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Interview
vendredi 10 janvier 2014 18:50

Yoann Fréget en interview : "Une carrière internationale ? Tout est possible"

Gagnant de "The Voice" saison 2, Yoann Fréget a publié cette semaine son premier album "Quelques heures avec moi", entre gospel et pop. Le chanteur s'est confié à Pure Charts, abordant la mode des reprises, ses concessions, sa future collaboration avec will.i.am, les rumeurs de rivalité avec Olympe, et une possible participation à l'Eurovision.
Crédits photo : Antonin Bonnet
Propos recueillis par Julien Gonçalves.

Tu as remporté "The Voice" en mai dernier. Aujourd'hui, tu sors ton premier album "Quelques heures avec moi". Quel bilan fais-tu de cette première année sous les projecteurs ?
Je ne suis pas forcément dans une démarche de faire un bilan puisque ce n'est que le début et il y a tellement de choses à défendre et à venir. Mais en tout cas, l'aventure "The Voice" c'était extraordinaire. Je suis content car j'ai respecté mon intégrité durant cette émission, je n'ai pas chanté des textes de chansons qui ne me parlaient pas, je n'ai pas essayé de faire des choses juste pour séduire les gens... Je vis la musique de manière très intérieure. Ça me vient du gospel, de la soul.

Et avoir gagné, ça représente quoi ?
Ce que je ressens, c'est de la gratitude. Des millions de personnes qui vous soutiennent, qui votent pour vous, qui vous soutiennent, qui ruinent leur forfait téléphonique... (Rires) Et j'ai vraiment fait de mon mieux pour mon album. J'ai été là du début à la fin, dans le processus. J'ai été impliqué à 100%.

« J'ai respecté mon intégrité dans "The Voice" »
Est-ce que l'album ressemble à ce que tu avais en tête, à ce que tu voulais faire, quand tu as gagné "The Voice" ?
Oui, vraiment. Ce que j'avais dit aux gens dès le début c'est que je voulais que l'album soit un mélange de mes influences afro-américaines et de la pop. C'est vraiment ça, c'est cette rencontre-là. Dans mon art, je me suis autant laissé influencer par Céline Dion, Lara Fabian que Whitney Houston, Aretha Franklin ou Mahalia Jackson, la reine du gospel. Le plus important surtout pour moi, c'est ce que sont des messages qui portent les gens vers le haut. Je crois que les gens ont trop de soucis, on en a tous. La musique c'est fait pour les émerveiller, pour qu'on retrouve notre âme d'enfant, qu'on retrouve cette joie, cette paix... Qu'ils s'évadent de leurs problèmes, se retrouvent eux, dans toute cette pollution, tout ce bruit, ce speed. C'est ce qui m'intéresse. Pour moi, la musique c'est un retour à soi.

Les textes du disque abordent l'amour, le partage, le bonheur… C'est aussi un disque très spirituel, qui parle souvent de Dieu, de foi.
Oui, mais pas outre mesure. Ce n'est pas trop.

Mais tu n'as pas peur que ce soit un peu segmentant ?
Je n'ai pas eu peur parce qu'en fait, j'aborde la foi de manière non identifiée. Je ne la limite pas à une seule religion. Je l'aborde de manière universelle. La spiritualité, c'est quelque chose qui est en nous. Je ne vais pas dire que la foi c'est les chrétiens, les musulmans, les hindous ou les juifs. Je les respecte. Je ne prends jamais parti. C'est ma manière. Les gens qui m'inspirent, ce sont des gens comme Gandhi qui respectaient chaque culture. Dans mon album, il n'y a jamais de prosélytisme pour une religion. C'est un retour à cette énergie positive qu'on a en soi.

