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Il a publié l'album "Tempest" au mois de septembre, mais fait aujourd'hui l'actualité pour une histoire de droit d'auteur, d’œuvres tombées dans le domaine public et d'une compilation limitée à quelques centaines d'exemplaires, "The Copyright Extension Collection Vol.1". Plusieurs médias français, dont L'Express, font cette semaine l'écho ce qu'ils appellent « une attitude maladroite ». Dans un article publié le 10 janvier, le site met en cause la sortie de cette compilation regroupant plusieurs titres encore jamais publiés, écrits avant 1963.
"The 50th Anniversary Collection", un quadruple album annonçant 86 morceaux enregistrés en 1962. Sur le papier, le programme est alléchant. En réalité, la compilation n'a été éditée qu'à seulement cent exemplaires, distribués en Allemagne, en France et au Royaume-Uni. Autant dire que les fans n'ont pas tous été servis. L'album se revend déjà à prix d'or sur Internet, cela va sans dire. Mais ce n'est pas ce qui a interpellé Rolling Stone, qui a cherché à comprendre pourquoi Sony Music avait édité cette compilation sans que cette sortie fasse l'objet d'un évènement.
"C'est vraiment manquer de respect vis à vis du public"
Selon une enquête réalisée par le magazine anglais, il s'agit pour le label de « contourner les lois européennes sur le copyright qui viennent récemment d'être étendues de 50 à 70 ans pour tout ce qui a été enregistré depuis 1963 et au-delà », a indiqué une source chez Sony à Rolling Stone, et non de faire de l'argent. « Pour tous les titres enregistrés avant 1963, il existe la clause “Utilisez-le ou perdez-le” qui dit que si les enregistrements ne sont pas utilisés dans les cinquante ans, ils ne pourront plus l'être », précise cette même source. Autrement dit, Sony Music a commercialisé les morceaux de Bob Dylan datant d'avant 1963 aussi vite que possible pour s'assurer de pouvoir les réutiliser à nouveau à l’avenir. Car la nouvelle législation concernant l'étendue du copyright entrera en vigueur début 2014.
« Sony Music est dans son droit, mais titrer "The Copyright Extension Collection Vol.1", c'est vraiment manquer de respect vis à vis du public et des militants pour le domaine public » estime le juriste Lionel Maurel pour L'Express. « Dans un contexte où les débats sur les droits d'auteurs sont virulents, c'est très maladroit », ajoute-t-il, sur un ton accusateur. Mais cette affaire pourrait bien ne pas demeurer un cas isolé. « Le cas Dylan risque de se répéter à de nombreuses reprises en Europe dans les mois à venir tant les années 60 sont riches en matière musicale » craint Next, dans un article consacré à Bob Dylan.