympathy Magic
Rappel :
One of the Greats
Dog Days Are Over
Free
And Love