Découvrez le premier clip de Yoann Fréget, "Ça vient de là-haut" :



« Je n'ai jamais cherché à me démarquer »
C'est un album qui se démarque de ce qui est proposé habituellement, avec cette touche gospel ("Couleur love", "Bienvenu dans ma maison"...). C'était vraiment ça l'idée, de faire quelque chose de différent ?
Non, ce n'était pas voulu de se démarquer forcément. Même dans la vie, je n'ai jamais cherché à me démarquer. Je ne pense pas qu'être soi-même c'est être différent d'autrui, c'est surtout faire ce qu'on sent. Ce que j'adore depuis que j'ai 15 ans c'est le gospel, donc il fallait qu'il y en ait. C'est toute une histoire pour moi. J'ai eu la chance de chanter dans les églises afro-américaines, j'étais le seul petit blanc, j'ai été accueilli super positivement. Ils m'ont encouragé, ils m'ont dit que j'allais faire de grandes choses, moi je n'en savais rien. Il fallait que les gens ressentent aussi ça.

Dans les crédits de l'album, on peut lire l'implication d'Eric Fréget...
Oui, c'est mon papa. Il est auteur-compositeur-interprète-pianiste. (Rires) Il fait partie des personnes qui m'ont influencé. J'ai entendu ses belles mélodies depuis que je suis petit. Au-delà du fait que ce soit mon père, je voulais vraiment que cette chanson particulière, "Les mots qu'on ne peut pas dire", soit sur mon album. C'est une chanson sur mon bégaiement. Mon père en a beaucoup souffert lui aussi. Elle était importante, pour le handicap en général, pour dire qu'il ne faut pas s'enfermer, avoir une voix qui est un porte-parole des gens qui souffrent de rejet.

Sophie Delila et Jacques Veneruso ont également collaboré sur ce premier album...
Oui, et il y a aussi François Welgryn, qui a écrit pour Céline Dion. Il a fait 95% des textes de l'album. Ce sont tous des coups de coeur, mais lui tout particulièrement. C'est le tout premier que j'ai rencontré. Je n'ai pas écrit, mais j'ai donné toutes les thématiques. Il ne me connaissait pas, il m'a produit trois chansons en quelques jours, j'ai eu l'impression que c'était mon âme qui s'exprimait. Chaque personne qui a collaboré à l'album est un coup de coeur. Je ne fonctionne que comme ça, à l'intuition.

« Ce n'était pas prévu que will.i.am soit sur l'album »
Par contre, surprise, will.i.am n'apparaît pas dans les crédits de l'album...
Ce n'était pas prévu qu'il soit sur l'album. C'est là où il y a une petite confusion de la part des gens. Il a dit qu'il produirait un single du gagnant. Les gens ont cru que ce serait le premier single, il n'a jamais dit ça. will.i.am, j'ai toujours vu ça comme un projet à côte de l'album. Moi, rien ne m'empêche de faire de la house, plus électro, avec une voix qui groove, de la soul. Avec will.i.am, on partage les mêmes influences. J'ai eu la chance de faire sa première partie le 16 décembre à Bercy, c'était un super moment. Il m'a beaucoup encouragé. Il m'a dit « You got so much soul ! ». De la part d'une personne qui a entendu tous les chanteurs de gospel et de soul, c'était un super compliment. On a des choses en commun, mais pour mon album, je ne voulais pas quelque chose d'electro. Je voulais lui donner une couleur particulière, je voulais qu'on entende les instruments. Les musiciens ont un groove. Mon guitariste a joué avec Aretha Franklin, il y a la chorale de gospel...

Dans une interview, Olympe me disait qu'il allait devoir faire des concessions sur son premier album pour toucher un très large public. Est-ce que tu as dû en faire toi aussi ?
Oui, je l'ai fait aussi, mais je n’appellerais pas ça des concessions. Pour moi, ce sont des adaptations. Je suis comme un caméléon, je m'adapte dans le milieu dans lequel je suis. Je garde toujours le truc positif. Mais la forme peut changer. Par exemple, mon album est en français à 99,9%. Il n'y a qu'un titre en anglais, le générique de fin de "La belle et la bête" pour l'international. Ça, c'est une adaptation parce que moi je chante en anglais depuis dix ans. J'adore la langue française, mais j'ai beaucoup voyagé. J'aurais pu faire tout en anglais, mais il faut s'adapter au pays dans lequel on est. Les influences de pop, c'est aussi une adaptation. J'aurais pu faire un album gospel à 100%.

