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Depuis plusieurs années, Line Renaud milite pour qu'une loi sur le droit à mourir dans la dignité soit votée et appliquée en France, comme chez nos voisins belges ou suisses. Agée de 96 ans, la chanteuse et comédienne, vue récemment dans le téléfilm "Résistantes", a de nouveau pris la parole il y a quelques semaines pour évoquer l'inéluctable : « À bientôt 97 ans, j'aperçois le bout du chemin, bientôt je ne serai plus là, mais vous, vous serez là ! (...) Mes amis, je peux vous dire qu'on n'aime jamais autant la vie que lorsqu'on s'apprête à la quitter. Et j'aime tellement la vie que j'aime ceux qui la protègent, ceux qui se battent pour elle ». Aujourd'hui, celle qui était absente au Sidaction en raison de sa santé fragile signe une tribune avec l'ancien Premier ministre Gabriel Attal dans La Tribune Dimanche. Une lettre pour rappeler l'urgence de cette loi cruciale pour de nombreuses personnes en souffrance, dont l'examen avait été brutalement interrompu par la dissolution de l'Assemblée nationale en juin dernier.
"Cette question est trop grave"
« Il n'y a pas de débat plus intime que celui de la fin de vie » assure d'abord Line Renaud, consciente « des craintes, des passions, des caricatures » que ce sujet provoque. Mais elle veut surtout y voir « une source d'espoir pour de nombreux malades, pour de nombreuses familles qui n'aspirent qu'à une chose : la dignité ». Dans ce texte touchant, l'ancienne meneuse de revue rappelle que « les malades qui souhaitent être accompagnés vers la mort ne le font ni par lubie ni par légèreté » : « Ils le demandent parce que la souffrance ne trouve plus d'issue. Parce que le chemin n'est plus pavé que de détresse ». Assurant que « si nul ne souhaite mourir, en revanche, certains peuvent vouloir arrêter de souffrir », Line Renaud veut alerter le plus grand nombre et notamment le gouvernement sur ce sujet de société d'une importance cruciale.
« Notre devoir n'est pas de juger, mais d'écouter » souligne-t-elle ici, avant de répondre aux critiques : « S'opposer par conservatisme à toute évolution du droit, c'est faire passer son dogmatisme avant la souffrance des malades. C'est manquer à son devoir d'écoute et d'humanité pour imposer sa morale. Nous, nous ne voulons rien imposer. Ce que nous demandons, c'est une nouvelle liberté ».
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Line Renaud, qui a décidé de mettre un terme à sa carrière d'actrice, milite donc pour une loi sur le droit à mourir dans la dignité, « dans des conditions claires, précises, définies, encadrées par le corps médical ». Et avec le soutien des dirigeants politiques à travers « un réinvestissement majeur dans les soins palliatifs » pour permettre aux soignants « d'accomplir pleinement leur mission ». Avec cette tribune, Line Renaud et Gabriel Attal souhaitent tirer « un signal d'alerte » : « Ne faisons pas l'erreur de politiser le débat sur la fin de vie. Ne commettons pas la faute de faire passer nos croyances personnelles avant l'écoute des patients ».
🗨️ OPINION. « Si nul ne souhaite mourir, certains peuvent vouloir arrêter de souffrir », @linerenaud @GabrielAttalLine Renaud se bat depuis plusieurs années pour le droit à mourir dans la dignité. Avec Gabriel Attal, elle réitère son engagement. https://t.co/RzULl7crGN
— La Tribune Dimanche (@TribuneDimanche) May 11, 2025
Et de conclure avec un message fort : « Cette question est trop grave, trop lourde, trop sérieuse, pour être à son tour victime de récupération et otage de guerres purement politiciennes. Soyons à la hauteur de l'enjeu et de l'appel des malades : écoutons et agissons. Écoutons les patients, les soignants, les familles. Agissons pour donner aux soins palliatifs tous les moyens dont ils ont besoin pour soulager les souffrances. Agissons pour offrir aux malades la liberté de choix, et à tous l'opportunité d'une fin digne ».