Bestimage
Le 4 avril 2025 aura été un jour funeste pour la culture malienne : Amadou, célèbre moitié du duo Amadou & Mariam, décédait brutalement à l'âge de 70 ans. Une disparition inattendue qui a suscité l'émoi dans son pays mais aussi à l'étranger et en particulier en France, où le couple avait tissé un lien fort avec le public depuis "Dimanche à Bamako" en 2004. Mais la voix d'Amadou ne s'éteindra jamais, et elle sera encore plus vive dans l'album "L'Amour à la folie", attendu le 24 octobre. « Il est très important, car c'est le dernier avec mon mari. Il est très puissant, mon mari chante, on chante ensemble. Sa voix me manque, c'est le compagnon d'une vie » confie dans les pages du Parisien celle qui fut sa femme, sa muse et son alter ego depuis leur mariage en 1980.
"Nous sommes tombés tous les deux malades"
Ce 9ème album était « fini depuis longtemps » quand Amadou a été rattrapé par d'importants problèmes de santé. En plus de sa cécité, l'artiste né à Bamako avait « des problèmes de diabète et de tension ». Mais ce sont deux infections qui ont précipité son décès. « La dernière chanson qu'on a enregistrée, c'est "Sonfo" avec Fally Ipupa. Cela faisait longtemps qu'on voulait travailler avec lui. On l'a enregistrée en décembre dernier à Paris avant de repartir à Bamako. Nous sommes rentrés chez nous et nous sommes tombés tous les deux malades. Le paludisme et la typhoïde » révèle l'interprète de "L'âme au Mali" avec M.
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Au départ, le couple n'imaginait pas un instant que la situation allait s'aggraver. « On nous a soignés, on nous a mis sous perfusion, ce n'était pas si grave que ça... On devait repartir le 13 avril. Mais malheureusement, le 4 avril... » se remémore Mariam, qui raconte les derniers instants du chanteur : « Le matin, Amadou n'était pas bien, il a demandé qu'on le laisse tranquille pour qu'il se repose. Puis il a appelé notre gardien pour qu'il prenne sa tension et son diabète. Le gardien est venu me voir pour me dire qu'il n'allait pas bien... J'ai senti que ça n'allait pas, j'ai mis sa main sur moi, il tremblait. Je lui ai dit "Amadou, c'est ta chérie qui te parle", mais il ne m'a pas répondu ». Consciente du danger, Mariam a alors « crié pour qu'on l'emmène à l'hôpital » : « Mais il est décédé sur la route. Le médecin a fait le diagnostic, "il est parti". Ah bon, il est parti ». Un choc.
"On s'aimait à la folie et on avait envie de le partager"
Amadou Bagayoko a eu le droit deux jours plus tard - un dimanche forcément - à des obsèques nationales qui ont rassemblé « des milliers de personnes ». « Il y avait des personnalités, des amis, des gens venus de tout le pays, des villages les plus éloignés. J'ai eu des messages de condoléances de tous nos amis à l'étranger comme Matthieu Chedid » se souvient, émue, la star malienne, pour qui le titre de ce nouvel opus, choisi par Amadou, prend tout son sens : « On a toujours chanté l'amour, car on s'aimait à la folie et on avait envie de le partager avec le monde entier. C'est notre histoire et notre message ».
Pour l'heure, Mariam ne sait pas encore si la tournée européenne, annulée suite à la disparition d'Amadou, pourra avoir lieu. Néanmoins, l'artiste de 67 ans est remontée sur scène début septembre et des concerts sont programmés à Vancouver, San Francisco, Washington ou New York à l'automne. Sur la scène du Nancy Jazz Pulsations Festival le 11 octobre, elle sera entourée de son fils Sam Backo, également artiste. « Je suis une femme battante et courageuse, je continuerai à chanter au nom de mon mari. Mais il me manque beaucoup. Je vois sa place sur la scène, avec sa guitare à gauche. Cela me soulage d'avoir mon fils à mes côtés. Cela m'encourage. Avec lui, je vais trouver la force de continuer » conclut-elle avec résilience.