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Interview
dimanche 05 novembre 2017 11:30

Tim Dup en interview : "Louane, je la trouve hyper touchante"

Du haut de ses 22 ans, Tim Dup est notre coup de coeur de l'automne avec son premier album "Mélancolie heureuse". De ses débuts dans la musique à l'influence des Beatles et du hip-hop, en passant par sa collaboration avec Louane, le jeune prodige fait les présentations avec humilité. Rencontre.
Crédits photo : Columbia
Propos recueillis par Yohann Ruelle.

Un premier album, c'est forcément une étape dans la vie d'un artiste. Dans quel état d'esprit tu te trouves ?
J'ai hâte ! C'est un sentiment spécial. Mais je suis content car ça fait un moment que je travaille dessus. J'étais encore en cours, en master de communication à la Sorbonne, donc c'était un peu compliqué. C'est pour cette raison qu'il a mis un peu de temps à arriver. (Sourire) Je suis impatient d'aller le défendre sur scène surtout. Ce qui est bizarre pour moi, c'est que ça devient un métier.

« J'ai l'impression d'avoir des trucs à dire »
Quel a été le déclic ?
Tu sais jamais que la musique va devenir ta profession. Même là, j'ai publié un EP, je suis parti en tournée et je sors un premier album, mais peut-être que ça peut s'arrêter ? C'est un peu ça le pari et la prise de risque dans une carrière artistique : tu ne sais jamais jusqu'à quand ça va durer. Car quand on parle de musique, on parle d'émotion. Les professionnels peuvent t'aider, tu peux avoir une médiatisation qui t'aide à aller vers les gens, mais c'est le public qui décide après s'il aime ou non. Dans mon cheminement personnel, il y a quand même un moment où je me suis dit que j'avais envie d'aller chanter mes chansons devant les gens. Quand tu commences à écrire tes textes et tes morceaux, tu as envie d'être écouté. J'avais l'impression d'avoir des trucs à dire, et peut-être que ça allait toucher d'autres personnes. C'est venu de là. Après, on ne maîtrise pas tout.

L'écriture était là avant le chant ?
Oui. Le chant n'est pas la porte d'entrée que j'ai prise pour aller vers la musique. Ça a d'abord été l'instrument puis l'écoute. Ecouter d'autres voix m'a encouragé. J'aimais les chanteurs, que ce soit de la pop anglo-saxonne ou française, mais je suis rentré par le piano classique. Je grattouille un peu la guitare mais je pratique surtout le clavier, je trouve qu'il y a cette démarche ludique de producteur et d'arrangeur avec. Et puis il y a eu à un moment où j'ai eu envie de mélanger les deux... C'est venu de manière naturelle. Maintenant, je compose et j'écris tout moi-même. Je fais mes maquettes, j'assemble mes mélodies, mes gimmicks, mes structures... Sur l'EP et l'album, j'ai travaillé avec Damien Tronchot alias Pavane, qui vient de l'électro et qui est pianiste. Lui a assemblé ces prods-là, en apportant sa musicalité, sa couleur et sa palette d'instruments.

Est-ce que le résultat ressemble à l'idée que tu t'en faisais ?
Je pense, oui. (Sourire) Je voulais quelque chose de moderne et en même temps d'organique, un peu terrestre. Je ne voulais pas que tout soit électronique. L'idée c'était que le piano soit au coeur de la musique. Et ensuite d'agrémenter ça avec beaucoup de minimalisme. Globalement, c'est assez dépouillé. Mais surtout cohérent. C'était le but premier.

Regardez le clip "Soleil noir" :



« Ma première chanson, je l'ai écrite en 5ème »
Quel a été ton premier choc musical ?
Je pense que ce sont les Beatles. Je les ai beaucoup écoutés enfant parce que mon père était fan. Il y avait un truc qui me fascinait chez eux, de l'ordre de l'instinct. Dans leurs chansons, tu sens que ça devait être comme ça et c'est comme ça, tu ne te poses même pas la question. C'est fluide. Ce qui me touche, ce sont des mecs qui racontent des histoires : Bob Dylan, Cat Stevens... Après, je me suis fait ma culture en grandissant. J'ai fait du pop-rock avec des potes, j'ai été dans un groupe de reggae, j'ai touché à la musique classique via le piano, j'ai fait de l'impro, du jazz... et puis je suis venu à l'électro par Daft Punk avant de me mettre au hip-hop. Je me suis mis à en écouter très tardivement mais aujourd'hui, ça m'influence énormément.