Et ce n'est pas trop difficile de faire ces adaptations ?
Non, le but c'est de toucher le coeur des gens, ce n'est pas de s'enfermer dans un style, dans un seul message.

Comme tu l'as dit, il y a un titre en anglais, des influences afro-américaines, tu chantes aussi quelques mots en anglais sur "Couleur Love". Tu rêves d'une carrière internationale ?
En fait, je ne sais pas si je rêve d'une carrière internationale. Je me sens complètement connecté avec le monde entier. Je ne me dis pas « Je suis Français et que Français ! ». Je suis fier de mon pays, mais quand j'ai voyagé, je me suis toujours adapté. En Inde, où j'ai appris la musique classique indienne, les gens me prenaient pour un Indien. Pareil, aux États-Unis et au Canada. Tout est possible. J'ai toujours été très bien accueilli à l'étranger, même encore mieux qu'en France. J'ai choisi la France parce que, voilà, c'est mon pays.

« Les médias sont rigolos à déformer mes propos »
Tu avais déjà dit que ton premier single "Ça vient de là-haut" n'a pas fonctionné, notamment à cause d'un manque de promotion...
Non, je n'ai pas dit ça. C'est intéressant qu'on revienne dessus. Je n'ai pas dit qu'il y a eu un manque de promo. Ce sont des caricatures. J'ai simplement dit que j'aimerais que les gens sachent plus que mon single est sorti, mais sans me plaindre. En relativisant. Les choses se font avec le temps. Jamais je ne me suis plains. Les médias sont rigolos à déformer : « Yoann se plaint ». Non ! Je suis un adepte de la patience. Le single, c'est normal de ne pas avoir la même promotion sur un single, car il n'y a pas d'album derrière. Je l'ai toujours su. Le single, c'était un moyen de dire : « Je suis là, je travaille, je n'ai pas disparu pour méditer dans une grotte au fond de l'Amazonie ». (Rires) C'est maintenant que les choses sérieusement démarrent à fond.

Oui mais la promotion pour le single "Sauras-tu m'aimer" a été plus importante que pour ce premier single... Et par exemple, tu n'étais pas présent aux NRJ Music Awards. Pourquoi ? Ça aurait pu t'aider.
Je n'ai pas fait d'album, donc si on m'avait proposé, je me serais senti mal à l'aise d'aller aux NRJ Music Awards alors que mon album n'est pas encore sorti... Je veux que les gens sachent ce que je défends. Ce n'est pas avec un titre qu'on peut vraiment... Il faut que les gens découvrent mon album. Chaque chose en son temps. C'est un peu ma devise dans la vie.

On a également beaucoup parlé de toi après tes propos sur Olympe dans la presse. Comment tu as vécu cette période ?
Je l'ai vécue comme une injustice parce que ce n'est pas vrai. Il n'y a jamais eu de rivalité entre lui et moi. Il y a juste eu un échange de point de vue. Je suis quelqu'un qui soutient les autres artistes. Pour moi, les rivalités, les trucs de cours de récré, ça n'a pas de sens. Tous les êtres humains sont là pour apporter une pierre à l'édifice pour un monde meilleur. Si les artistes ne se soutiennent pas, ça n'a pas de sens.

