Crédits photo : Abaca
Entourée des mêmes hitmakers que pour "TiK ToK", "Your Love Is My Drug" ou "We R Who We R", à commencer par Dr Luke, Ke$ha n'a pas voulu déstabiliser ses fans sur "Warrior". Impossible donc pour eux de résister à l'envie de se déchaîner sur le dancefloor à l'écoute du décérébré et implacable "Die Young", sublimé par ses riffs de guitare sèche, ou encore du prochain extrait "C'Mon", qui, grâce à sa mélodie sautillante et à son refrain aux envies d'évasion, reste sans doute l'un des meilleurs singles pop de l'année. Avec la même voix nasillarde, entre le rap et le chant, la popstar frappe fort sur le morceau crescendo et bourrin "Warrior", qui porte décidément bien son nom. Ke$ha étonne d'ailleurs sur la construction de ses morceaux. A plusieurs reprises, un pont sorti de nulle part vient casser le rythme pour nous emmener dans une autre ambiance avant de reprendre de plus belle son parcours initial. Terriblement efficace.
Véritable machine à tubes depuis ses débuts, l'artiste ne pouvait pas décevoir sur ce nouveau projet. Elle relève le pari haut la main en multipliant les atmosphères, même si ses morceaux ne parlent que de fête et de sexe. L'entêtant "Crazy Kids", co-écrit par will.i.am, rappelle "Die Young" à cause de l'acoustique sur les couplets et reste en tête grâce à ses sifflements, "Only Wanna Dance With You" lorgne vers la rétro-pop 70's et sort les synthés, là où "Supernatural" se détache des autres grâce à sa production puissante et lumineuse, porté par ses pré-refrains débridés et un pont saccadé. Tout en retenue, "All That Matters (The Beautiful Life)" sommeille dans une énergie sombre et infectieuse pour mieux exploser sur le second refrain et encore plus sur la dernière minute. Présent sur la version deluxe, "Out Alive" est sans conteste l'un des moments forts du disque, alternant mélancolie et hymne club explosif et instantané, taillé pour la piste de danse.
Voulant insuffler un esprit rock des années 70 sur "Warrior", Ke$ha n'a pas fait les choses à moitié. La demoiselle s'est payée le luxe de partager un duo avec son idole Iggy Pop sur le titre OVNI "Dirty Love", petite parenthèse déchaînée et bienvenue. On retrouve les grosses guitares énervées sur "Thinking of You" qui dépote dès les premières secondes mais ralentit sur son refrain plus "romantique", tout comme sur le brutal "Gold Trans Am" composé essentiellement de percussions. Les ballades ne sont pas en reste, mais ne sont pas le point fort de l'artiste, qui pourtant s'y montre plus vulnérable et naturelle. On retiendra notamment la touchante "Past Lives".