Ça se ressent dans ton écriture.
J'écoute beaucoup de rap américain et en même temps la culture hip-hop est très diverse. Il y a une espèce d'urgence que je trouve fascinant, un métissage des cultures, une volonté de partage et d'échange. C'est assez chouette mais trop sous-estimée par une certaine franche de la population ou une certaine classe politique. Alors que c'est une musique qui rassemble, qui observe et qui raconte une époque.

Il parait que tu as écrit ta première chanson en 5ème ?
C'est vrai ! Au départ, c'était un poème que j'avais écrit pour mon amoureuse. Elle était dans ma classe mais je trouvais qu'en faire une chanson, ce serait plus persuasif. (Rires)

Elle l'a entendue ?
Oui ! Je lui ai chantée. J'avais déjà participé à des concours ou des kermesses avec des reprises, mais c'est la première personne à qui j'ai chanté une compo.

Écrire, chanter... Ça a toujours été une vocation ?
Ça a toujours été là mais j'étais très flemmard. J'aimais bien prendre un instrument et jouer, improviser des mélodies, mais sans forcément les construire en chansons. En tout cas, le besoin de créer quelque chose qui m'appartenait, qui vient de moi, est venu très vite.

« La culture hip-hop est trop sous-estimée »
L'album se nomme "Mélancolie heureuse". 22 ans, ce n'est pas un peu jeune pour être mélancolique ?
Ah mais je ne dis pas que j'ai envie de me pendre ! (Rires) On passe tous par ces phases, peu importe son âge, sa classe sociale et son origine. Mais peut-être que depuis tout petit, les chansons qui me touchent particulièrement sont un peu tristes. Et puis je trouve que tu es plus performant dans ta création, dans ce que tu dégages et ce que tu fais ressentir quand tu touches à la mélancolie. Je suis moins inspiré quand je suis euphorique.

C'est donc compliqué d'écrire une bonne chanson quand on est heureux ?
Ce sont deux exercices tout à fait différents. Après, il y a des styles qui se prêtent à la fête ! Je pense à l'électro, festive par essence, qui est là pour ambiancer. Moi j'écris des chansons, et je pense que la chanson en général est naturellement plus axée sur quelque chose, non pas de noir mais de gris.

Ton nouveau single ''Une envie méchante'' aborde un thème sensible, celui du suicide chez les jeunes. C'est un sentiment de responsabilité qui te pousse à en parler ?
En fait, cette chanson peut être interprétée de plusieurs façons. Je l'ai écrite en me souvenant d'une histoire qui m'a marquée, celui d'une mannequin biélorusse. Elle avait 19 ans, elle était hyper belle et a commencé à devenir très connue, elle faisait des défilés dans le monde entier... Mais elle a été prise dans un système malsain qui te broie. Elle a fini par se suicider. Elle était privilégiée, elle avait a priori tout pour être heureuse mais elle s'est quand même butée. Il y a un mensonge sur ce "tout". On essaie de vendre cette poudre aux yeux aux ados et aux filles, une espèce de perfection à tous les niveaux qui entraîne des malaises dans la société parce qu'on nous pousse à être parfait. Alors qu'on ne l'est pas et qu'on ne devrait pas en avoir honte. C'est ça qui m'a fait écrire ce morceau.

Savoir qu'un texte fort comme celui-ci va être entendu te force-t-il à réfléchir à deux fois sur le choix de tes mots ?
Non pas tellement parce que je n'aborde pas les choses frontalement. Ça reste pris avec du recul, notamment parce que je dis "elle". Ça devient impersonnel, universel et finalement ça pourrait être une histoire comme une autre. Il y a une dimension d'appropriation, comme toi qui me parle de suicide chez les jeunes alors que mon axe partait plutôt ailleurs. Je trouvais poétique l'archétype d'une fille qui baigne dans un univers de néons, de strass, du rouge, du carmin, des photos, une focale qui se déclenche, les flashs qui crépitent... L'univers me plaisait beaucoup.

