Bestimage
Marine profite d'une pause avant la reprise de sa tournée, qui se jouera dès la fin mai dans les plus grands Zénith de France. La continuité de la belle histoire que la gagnante de la "Star Academy" tisse avec le public depuis un an. « Avant la "Star Academy", je riais pour m'empêcher de pleurer ; j'utilisais l'humour comme un masque. J'ai appris à mettre des mots sur mes émotions » explique dans un entretien à La Tribune du dimanche celle qui, par le passé, a été confrontée à de « véritables crises d'angoisse ».
"On m'a attaquée sur mon poids, sur une coiffure..."
La notoriété n'a hélas pas calmé ses doutes intérieurs. Être reconnue en faisant ses courses, voir ses faits et gestes être scrutés : Marine a dû apprendre à composer avec de nouveaux paramètres. « Mon cerveau ne s'arrête jamais, j'analyse tout. Je me projette sans cesse dans le passé ou dans l'avenir, mais rarement dans l'instant présent, sauf quand je suis sur scène. (...) Je pensais que devenir artiste réglerait mes angoisses, mais c'est faux : dans un métier où l'on doit constamment exprimer ses émotions, elles sont parfois encore plus présentes » confesse l'interprète du titre "Escroc", que certains ont décrit comme une personne « hautaine » et « manipulatrice ». Des commentaires qui l'ont blessée. « C'est très mal me connaître, car je suis naturelle, spontanée et fédératrice. Peut-être que tout n'a pas été montré à l'écran, mais si j'avais été calculatrice, je me serais évité bien des complications en raison de mon côté "sans filtre" » estime l'artiste de 25 ans.
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Même si l'amour du public est un réconfort au quotidien, Marine admet avoir très mal vécu cette vague de haine. « Très sincèrement, je ne m'attendais pas à autant de méchanceté. On m'a attaquée sur mon poids, sur une coiffure... Certains ont même politisé mes origines. Je m'appelle Marine, je suis blonde, je viens du Nord. Lors de la finale, j'ai lu des comparaisons absurdes : "Marine la femme blanche contre Ebony la femme noire". La plupart du temps, j'essaie de prendre du recul, parfois même d'en rire, mais il y a des jours plus difficiles » reconnaît la musicienne, affectée de lire « des milliers de messages » stipulant "Elle ne va pas durer" ou "C'est ça la médiocrité" : « Forcément, ça touche ».
"Ce qui m'intéresse, ce n'est pas d'être une star"
Originaire d'Arras dans le Pas-de-Calais, Marine a aussi souffert des clichés qu'on attribue aux gens du Nord. C'est la raison pour laquelle elle a tenu à leur dédier une chanson dans son album, intitulée "Des gens bien". « Je sais que la région n'a pas toujours l'image la plus valorisée, mais ce sont mes origines et je ne peux pas les renier. On nous réduit parfois à des stéréotypes, comme des "consanguins racistes"... Il peut y avoir des personnes problématiques partout, mais ce n'est pas propre au Nord. Je trouve dommage d'être catégorisée ainsi » note-t-elle.
Celle que Pascal Obispo courtise pour un duo veut désormais aborder son métier d'artiste avec un regard neuf, plus authentique, en phase avec sa personnalité : « Ce qui m'intéresse, ce n'est pas d'être une star que l'on reconnaît dans la rue, mais de faire de la musique, d'en vivre et de partager quelque chose avec les gens, et pourquoi pas de laisser une trace ». « D'une certaine manière, c'est la même intention que lorsque je voulais devenir dentiste : aider, rencontrer, donner de ma personne » conclut Marine.