Alors que son duo enregistré avec Salvadore Adamo, "Jours de lumière", vient d'être adressé aux radios (voir sur ce lien), Christophe prend le contre courant, réalisant avec Julia Pello et Darlene Lin, un clip complètement psyché afin d'illustrer son single "Interview de...", co-écrit avec Marie-Pierre Chevalier et co-composée avec Christophe Van Huffel, issu de son dernier album "Aimer ce que nous sommes" (Top 4 en 2008), son premier en 40 ans !
Découvrez le nouveau clip de Christophe, "Interview de..." :
Christophe, c'est l'histoire d'un môme de 20 ans qui avait dessiné sur la plage le doux visage de son amour envolé. Et qui avait tellement crié, crié Aline pour qu'elle revienne qu'il avait vendu illico un million de 45 tours en 1965, et largement triplé la mise 15 ans plus tard, pour la réédition de ce méga-tube. Pourtant, après "Les marionnettes" et quelques autres bluettes du genre (qu'il ne reniera jamais) Christophe, nourri à Robert Johnson, John Lee Hocker, Bill Haley, Little Richard, Elvis Presley, mais aussi Serge Gainsbourg, évolue assez sensiblement, surtout dès les années 70 où il découvre l'univers des synthés et se révèle plus proche d'un Michel Polnareff ou d'un Gérard Manset que des yé-yé de ses débuts. Ce seront "Les paradis perdus" (1973) aux textes signés Jean-Michel Jarre, "Les mots bleus" (1974), "Samouraï" (1976), "Le beau bizarre" (1978). Dans le même temps, au plan privé, il flirte pas mal - de son propre aveu - avec les paradis artificiels, drogue et alcool confondus. Et après une compilation de standards des années 40-50, "Clichés d'amour" (1983) dont une adaptation française de Besame Mucho ("Dernier baiser"), il disparaît quasiment jusqu'en 1996, où là, le changement est flagrant avec "Bevilacqua" (Top 41), allusion à son propre patronyme. Pour la première fois, il signe ses textes. Bidouilleur, alchimiste, traqueur de sons, amateur d'ombre, homme d'instinct et de sensation, ex-“Lennonien”, dont les maîtres s'appellent désormais David Bowie et Alan Vega de Suicide, il écrit et compose comme il peint, le tout étant véhiculé par son filet de voix étrange à nul autre pareil. En 2001, son nouvel album "Comm'si la terre penchait" (Top 45), conforte son image de dandy hors du temps, et l'année suivante, il se décide même à remonter sur scène après plus de 25 ans d'absence, mais de manière homéopathique. Après tout, malgré son look à la chevelure savamment blanchie, il n'avait alors que 56 ans...