Regardez le clip "Une envie méchante" :



On le sent, tu aimes poser une ambiance dans tes chansons. "TER Center" débute par le passage d'un train sur les rails...
J'ai une association assez visuelle de ma musique. C'est une façon de rendre l'immersion encore plus profonde, en installant l'auditeur dans une "zone" où se trouve la chanson. Pour le coup je tire ça de la musique électronique où tout n'est que nuance et évolution.

« Louane est une grande interprète »
Les films sont-ils une source d'inspiration ?
Carrément. C'est marrant parce que Pavane est, à côté, mixeur pour le cinéma. Il a lui aussi ce réflexe d'ambiance et de bruitage. C'est sans doute pour ça que ça colle bien entre nous !

Certains titres comme "Où tu vas" utilisent beaucoup de vocoder, un instrument autant utilisé que décrié. Pourquoi as-tu choisi de t'en servir ?
En fait, il n'y a du vocoder que sur "Où tu vas". Sur les autres, c'est de l'autotune et ce n'est pas tout à fait la même chose. L'un sert à confectionner un choeur et à multiplier les voix pour créer une harmonie, l'autre à corriger la justesse des notes. A titre perso, je l'ai utilisé comme un instrument car je sais chanter juste ! Ça me sert à créer un effet, à la manière de Kanye West, Frank Ocean ou Childish Gambino. En France, il y a un repoussement vis-à-vis de ces techniques-là alors qu'aux Etats-Unis, c'est complètement imprégné dans la culture. Sur mon album, c'est un parti pris artistique.

Tu apparais aux crédits du deuxième album de Louane. Comme est née cette collaboration ?
Je l'ai contactée. Je l'avais vu aux Victoires de la musique en 2016, lorsqu'elle a gagné le prix de l'Album révélation, et il y a quelque chose qui m'avait fasciné chez elle. Ses chansons ne me touchent pas spécialement, car c'est un petit peu adolescent et maladroit, mais par contre elle, elle me touche. Je la trouve hyper touchante. Elle a une voix de dingue, et j'ai tout de suite vu que c'était une grande interprète. A ce moment-là, elle était prise dans un tourbillon avec le succès de son film et de son premier album, et je me suis dit que ça ne devait pas être aussi facile pour cette fille-là de vivre tout ça en même temps, d'autant qu'elle a aussi vécu des choses difficiles. Ça a dû être compliqué à gérer ! J'ai écrit une chanson en pensant à elle, qui s'appelle "Non sens" et parle de paradoxe. Je l'ai fait écouter à mon éditeur et je lui ai demandé s'il avait possibilité de lui transmettre. Il l'a fait et elle a adoré ! Du coup, on a fait une deuxième chanson ensemble. C'est une belle rencontre.

« J'ai failli écrire pour Julien Clerc ! »
Tu aimerais réitérer l'expérience avec d'autres artistes ?
Bien sûr ! C'est pour ça que j'ai envie de faire ce métier. Quand tu travailles avec quelqu'un, tu peux transmettre d'autres choses, d'explorer d'autres envies. Et puis ce sont des rencontres humaines. On l'oublie mais nous sommes des gens normaux ! (Rires) C'est passionnant d'échanger et d'apprendre entre artistes. J'ai eu la chance de collaborer avec Alexandre Tharaud sur son album hommage à Barbara et c'était formidable. Après, écrire pour quelqu'un c'est un exercice assez délicat car même si tu mets de toi, si on vient te chercher pour ta sincérité, il faut que ça ressemble à l'autre. Ce n'est pas toujours facile de se mettre à la place de l'autre. Avec Louane, ça l'a fait mais on m'avait demandé par exemple d'écrire pour le nouvel album de Julien Clerc, et... j'ai eu un blocage. C'est hyper compliqué. On n'est pas du tout de la même génération, je ne le connais pas vraiment. On s'est rencontré plus tard mais je crois qu'il ne l'a jamais su que j'ai failli écrire pour lui !

Avec qui rêves-tu de collaborer un jour ?
J'aimerais beaucoup travailler – mais je pense que ça se fera – avec Gael Faye. J'aime ce qu'il fait... On en parle beaucoup ! Là, je vais collaborer avec Synapson aussi. L'idée, c'est de se faire violence pour sortir de sa zone de confort.


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Yohann RUELLE
Retrouvez TIm Dup sur son compte SoundCloud et sa page Facebook.
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