Bonjour Gilles, Tu reviens en solo avec un nouveau single "On s’évite" faisant suite à l’album en anglais "80’08". Qu’est-ce qui t’a donné envie de te remettre au français ? (Nikolas Lenoir, rédacteur)
Gilles Luka : Je n'ai en fait jamais abandonné l’idée de faire du français. Je suis un artiste un peu particulier dans le sens où j’ai besoin de faire plusieurs projets en même temps. Que ce soit avec Galleon ou avec Ocean Drive, les projets en anglais ont toujours pris le devant. Mon album solo "80’08" est aussi dans cette langue et c’était une parenthèse, un hommage aux années 80.
Quel regard portes-tu sur cet opus presque deux ans après sa parution ?
Découvrez un montage sur le titre "Just Because You Lied" :
Tu évoques "Just Because You Lied" et ce titre a eu depuis sa version française "J’Irai Jusque Là" interprétée par Nâdiya. Comment s’est passée cette rencontre ?
On se connaît depuis nos débuts au début des années 2000. Elle a découvert le titre et elle a eu un coup de cœur. Sortant d’un album RNB, elle avait envie de faire de la pop et m’a demandé de lui faire une version française de "Just Because You Lied". J’ai accepté et nous avons ensuite travaillé ensemble. Nous sommes devenus amis.
Parlons de ton nouveau single "On s’évite". Qu'as-tu voulu exprimer avec ce titre ?
Lorsque j’écris en français, je m’inspire beaucoup de mon entourage. C’est en regardant évoluer un couple d’amis qui m’est très proche que j’ai écrit "On s’évite". Leur cas n’est pas isolé, le manque de communication les a malheureusement installé dans la routine et je tenais à mettre cela en mots. Pour l’anecdote, ils se sont séparés pendant un an et se sont remis ensemble. Les textes présents sur l’album sont nés de situations que j’ai vécues ou que j’ai aperçues. Au niveau musical, cette chanson a été un déclic car je me suis rendu compte que je pouvais faire un mix entre la variété française, l’électro et que tout cela sonne bien au final. J’y prends un grand plaisir.
Pourquoi as-tu souhaité que le clip d’"On s’évite" se déroule dans un sous-marin ?
Je suis très touché quand des gens me disent que ce clip leur fait penser à "Cargo de Nuit" d’Axel Bauer. Je n’ai pas voulu le copier en prenant cette idée du sous-marin comme toile du fond du clip. Je reconnais par contre que c’est un clin d’œil car Axel Bauer a vraiment apporté quelque chose quand il est arrivé avec cette chanson. "Cargo de Nuit" est un titre à la fois rock, pop et même club. C’est une chanson très forte et elle n’a jamais eu la reconnaissance qu’elle mérite.
Pour quelle période l’album est-il prévu ?
Je pense qu’il sera disponible assez rapidement en téléchargement et il arrivera dans les bacs avant l’été.
Retrouvez le single "On s'évite" :
Je t’ai découvert en 2001 avec ton premier single "Tout Ou Rien" et le titre "Bien Plus Important". Quel regard portes-tu sur le début de ta carrière ?
As-tu été frustré de ne pas sortir d’album dans la foulée ?
Pour être franc, je ne l’avais pas à l’époque. J’ai longtemps cherché la formule musicale et je voulais arriver à faire des prods qui me correspondent.
Pourquoi as-tu justement fait le choix par la suite de mettre de l’électro dans tes chansons ?
Je voulais vraiment arriver dans quelque chose de novateur et j’ai mis beaucoup de temps à trouver ce qui me plaît. Je ne voulais pas arriver avec ma guitare ou mon piano et chanter mes textes. Il y en a 10.000 qui le font bien mieux que moi. J’ai toujours été attiré par l’électro et j’ai ainsi travaillé en ce sens.
Quel regard portez-vous sur l’évolution de l’électro ?
Tu as une voix particulière et facilement identifiable. Pourquoi as-tu choisi ce créneau vocal ?
J’ai beaucoup chanté, j’ai rencontré les bonnes personnes et j’ai progressé vocalement. Il est vrai que je suis un chanteur qui pousse un peu dans les refrains et c’est d’ailleurs lié également aux chanteurs qui sont mes références. J’ai une tessiture vocale assez haute qui me permet ainsi d’avoir une certaine marque de fabrique car ces interprétations sont beaucoup moins fréquentes qu’avant.
