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Chronique d'album
samedi 16 octobre 2021 13 :19

Coldplay, Amel Bent, Coeur de Pirate : 3 albums au banc d'essai

Pure Charts passe en revue trois albums phares du mois d'octobre. Coldplay côtoie les étoiles pop sur "Music of the Spheres", Amel Bent retrouve sa voie sur "Vivante" et Coeur de Pirate touche la corde sensible avec "Impossible à aimer". Critiques, en quelques lignes !
Crédits photo : Warner / Pochettes

Coldplay | "Music of the Spheres"


Look at the stars... Depuis 10 ans, Coldplay suit une carrière métronomique, alternant entre gros albums calibrés pour les stades ("Mylo Xyloto", "A Head Full of Dreams") et des projets plus intimes à l'instar de l'excellent "Ghost Stories". Ainsi, c'est sans surprise que deux ans après l'étonnant "Everyday Life" où se croisaient lo-fi, folk et ambient, le groupe anglais réactive la machine à confettis multicolores sur "Music of the Spheres", un album où Coldplay nous emmène dans l'espace avec, sur le cinquième siège de sa fusée, le hitmaker Max Martin. Sauf qu'à l'écoute, l'explosion laisse place à de maigres étincelles. Entre le lead single faiblard "Higher Power", "Biutyful" ou le plus rock "People of the Pride", Coldplay s'enlise dans une pop certes parée pour le succès mais sans grand relief. La recherche musicale à l'oeuvre sur "Everyday Life" laisse à nouveau place à des chansons plus radiophoniques, fabriquées pour rester longtemps en tête. De ces nouveaux titres qui résonneront à toute puissance dans les stades en 2022, on retiendra l'efficace "My Universe", duo événement avec BTS ou encore "Humankind", qui répondent aux attentes. Mais c'est trop peu sur un album qui ne restera pas parmi les meilleurs que propose le groupe depuis 20 ans. Toutefois, le Coldplay de "Ghost Stories" n'est pas totalement parti à l'écoute de "Human Heart" ou "Coloratura", sur lesquelles le groupe prend son temps pour développer un univers musical et atmosphérique enivrant. Alors, une question se pose : au vu des excellents "Magic", "Midnight", "Daddy" ou "Trouble in Town" sortis il y a seulement quelques années, et des rares respirations qu'offre ce "Music of the Spheres" pourquoi Coldplay s'obstine avec cette pop commerciale qui lui est trop souvent reprochée ? Réponse au prochain album qui devrait logiquement être musicalement plus intéressant... TB

Ça ressemble à l'album à succès classique que Coldplay propose une fois sur deux
A écouter : le convaincant "My Universe", les parenthèses réussies "Alien Choir", "Human Heart" et "People of the Pride"
A zapper : "Biutyful" et "Higher Power", un mauvais de choix de lead single !


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Amel Bent | "Vivante"


I'm alive. « Tellement d'années sans savoir où aller ». Sur une instru sombre aux sonorités rock, Amel Bent commence son nouvel album "Vivante" par une introduction sous forme de cri du coeur. Comme pour se présenter une nouvelle fois au public. Son enfance, l'absence de son père, ses douleurs, l'incarcération de son mari... Sans fard mais sans s'étendre, la chanteuse joue cartes sur table pour reprendre tout à zéro. Animée par la flamme, qu'elle avait perdu, Amel Bent retrouve sa voie (et sa voix) sur ce disque plus maitrisé que les précédents, qui - surprise - ne bascule pas dans la facilité de la pop urbaine pure comme pouvaient le laisser présager les deux tubes "Jusqu'au bout" avec Imen Es et "1,2,3" en duo avec Hatik. Deux titres d'une efficacité redoutable, qui font encore leur petit effet même un an plus tard, et dynamitent cet album finalement plus sage. Sur "Vivante", Amel Bent allie ses deux amours - la variété et l'urbain - avec équilibre, et livre sa mélancolie aux auditeurs. Accompagnée de Vitaa et Dadju sur la majorité des titres, Amel Bent modernise véritablement son chant, nous faisant même découvrir des reflets inédits de son timbre ("K.O"). Ce qu'elle perd en vibes, elle le gagne en nuances, sa voix unique se mettant au service des textes, de ses confessions. Si certains titres tournent à vide ("Ça fait mal", "A l'infini") et que l'album manque de surprises (à l'image du duo "Tu l'aimes encore" avec Dadju, facile mais entêtant), Amel Bent parvient à se renouveler, sans toutefois offrir de véritable révolution. L'autre point fort du projet est que l'artiste varie ses collaborations, s'offrant des échappées avec Mosimann, Ben Mazué, Slimane ou High P, élargissant ainsi sa palette et prouvant son côté caméléon. Parfait pour ne pas s'enfermer dans les productions certes efficaces mais interchangeables du petit génie Renaud Rebillaud. JG

Ça ressemble à l'album cohérent d'une artiste sincère
A écouter : l'intense single potentiel "Tourner la tête", "Merci monsieur" (l'autre tube de l'album), "Le chant des colombes", le très beau "KO", "Ma peine"
A zapper : "Ça fait mal", "A l'infini", plus ternes


Regardez le clip "Le chant des colombes" d'Amel Bent :


Coeur de pirate | "Impossible à aimer"


OK Coeurral. Non, il n'y a pas qu'Adele qui se fait l'alliée des coeurs brisés en ce mois d'octobre tout gris ! L'automne étant par nature propice à la mélancolie, la chanteuse canadienne s'adonne à l'introspection et revisite ses amours conflictuels passés dans un sixième album au parfum de souffre, où désamour, rupture et désillusions s'entassent pour expliquer pourquoi elle s'est longtemps considérée comme ‘'Impossible à aimer''. A l'origine, l'album devait être entièrement country et les vestiges de cette direction musicale donnent lieu à de superbes ballades à la guitare comme "Une complainte dans le vent'', pensé pour le live, ou le très western "Dans l'obscurité'', qu'on aurait pu trouver sur la BO d'un Sergio Leone. Mais puisque l'artiste tenait à rendre hommage aux folles années 70, on saute des touches disco et new-wave sur le magnétique "Crépuscule'' à la splendeur d'une harpe qui vient sublimer le bien-nommé ‘'Monopole de la douleur''. Si sa plume se fait parfois tranchante et son ton musclé (on n'imaginait pas vraiment fredonner « Tu peux crever là-bas » avec une chorale), Coeur de pirate, dont la voix se fait plus grave pour gagner en profondeur, reste au fond une incorrigible romantique. Le somptueux "On s'aimera toujours'', avec ses paroles aussi sensibles que vibrantes et la beauté de ses arrangements, est un bijou de tendresse qu'on rêverait tous un jour d'adresser à un être aimé. YR

Ça ressemble à un recueil de ruptures sur une note country
A écouter : "On s'aimera toujours", pièce-maîtresse du disque, "Le Pacifique", "Une complainte dans le vent",
A zapper : "Hélas" et son vocoder irritant


La Rédaction

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