Bestimage
Nicole Croisille est morte dans la nuit du 3 au 4 juin. Âgée de 88 ans, la chanteuse qui a marqué les années 70 avec "Téléphone-moi" ou "Parlez-moi de lui" luttait ces dernières années contre un cancer du foie qui a aggravé petit à petit son état de santé. Il y a tout juste un mois, Nicole Croisille a livré sa toute dernière interview à Elle. Le magazine raconte que lors de cette ultime rencontre, qui a lieu le jour où l'Assemblée nationale a examiné le texte sur la fin de vie, la chanteuse avait le corps « démesurément enflé par endroits », « l'esclave d'une double tumeur au foie qui a eu raison de tous les traitements ». L'artiste de 88 ans avait choisi il y a peu de mettre fin à ses jours en Belgique. Finalement, elle est décédée dans un clinique parisienne « où elle a été hospitalisée d'urgence le 1er juin, son état s'étant considérablement aggravé ». « Plongée dans une sédation profonde, selon les directives de la loi Leonetti, elle a résisté et agonisé pendant trois jours » raconte l'hebdomadaire qui, conformément aux volontés de Nicole Croisille, publie cette interview après son décès.
"J'ai fait tout ce que je pouvais"
Dans ses dernières paroles publiques, l'interprète de "La Garonne" explique que son état de santé s'est aggravé « juste après le confinement » : « J'étais en train de jouer au théâtre et j'étais chaotique. J'ai fait plusieurs examens. (...) La coloscopie n'a rien donné. La mammographie, idem ». C'est sur insistance que son échographiste lui décèle une tumeur au foie. « Donc, l'histoire c'est ça : c'est moi qui l'ai trouvée parce que je suis têtue, et parce que le métier que j'ai choisi, alors que j'avais 10ans, exige de vous que vous soyez toujours en forme » rappelle-t-elle. La suite est une sorte de descente aux enfers pour la chanteuse, qui fait « une biopsie début 2022 » et entame une « chimiothérapie de consolidation ». De son propre aveu, ces six mois d'examens l'ont « détruite » : « Je n'en pouvais plus : les nausées perpétuelles, l'immense fatigue, tout ce que ça apporte de désagréments… Je demande un break de trois mois pour tenter de reconstituer cet équilibre qui est en train de flancher. Au bout de deux mois, je rechute ».
Malgré l'aide des médecins, ces deux tumeurs « continuent à grossir ». « Finalement, on a essayé avec une deuxième molécule, puis une troisième. Après trois essais, deux mois, quatre mois, six mois… J'ai dit "ça suffit" » déclare-t-elle, lasse après une nouvelle chimiothérapie qui ne s'avère pas efficace. L'euthanasie, elle y pense « depuis des années » : « Il s'est trouvé qu'en Belgique, c'était possible. En France, ça n'était envisageable que si un médecin s'engageait à m'aider en secret ». Elle dit avoir trouvé au CHU de Namur une équipe « extraordinaire » qui l'a écoutée dans sa volonté à mettre fin à ses jours. Et assure qu'on peut faire marche arrière jusqu'au dernier moment : « On vous explique le processus : arriver la veille, la perfusion… et une fois que vous êtes bien endormie, ils balancent le produit. Il faut vraiment le vouloir. Je comprends que certains, à ce stade, prennent peur ».
Exclusif. - Les dernières confidences de Nicole Croisille sur sa volonté de mourir euthanasiée https://t.co/sBRZ48Nxqn pic.twitter.com/BCoOw2S2PC
— ELLE (@ELLEfrance) June 10, 2025
"Crever à petit feu"
Nicole Croisille, elle, « n'attend que ça » : « J'ai fait tout ce que je pouvais. Quant à mon métier, cela faisait déjà un moment que je n'avais plus de choix. On ne m'apportait plus les chansons que je voulais. Le monde a changé, la musique avec ». Si l'artiste dit avoir pris cette décision seule, elle espère que son choix et son message seront entendus : « On n'a rien d'autre à me proposer que de crever à petit feu. La société, telle qu'elle est aujourd'hui, n'en a rien à foutre des vieux qui meurent. Alors il faut prendre les devants avant que plus rien ne réponde ». Son suicide assisté était programmé pour le 4 juin.