
Actuellement en tournée, Véronique Sanson défend sur scène quelques unes des plus belles chansons du répertoire français : de "Comme je l'imagine" à "Je me suis tellement manquée" en passant par les rythmiques sud-américaines d'"Alia Souza" ou du récent "Je veux être un homme", quatrième single extrait de l'album "Plusieurs lunes" paru fin 2010 et écoulé à ce jour à 100 000 exemplaires, soit disque de platine . A peine entrée en scène, le public conquis d’avance lui offre la première d’une longue série de standing ovations. On la sent émue. Elle parle peu, moins qu'à l'Olympia, semble plus concentrée et plus forte, comme revenue d'une mauvaise passe. L'artiste est toute en retenue, regarde son public longuement, profite de l'instant et se met au piano. Dès lors, la femme fragile fait place à la bête de scène. Oui Véronique Sanson est une bête de scène, avec sa voix reconnaissable entre mille. Pour la dernière de sa série de concerts donnée au Grand Rex, les 13, 14 et 15 mai derniers, la chanteuse a invité son ami Yves Duteil à venir interpréter avec elle, la très belle chanson de ce dernier, "Mélancolie", issu de son album de duos "Entre elles et moi" (à écouter en fin d'article).
Visionnez Véronique Sanson live, "Drôle de vie" (Grand Rex - 2011) :
On sent que Véronique a vécu le meilleur comme le pire, mais une fois les premières notes de piano jouées, l'artiste nous prend aux tripes. Nombreuses sont les larmes qui coulent sur les joues de mes voisins et voisines : "Le temps est assassin", "Toute une vie sans te voir", "Amoureuse", "Redoutable", "Visiteur ou voyageur" (ajouté pour le Grand Rex et certainement pas par hasard...), "Juste pour toi"… Autant de chansons que l'artiste recrée et vit sur scène en totale osmose avec son public composé de quatre générations: ceux des débuts en 1972, ceux des premiers grands shows de la période américaine du tournant des années 70/80, ceux qui l'ont découverte en 1992 avec la déferlante "Rien que de l'eau" et les petits derniers venus pour "Drôle de vie", chanson à partir de laquelle le public restera debout jusqu'à la fin du spectacle. Si le génie musical de Véronique Sanson conquiert l’assistance, il peut arriver à la musicienne de douter d'une intro, d'une tonalité et d'en faire part au public à tel point qu'on se demande si elle ne le fait pas un peu exprès pour le taquiner! Car Véronique Sanson était, est et restera toujours une éternelle petite fille espiègle qui affiche fièrement cette année ses 62 printemps!
On sort de ces deux heures de spectacle avec le sentiment d’avoir vécu un grand moment de musique. Certains qui ne l'ont jamais vue avant vous demandent si c'est comme ça tous les soirs ou si c'est exceptionnel et on leur répond que oui, c'est souvent comme ça et toujours différent aussi. Cette femme est magique, magnétique et lumineuse. Une des dernières légendes vivantes de la chanson française, bouleversante d'humanité et de sincérité.
L'artiste poursuivra son tour le 25 juin prochain, à La Liberté de Rennes.
©Christian Meilhan.