Tu cartonnes avec le groupe Ocean Drive. Comment est née cette collaboration ?
C’est arrivé très naturellement, comme toutes les rencontres que j’ai faites jusqu’à aujourd’hui. J’ai croisé deux producteurs fans de Galleon et nous avons parlé musique. J’ai ensuite écouté en studio ce qu’ils faisaient. Dans les instrus, j’ai bien aimé l’esprit du titre "Some People" et j’ai travaillé dessus. Ce fut le déclic de cette collaboration. Nous avons mis le titre sur MySpace et DJ Oriska s’est manifestée. Elle avait envie d’apporter sa touche et l’accord de nos univers respectifs a fait Ocean Drive.
Retrouvez le clip de "Some People" d'Ocean Drive :
On peut parfois penser à Discobitch en écoutant Ocean Drive, notamment en raison du phrasé en français et de la voix féminine. Qu’en penses-tu ?
N’as-tu pas l’impression que la pauvreté des paroles peut faire oublier certaines richesses mélodiques ?
Je reconnais tout à fait la pauvreté des paroles et nous sommes les premiers à en rigoler. Que ce soit Discobitch ou Ocean Drive, l’objectif est le clubbing. Nous savons pertinemment que nous n’allons pas révolutionner la musique. Nous voulons que cela soit rythmique au niveau vocal pour que les gens dansent dessus, le but n’est pas de faire passer des messages. C’est aussi pour cela que j’aime mener plusieurs projets en même temps. Mon album solo en français me permet notamment de faire un travail plus profond sur les textes.
Est-ce que les parties en français sur les titres d’Ocean Drive sont aussi destinées à pouvoir intégrer les quotas ?
On ne l’a pas fait pour cela mais il est vrai que cela nous a permis de devenir quota français. Je pense que cela explique en partie notre succès, ou du moins le fait que nous avons été bien diffusé. Le fait que le français soit parlé de façon presque linéaire met en valeur le refrain. La formule fonctionne bien et nous avons déjà fait trois tubes. Cela sonne anglais et c’est quota français. Je pense que tous les groupes qui nous ont copié l’ont fait pour cela. Notre démarche n’était pas la même.
Retrouvez le clip de "Because" d'Ocean Drive :
Quels sont les projets d’Ocean Drive ?
Est-ce que le fait d’avoir une mère chanteuse de jazz et un père contrebassiste t’a conditionné à être attentif aux mélodies ?
Je ne peux pas dire que la musique est innée chez moi ; je suis né avec elle. Il devait certainement y avoir la radio allumée quand je suis sorti du ventre de ma mère. (Rires). Toute ma famille est dans la musique. J’ai touché très rapidement à la batterie, au piano et mes parents m’ont guidé vers des choses très mélodiques. Si une personne écoute du rap, elle aura du mal à faire des mélodies ou des refrains.
Pourquoi n’apparais-tu jamais dans les clips d’Ocean Drive ?
C’est volontaire et ce fut la même chose pour Galleon. Je trouve simplement que cela n’apporte rien aux projets et je préfère rester dans l’ombre. Oriska défend très bien le projet. J’ai toujours eu mon parcours solo et mes chansons en français donc j’existe sans ces collaborations. Je tiens cependant à dire que je n’ai aucunement honte d’Ocean Drive. C’est simplement une envie de ne pas brouiller les pistes.
Tu as en effet été un membre de Galleon et le titre "So I Begin" a cartonné dans une vingtaine de pays. Comment as-tu vécu ce succès ?
Retrouvez le clip de "So I Begin" de Galleon :
Le public ne savait d’ailleurs pas forcément que Galleon était un groupe français.
C’est assez drôle ce que tu dis car en fait, beaucoup de personnes pensaient justement que nous étions Australiens. Nous n'avons jamais su pourquoi d’ailleurs. Cependant, cela a contribué à l’image du groupe alors qu’en fait, nous avons tout fait à Toulon. (Rires)
N’as-tu pas le sentiment que le public connaît ta voix grâce à tes différents projets mais que tu restes finalement assez peu connu ?
Quel message aimerais-tu transmettre au public et aux internautes ?
Continuez à aimer la musique, à l’écouter et à la découvrir en concert.
Merci Gilles pour cette sympathique interview.
Merci pour ton soutien.