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Comme les stars qu'il adule, Bruno Mars aime prendre son temps. 10 années ont passé depuis la sortie de son précédent album solo "24K Magic". Autant dire une éternité dans un monde où des carrières se font et se défont tous les jours. Il aurait pu tomber aux oubliettes, mais la star hawaïenne a su se maintenir au sommet à coups de tubes planétaires ("Leave the Door Open", "Die With A Smile", "APT.") qui ont fait de lui l'artiste le plus écouté sur Spotify. Et le chanteur accompagne le retour des beaux jours avec "The Romantic", son "seulement" quatrième opus qui vient déjouer toutes les attentes.
Un Bruno Mars, et ça repart
Suite logique de son projet "Silk Sonic" avec Anderson .Paak, "The Romantic" voit Bruno Mars miser principalement sur des titres mid-tempo à l'influence soul soyeuse. Soyez prévenus, des tubes pop efficaces et rythmés à la "24k Magic", "Locked Out of Heaven" ou "Treasure", vous n'en trouverez pas des masses sur ce disque qui ne contient d'ailleurs que neuf pistes. Un héritage des albums des années 70 ou 80 qui offre un décalage paradoxal : car s'il tranche avec les interminables disques récents de 15 voire 20 morceaux, revenir avec seulement neuf chansons après autant d'absence peut sembler un peu déceptif pour les fans.
Peu de tubes et de rythme au programme
Certes, c'est très classe, ça rappelle parfois la grande heure des soul men des années 60 façon Motown ou Stax, et la voix de Bruno Mars se bonifie avec l'âge. Mais l'ensemble, parfois trop sirupeux et homogène, manque cruellement de rythme et de tubes dansants. On comprend mieux pourquoi le très classique mais efficace "I Just Might" a été choisi comme le lead single. Même si, sur un "On My Soul" toutes percussions et guitares dehors et cri à la Michael Jackson en prime, Bruno Mars nous sort subrepticement du confort en velours dans lequel il semble désormais se complaire.
De plus, Bruno Mars surprend d'emblée en nous emmenant en terres latines à travers le morceau introductif "Risk it All". L'immense succès de Bad Bunny lui a-t-il donné des envies hispaniques ? Entre percussions, trompettes, quelques cordes et guitares solaires, le chanteur débute ici sur une note latino rayonnante. C'est là l'autre couleur principale du disque, qui se retrouve entre les rythmes chaloupés d'un "Cha Cha Cha" ou de "Something Serious", clin d'oeil évident au classique "Oye Como Va" popularisé par Carlos Santana, qui devrait faire mouche lors de sa prochaine tournée mondiale. Il y a certes quelques jolis moments, à l'image du précité "Something Serious" festif, du final électrique de "Nothing Left" (qui rappelle un peu "Die With a Smile") ou de l'ambiance très Soul Train de "Cha Cha Cha". Mais pas assez pour nous motiver à y revenir en boucle. Un retour classieux mais qui manque un peu de piquant.