KEVIN WINTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Une cérémonie musicale et surtout politique. Hier soir, les Grammy Awards ont récompensé les grands noms de la musique, qui n'ont pas hésité à mettre leur engagement en avant. Du tapis rouge à la salle, bon nombre ont exhibé un petit badge "ICE Out", comprenez « ICE Dehors », en référence aux assauts de la milice ICE, la police anti immigration américaine, qui a fait deux morts à Minneapolis. Une situation explosive qui était sur toutes les lèvres, dont celles du présentateur Trevor Noah. Durant toute la soirée, l'humoriste n'a cessé d'envoyer des piques à David Ellison, proche de Donald Trump et nouveau PDG de CBS et Paramount+, diffusant la soirée, et aux nouvelles révélations de l'affaire Epstein. « [Chanson de l'année], c'est le prix que tout le monde veut, autant que Trump veut le Groenland. Il veut le Groenland car l'île Epstein n'est plus disponible, il ne peut plus y aller passer du temps avec Bill Clinton » a-t-il notamment ironisé.
"La seule chose plus puissante que la haine, c'est l'amour"
Mais c'est surtout le discours de Bad Bunny qui a beaucoup fait parler. En recevant le prix suprême de l'Album de l'année pour "DeBÍ TiRAR MáS FOToS", le chanteur a lancé un « ICE Out », suscitant une immense ovation dans la salle. « Nous ne sommes pas des sauvages. Nous ne sommes pas des animaux. Nous ne sommes pas des étrangers. Nous sommes humains et nous sommes Américains » a déclaré la star du reggaeton, s'adressant aux premiers concernés par la politique sociale de Donald Trump : « Je sais que c'est dur de ne pas être en colère ces derniers temps. Parfois, on peut être contaminés. Leur haine est plus puissante avec plus de haine. La seule chose qui est plus puissante que la haine, c'est l'amour. Nous avons besoin d'être différents, nous avons besoin de le faire avec amour. Nous ne les détestons pas, nous aimons notre peuple et notre famille ».
Bad Bunny says "ICE OUT" at the #Grammys and receives a massive standing ovation:"We are not savage, we are not animals, we are not aliens, we are humans and we are Americans. The hate gets more powerful with more hate. The only thing that is more powerful than hate is love.… pic.twitter.com/IFzvguqdCR
— Variety (@Variety) February 2, 2026
L'artiste portoricain n'était pas le seul à clamer haut et fort sa contestation sur scène. Récipiendaire du prix de la Chanson de l'année pour "Wildflower", Billie Eilish a elle aussi profité de son discours de remerciement pour faire un état de la société américaine : « Personne n'est illégal sur une terre volée. C'est dur de savoir quoi dire et quoi faire en ce moment. Je suis tout de même optimiste et je sens qu'on a besoin de continuer le combat. Nos voix ont besoin d'être entendues, les gens aussi. Et F*ck ICE, c'est tout ce que j'ai à dire ».
"Nous pouvons nous en sortir"
Idem du côté de SZA, au moment de recevoir le Grammy de l'Enregistrement de l'année pour son tube "Luther" avec Kendrick Lamar, grand gagnant de la soirée avec cinq prix : « Ne tombez pas dans le désespoir. Je sais que c'est une époque effrayante. Les algorithmes nous disent que tout est perdu, qu'il y a des guerres, des pandémies... Nous pouvons nous en sortir, nous avons besoin les uns des autres. Nous ne sommes pas gouvernés par le gouvernement mais par Dieu ».
SZA accepts the #Grammy for Record of the Year and speaks out on the state of the nation: "Please don’t fall into despair. I know that right now is a scary time. We can go on—we need each other. We are not governed by the government; we’re governed by God." pic.twitter.com/ULCoBf8Haq
— Variety (@Variety) February 2, 2026
Sacrée Meilleure nouvelle artiste, la chanteuse R&B londonienne Olivia Dean a rappelé être « la petite-fille d'une immigrée » : « Je suis le produit de la bravoure et ces gens doivent être célébrés ». Tout comme Shaboozey, chanteur d'origine nigériane, qui a rappelé que les immigrants ont « construit ce pays » en gagnant le prix de Meilleur performance country en duo / groupe. Rarement une cérémonie des Grammy Awards n'aura été aussi politique. Et les représailles sont immédiates : heurté par les piques à son encontre, Donald Trump menace de poursuivre en justice Trevor Noah, qu'il qualifie de « crétin ».