Crédits photo : Pochette de la compilation "Le clash"
La musique et les agitateurs de conscience tomberont-ils comme sujet de vos prochains partiels ? A l'université de Manchester, la question de la prise de conscience politique véhiculée par les chansons fait l'objet d'un très sérieux cours dispensé... en langue française. Et pour cause : les trois exemples abordés et analysés en profondeur sont George Brassens, Serge Gainsbourg et NTM !
Ce séminaire a été mis en place pour l'année scolaire 2013/2014 par Barbara Lebrun, une ancienne étudiante de l'université de Rouen et d'Aix-en-Provence. Si l'on en croit la plaquette pédagogique du cours, celui-ci vise à mettre en exergue les expressions de la contestation au sein de la musique française depuis les années 50 à nos jours. Ainsi, après une introduction théorique sur la musique populaire et la liberté d'opinion, le cours replace chaque artiste, leurs discours et leurs créations musicales dans leur contexte historique, politique, économique, social et racial. Au programme ? Des analyses de clip et études de cas basés sur des interviews des artistes et les paroles de leurs chansons.
Souvenez-vous du clip "Laisse pas traîner ton fils" de Suprême NTM :
Suprême NTM
Entre le « poète » sétois et le « provocateur » à tête de chou, c'est l'oeuvre du groupe de rap formé par Kool Shen et JoeyStarr qui est décortiquée par l'enseignement, qui dure un semestre. Groupe clé dans la naissance du rap français, NTM a frappé la mémoire collective à travers ses textes énervés et sa rage verbale explosive, bousculant l'ordre établi en ne se gênant pour pas dénoncer les maux de la société actuelle. Il reste symptomatique d'une époque "bénie" de la culture hip-hop en France, où les artistes défendaient les valeurs de la rue plutôt qu'un mode de vie bling-bling. A Manchester, le cours est d'ores et déjà inscrit au programme de l'année scolaire à venir. Alors, à quand l'étude de "L'Argent pourrit les gens" ou "Qu'est-ce qu'on attend" dans les facs françaises ?