Crédits photo : Montage Pure Charts/ABACA
8 décembre 1980. Il est près de 23h quand John Lennon quitte son appartement du Dakota Building, près de Central Park. L'ex Beatles est blessé mortellement par quatre tirs de revolver sous les yeux de son épouse, Yoko Ono. Le coupable : un déséquilibré âgé de 25 ans, Mark Chapman.
Plus de trente ans après les faits, l'assassin est toujours en prison, au centre correctionnel d'Attica, dans l'état de New York. Il avait écopé à l'époque d'une peine de perpétuité mais, dans la mesure où il a plaidé coupable, avec une période de sûreté de vingt ans, la liberté conditionnelle est envisageable depuis 2000 pour Chapman. L'homme aujourd'hui âgé de 57 ans a demandé une septième fois à être remis en liberté. La loi l'autorise à réitérer tous les deux ans sa demande. Yoko Ono, veuve de John Lennon et seule « gardienne du temple érigé depuis plus de trente ans à sa mémoire » - comme l'explique Le Point - s'oppose toujours à la libération du meurtrier. Il serait toujours une menace pour la Japonaise et les deux fils du chanteur, Julian et Sean.
Parmi la foule de fans rassemblés devant l'immeuble Dakota, le jour fatidique de l'assassinat de Lennon, Mark David Chapman apparaît comme « un gros garçon joufflu, chômeur, ex-agent de sécurité à Hawaï, ex-drogué, amoureux des Beatles et de L'attrape-coeurs de Salinger dont il a emmené avec lui un exemplaire » rappellent nos confrères du Point. Le jeune homme demande à l'interprète d'"Imagine" de lui dédicacer son dernier disque, "Double Fantasy", une galette mise aux enchères en 2010 pour la bagatelle de 850.000 dollars (685.000 euros).
Un geste prémédité et regretté par le meurtrier
Mark Chapman a toujours refusé de plaider la folie comme ses avocats le lui conseillaient. Il a confié avoir agi "bêtement" et "égoïstement" pour sortir de l'anonymat. Il aurait planifié son meurtre trois mois à l'avance, en regardant la pochette du disque "Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band". « J'ai vu son visage et il m'a semblé d'un coup avoir la solution au sentiment que j'avais d'être perdu, de n'être personne. Je me suis dit, si je tuais cet homme, je serais quelqu'un », précisait Chapman, il y a quatre ans. S'il avoue aujourd'hui être « honteux » et « désolé » de son geste, il risque toujours - si on le libère - de subir la vengeance des fans de John Lennon. Une menace prise en compte dans les refus de libération du criminel, depuis douze ans. La libération, ou non, de Mark Chapman sera décidée d'ici la fin de la semaine.