Sylvie Grosbois / Restos du Coeur / TF1
On le surnommait "le petit prince du raï". À la fin des années 90, Faudel a connu un immense succès avec son tube "Tellement N'Brick" puis le trio "1, 2, 3 Soleils", formé avec Khaled et Rachid Taha, dont l'album live enregistré à Bercy a cumulé 2,5 millions de ventes. Mais son soutien affiché à Nicolas Sarkozy en 2007 lui vaudra une véritable descente aux enfers : sa tournée est annulée, sa maison de disques et une grande partie du public se détournent de lui. Pourtant, Faudel n'a jamais arrêté la musique. Alors qu'il vient de tourner son nouveau clip, le chanteur du tube "Mon pays" s'apprête à rejoindre la tournée nostalgique "I Gotta Feeling", qui réunit les gloires d'antan des années 90 et 2000. « Je vais interpréter deux titres, peut-être trois si tout se passe bien » sourit-il dans les colonnes de Paris Match : « J'aurai aimé avoir un groupe derrière moi mais ce n'est pas possible pour l'instant. De toute façon, je suis tellement content de retrouver le public ».
"Pierre Palmade faisait des blagues racistes"
Pourtant, même à l'époque où son grand succès rythmait la France que l'on présentait comme "black, blanc, beur", Faudel n'a pas toujours été très bien traité par l'industrie. Comme le jour où il rejoint les Enfoirés en 2001, « à la demande de Jean-Jacques Goldman ». Et qu'il tombe de très haut lorsqu'il rencontre ses camarades de scène : « Je suis monté dans le bus où se trouvaient toutes les stars de l'époque. Je ne me suis pas senti à ma place. J'étais regardé, observé. Pierre Palmade faisait des blagues racistes, Jean-Jacques lui avait gentiment demandé de changer de ton ». D'autant plus que dans les années 90, lui et son père allaient justement manger aux Restos du Coeur : « Le contraste était violent. Peut-être trop ». Ce sera sa première et dernière apparition au sein des Enfoirés.
"Tout le monde pense que j'ai disparu"
Au détour de l'entretien, Faudel revient aussi sur la fameuse journée de l'élection de Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2007. Et révèle que Johnny Hallyday, aussi présent sur place, lui aurait conseillé de quitter les lieux pour des questions d'image. « Je ne l'ai pas écouté, j'aurais dû » regrette-t-il aujourd'hui, conscient d'avoir été « utilisé comme "l'Arabe de service" » : « Je le sais. Pas forcément par [Nicolas Sarkozy] mais par ses équipes, par ce personnel politique. J'ai payé le prix fort d'avoir été précurseur ».
L'artiste assure que s'il a longtemps disparu, c'est qu'il a été victime d'un burn-out : « La pile était complètement déchargée. Je chantais depuis l'âge de 12 ans, et à 33 ans j'étais épuisé, cramé ». Mais Faudel compte aujourd'hui revenir plus fort que jamais : « J'écoute tout ce qu'il se fait, je cherche les bons musiciens, les bons collaborateurs. Ma voix s'est bonifiée avec le temps. (...) C'est vrai qu'en France, tout le monde pense que j'ai disparu mais je vais bientôt vous prouver le contraire ».