
Colette Magny, née le 31 octobre 1926 à Paris (et décédée le 12 juin 1997 à Villefranche-de-Rouergue), est une chanteuse et auteur-compositeur-interprète française. Elle vécut les dernières années de sa vie à Verfeil-sur-Seye et y fonda l'association culturelle Act'2, dont le festival Des Croches et la Lune a fêté ses 20 ans en 2007. Une salle de concert porte son nom dans le 1er arrondissement de Lyon. Un établissement scolaire spécialisé porte également son nom à Lys-Lez-Lannoy dans le Nord. Par son allure, son style, ses textes rebelles et ses engagements, Colette Magny est un personnage singulier de la chanson contemporaine. Trop souvent délaissée par les médias, elle a trouvé la notoriété, dans les années 60, avec un répertoire souvent inspiré par le blues et surtout grâce à son tube "Melocoton", en 1963. Un morceau aujourd'hui repris par Axelle Red, quarante-huit ans après sa création, sur son dernier album "Un cœur comme le mien".
Ecoutez la reprise de Colette Magny par Axelle Red, "Melocoton" (2011) :
Une femme engagée
Appuyant sa voix grave sur des textes engagés, elle s'est très souvent préoccupée des problèmes de ce monde notamment au sein de l'album "Vietnam 67" issu d'une période contestataire, ou "Kevork" en 1991, où elle dénonce les injustices, les inhumanités et le péril écologique avec poésie et mélodie, mais sans apaisement dans la force de ses textes et paroles.
Ecoutez la version originale de Colette Magny, "Melocoton" (1963) :
En 2009, Axelle Red publiait "Sisters & Empathy" en Belgique, un disque enregistré en anglais qui n'avait pas bénéficié de mise en rayon chez nos disquaires. Il faut donc remonter jusqu'en 2006 pour créditer l'artiste d'un album, le dernier étant "Jardin secret". Celui-ci n'avait pas rencontré le succès escompté en France, bien que la chanteuse le considère comme le mieux écrit. Autant dire que son nouvel opus était attendu. "Un cœur comme le mien" ne décevra pas les fans de la chanteuse qui réussit, sans contrarier, à maitriser les évolutions sans se métamorphoser.
Un disque roots qui fait la part belle à l'Americana, un style musical vers lequel Axelle Red penche depuis quelques temps sans jamais s'en être autant approché. Comme l'artiste nous l'expliquait dans une récente interview, cet album est pourvu d'un certain équilibre, là où ses précédents disques alternaient entre romantisme noir et utopie exacerbée : « Quand je regarde mes quatre derniers albums, je me rends compte qu'il y en a un qui est positif, successivement suivi d'un disque plus négatif. C'est comme une balance que j'ai d'ailleurs réussi à équilibrer avec "Un cœur comme le mien" ». Un équilibre aussi entre des textes subtilement écrits avec humour et sincérité, et des mélodies tendres et rythmées qui en font un disque complet.
En ouverture, Axelle nous propose "La claque", déjà exploité en qualité de premier single. Addictif, ce morceau est l'un des plus réussis. Pour nous en convaincre, Axelle Red le dote d'un rythme entrainant qui pourrait presque nous donner envie de danser.

Pour "Un cœur comme le mien", la guitare domine incontestablement : elle donne le ton de mélodies particulièrement bien soignées. Mention spéciale pour "L'amour, la mer et la mort" et "Entre nous", là où les riffs de guitare se font plus présents tandis que les percussions apportent cette tonalité jazz dont on ne se lasse pas. L'ensemble est donc très cohérent mais n'attirera peut-être pas un nouveau public. Ceux qui ont été déçus par "Jardin secret" se retrouveront davantage dans le côté plus "masculin" d'"Un cœur comme le mien", tandis que ceux qui avaient été séduits en 2006 par "Naïve" et "Temps pour nous" y trouveront aussi leur compte. un équilibre qui mettrait donc tout le monde d'accord ?
Par ailleurs, Axelle Red se produira en concert à Paris le 19 mai au New Morning, et le 28 novembre prochain au Casino de Paris.