"40 ans après, c'est ridicule" : Sting poursuivi, un ancien membre de The Police balance
Andy Summers et Stewart Copeland poursuivent en justice Sting, leur ancien comparse de The Police, pour des histoires de royalties. Henry Padovani, ancien membre du groupe, sort du silence et donne son avis franc.

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« C'est fini. Je rejoue nos chansons avec un orchestre symphonique et je m'amuse énormément. (...) Quand je suis avec l'orchestre symphonique, le bassiste ne se retourne pas vers moi pour me hurler dessus » déclairait Stewart Copeland il y a deux ans lorsqu'il était interrogé sur une possible reformation de The Police. Des mots qui prennent une nouvelle tournure aujourd'hui. En effet, le musicien et Andy Summers ont saisi la justice anglaise pour poursuivre Sting, leur ancien comparse du mythique groupe des années 70 et 80. La raison ? Récupérer des royalties estimés à « plusieurs millions de dollars ». « Andy et Stewart ont décidé qu'il n'y avait pas d'alternative au tribunal, alors ils ont appuyé sur le bouton. Ils disent qu'on leur doit des millions de royalties perdues » estime une source proche du dossier, afin que les deux artistes soient équitablement payés pour leur travail sur les tubes intemporels "Message in a Bottle", "Walking on the Moon" ou "Roxanne".

"Il y a toujours eu des tensions dans Police"

Aujourd'hui, c'est un autre membre de The Police qui entre dans la danse : Henry Padovani. Celui qui fût le premier guitariste du groupe entre 1976 et 1977 a décidé de s'en aller lors de l'enregistrement du premier album, en raison de tensions avec l'autre guitariste Andy Summers. Près de 50 ans plus tard, le musicien corse assure au Parisien ne pas vouloir prendre parti. « Je ne suis pas juge… D'autant qu'on ne sait pas exactement sur quoi porte cette affaire. Et puis, je les aime tous. Ils ont toujours été super réglos avec moi » estime celui qui a rejoint la bande lors de ses concerts de reformation au Stade de France en 2007.

Pour autant, Henry Padovani rappelle qu'il y a « toujours eu des tensions dans Police ». Car si le batteur Stewart Copeland était à l'origine le leader du groupe, l'arrivée de Sting a vite changé la donne : « Au début, Sting n'avait pas le droit d'écrire pour Police, car il ne faisait que des chansons d'amour et il n'en était pas question dans un groupe punk. Mais il nous a fait écouter "Roxanne" et on s'est vite rendu compte que c'était un exceptionnel auteur-compositeur… ». Malgré leur imposant succès qui n'a duré que quelques années, les tensions entre Sting, Stewart Copeland et Andy Summers ont été si fortes qu'elles ont mené à la séparation du groupe en 1984.

"Ils avaient tous un ego"

Pour Padovani, il s'agit moins d'une histoire de jalousie que de « pouvoir » : « Ils auraient pu s'entendre dès le départ sur la répartition, mais ils avaient tous un ego et ils ne l'ont pas fait. Ils ont eu beaucoup de succès grâce au talent et à la voix de Sting. Revenir sur les règles de partage quarante ans après, c'est ridicule, trop facile… ». Et de parler de l'exemple du plus gros tube de la bande, "Every Breath You Take" : « C'est Sting qui a écrit la musique et les paroles, mais c'est la mélodie de guitare d'Andy Summers qui l'a rendu exceptionnel. Cela fait dix ans qu'Andy clame que sans lui, ils allaient jeter la chanson… ».

Pour l'ancien musicien, cela pourrait susciter d'autres débats similaires parmi de nombreux groupes : « Tous les musiciens et producteurs vont se mettre à réclamer des droits sur les chansons. À commencer par les batteurs, les pauvres, qui sont toujours les grands oubliés. "Come Together" et "Ticket To Ride" des Beatles ne seraient pas les mêmes sans la batterie de Ringo Starr. Si Stewart et Andy gagnent leur procès, ça va devenir un bordel sans nom ». Pour rappel, Sting avait dit regretter d'avoir reformé The Police pour une tournée en 2007 et 2008 : « A l'époque, j'ai considéré cette tournée comme un exercice de nostalgie. C'était tout simplement ce que je ressentais à l'époque et ce que je ressens encore aujourd'hui ». Pourtant, cette série de 152 concerts a été un immense succès, s'imposant à l'époque comme la troisième tournée la plus rentable de l'histoire.

Par Théau BERTHELOT | Journaliste
Passionné par la musique autant que le cinéma, la littérature et le journalisme, il est incollable sur la scène rock indépendante et se prend de passion pour les dessous de l'industrie musicale et de l'organisation des concerts et festivals, où vous ne manquerez pas de le croiser.
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