Découvrez le nouveau clip "Sauras-tu m'aimer" de Yoann Fréget :



Pour revenir au disque, tu as enregistré "Sauras-tu m'aimer?" pour le film "La Belle et la Bête". C'est l'une des plus belles chansons de l'album. Comment est né ce projet ?
La directrice de communication du film "La Belle et la Bête" m'avait repéré pendant l'émission, et elle a dit : « Je veux que ce soit lui ». J'ai été vraiment honoré, ce n'est pas n'importe quel film ! Déjà, il y a l'histoire du film : dépasser les différences pour s'aimer, voir au-delà des apparences... Forcément, ce sont des thèmes qui vont complètement avec mon album. Et puis Christophe Gans qui fait son grand retour, le casting du film avec Vincent Cassel et Léa Seydoux... De toute façon, si le titre ne m'avait pas plu, je ne l'aurais pas fait. Le film est grandiose, il fallait que le titre soit vraiment inspiré. Quand j'ai lu le texte, je suis tombé amoureux.

« Je ne suis pas là pour faire du commercial »
Puisque ton album vient de sortir, est-ce que tu as un objectif de ventes à atteindre ?
En fait, je suis là pour faire ce qui est artistique, je ne suis pas là pour faire du commercial. Bien sûr, je défends mon projet, et j'ai beaucoup de joie à le faire. C'est comme un bébé. Mais à part donner le meilleur de moi, qu'est-ce que je peux faire ? Je n'ai pas de pression. Moi, mon but dans la vie c'est d'être heureux. Et ça ne dépend pas de ça.

Ça avait été un peu compliqué pour Stephan Rizon, le gagnant de la saison 1. Dans le monde entier, aucun gagnant de The Voice n'a explosé. Est-ce que tu penses que tu peux créer l'étincelle ?
Oui. Moi, je crois que tout est possible. Je suis resté un grand enfant. Quand on me demandait si je pouvais gagner "The Voice", pourtant il y avait des sondages qui disaient ci, qui disaient ça, je n'ai jamais cessé de croire. Je ne me suis pas dit que j'allais gagner, mais je me suis dit que tout est possible. Pour mon album, je suis optimiste.

Il y a une reprise de "Vole" de Céline Dion sur l'album.
Oui, c'est la seule reprise.

« Un album de reprises ? Ça ne m'intéresse pas »
Tu aurais pu faire un album de reprises si on te l'avait proposé, comme ça a été le cas pour Sophie-Tith ou Olympe ?
Non. Ça ne m'intéresse pas. Ça fait des années que je voulais faire cet album. Quand on m'a demandé des thèmes pour aider l'auteur, tout est venu d'un coup. Pour moi, ça n'aurait pas été à propos. J'ai des choses à dire. J'ai vécu beaucoup de choses même si je n'ai que 26 ans. Je n'ai rien contre cette mode des reprises, chacun fait ce qu'il sent. "Vole", c'est plus qu'un clin d'oeil, c'est une marque de respect car les gens ont beaucoup apprécié ce titre. Ils ne pouvaient le trouver nulle part. J'ai reçu plein de messages. Et puis le thème me parle. Ça évoque la mort d'une manière qui est tellement positive. Et puis, Céline Dion et Jean-Jacques Goldman, je les respecte beaucoup.

L'an dernier, Amandine Bourgeois, ancienne candidate de "Nouvelle Star", a représenté la France à l'Eurovision. Tu accepterais de tenter l'aventure si on te le demandait ?
Oui, je pourrais accepter. Après, je prendrais ma décision comme toutes mes décisions : Est-ce que je le sens ou pas ? Et ça, ce n'est pas rationnel. Par exemple, depuis tout petit, j'avais cette petite voix à l'intérieur de moi qui me disait que je serais connu par une émission de télé. Je n'en ai jamais douté. Pourtant, j'ai beaucoup douté sur tout un tas de choses, mais ça non, je ne sais pas pourquoi. Si je sens de faire l'Eurovision, même si on me dit « Attention, c'est dangereux pour ton image », je le ferai. C'est une belle émission. Il y a des artistes comme Céline Dion qui se sont fait connaître par l'Eurovision. Donc oui, ce serait possible...
Julien GONCALVES
Pour plus d'infos, rendez-vous sur le site officiel de Yoann Fréget.
Ecoutez et/ou téléchargez l'album de Yoann Fréget sur Pure Charts !
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