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Chronique d'album
lundi 19 mai 2014 11:43

Coldplay : critique de l'album "Ghost Stories", titre par titre

Enfin ! Trois ans après "Mylo Xyloto", Coldplay publie aujourd'hui son sixième album "Ghost Stories", produit par Paul Epworth. Amorçant un retour aux sources, avec des compositions très épurées, le groupe britannique parvient-il à conserver l'étincelle qui fait tout son charme ? Réponse, titre par titre.
Crédits photo : Pochette de l'album

1. Always In My Head


Avec un projet de neuf pistes (12 sur sa version deluxe), Coldplay ne perd pas de temps et entre d'emblée, mais d'un pas feutré, dans le vif du sujet. Débutant par des choeurs fantomatiques, "Always In My Head" définit les contours d'un opus bercé d'une douce mélancolie, construit dans la douleur. Séparé de Gwyneth Paltrow, après dix ans de mariage, Chris Martin apparaît fragile et désabusé. « Tu es constamment dans mes pensées » susurre-t-il, sur le ton de la confidence. Dommage que la piste, retouchée par le petit prodige français Madeon, ressemble moins à un vrai morceau qu'une simple mise en bouche. Planant, mais aussitôt oublié. 2/5

2. Magic


Le groupe britannique n'a pas mis longtemps à dégainer cette chanson, et on comprend pourquoi ! Truffé de petits bouts de trésors dans ses arrangements, "Magic" est une ballade dans la plus pure tradition de Coldplay. A la fois déchirant et plein d'espoir, le titre évoque, sous son intensité crescendo, les vertiges de l'amour. « Appelle ça de la magie, coupe-moi en deux » se plaint le chanteur, exorcisant sa peine. Mais, avant même la fin du morceau, il affirme avec aplomb : « Je crois toujours en la magie, oui j'y crois. Bien sûr que j'y crois », comme si l’éventualité qu'on lui pose la question lui parait ridicule. Sur le pont, les vibrations des cordes de la guitare sèche suffisent à nous donner des frissons. Un bijou ! 5/5

Découvrez le clip "Magic" de Coldplay :



3. Ink


Renouant avec les racines folk de l'album "Parachutes", "Ink" cultive le paradoxe entre une mélodie bondissante et des paroles torturées. Hanté par le souvenir de ce qu'il a perdu, Chris Martin ressent qu'il y a « quelque chose de brisé » en lui : « Tout ce que je sais, c'est que je t'aime si fort que ça en fait mal » clame-t-il à sa dulcinée, trouvant à travers l'encre d'un tatouage le moyen de préserver ce lien. L'arrivée des violons sur le refrain renforce le ton dramatique du propos, même si l'instrumentation, enrichie de percussions, camoufle les blessures du musicien. Un exercice d'équilibriste d'une belle et touchante habileté. 4/5


4. True Love


En proie à un véritable spleen amoureux, Chris Martin ralentit le tempo sur "True Love", pourtant parsemé de beats signés Timbaland. Il est ici question d'un homme refusant d'ouvrir les yeux sur son histoire. « Si tu ne m'aimes pas, mens-moi », supplie-t-il, la voix brisée par l'émotion. Là encore, les violons soulignent, en toute discrétion, les fêlures du chanteur, dans ce qui ressemble à une variation onirique du tube "Apologize" de OneRepublic. Ce qui n'est pas un défaut en soi ! Car, et même si l'ébouriffant solo de guitare final rappelle Prince, Coldplay insuffle suffisamment de maîtrise pour ne pas perdre son identité. Doux et tourmenté, "True Love" réserve l'un des plus beaux moments du disque. 4,5/5


5. Midnight


Transition scindant le disque en deux parties, "Midnight" tranche par son élan minimaliste. Fugitive et aérienne, la chanson n'aurait pas dénoté dans la discographie de Bon Iver, auquel la bande emprunte un sens brut de la contemplation. Malheureusement, les ronronnements électroniques qui feulent ça et là ne comblent pas le manque de relief de la piste, dont l'ambiance confère presque à la monotonie. Une rêvasserie trop paresseuse pour sortir véritablement du lot. 2,5/5


6. Another's Arms


Un piano, des effusions électroniques, un Chris Martin désespéré... Au cas où cela nous aurait échappé, "Another's Arms" alimente à nouveau le feu d'une morosité ambiante. Un peu trop appuyée ? Le chanteur britannique est le premier à le reconnaître, il ne s'appelle pas Bob Dylan. Et question écriture, cela se ressent. « Late night watching TV, used to be you here beside me, used to be your arms around me, your body on my body » lance-t-il, imaginant sa belle dans les bras d'un autre. On tourne en rond, et c'est d'autant plus dommage que le morceau est, judicieusement, traversé par un chant de sirène : la voix angélique et éthérée de l'artiste Jane Weaver, empruntée au titre "Silver Chord" (2010). L'ensemble, pas déplaisant, reste anecdotique. 3/5


7. Oceans


Les inconditionnels de "Parachutes" et "A Rush of Blood to the Head" retrouveront sur ce titre acoustique le charme du Coldplay original, avant ses envies de conquête du monde à coups de tubes taillés pour les stades. La tête sous l'eau, le quatuor lorgne ici du côté de Radiohead période "OK Computer". Les percussions de batterie sont effacées au profit d'un sonar de sous-marin, propice à l'instauration d'une intimité discrète. Sur un fil, Chris Martin se dit « prêt à changer ». Tout en délicatesse, le renfort des violons sublime la composition. Beau moment d'authenticité ! 3,5/5


8. A Sky Full of Stars


Coldplay aime les collaborations de l'impossible ! Après avoir invité Rihanna sur "Princess of China", le groupe britannique poursuit son mélange des genres et convie le DJ et hitmaker le plus prisé du moment : Avicii. Alors oui, "A Sky Full of Stars" a été pensé pour les radios, pour être exploité en tant que single et pour faire danser les clubbers. La grogne des "haters" est d'autant plus vive que le titre dénote cruellement par rapport au reste du projet. On sanctionne, en toute logique, le manque de cohérence. Pourtant, passée cette impression de démarche mercantile, force est de constater que l'alliance des deux univers fonctionne. Et plutôt bien ! Onirique et euphorique, "A Sky Full of Stars" est un guilty pleasure que l'on se surprendre à réécouter. Hors-sujet mais fédérateur ! 3,5/5

Écoutez "A Sky Full of Stars" de Coldplay et Avicii :



9. O


Pour clore son album concept, Coldplay se débarrasse de tout effet superflu. "O", fignolé par Madeon, est une berceuse au piano, splendide et épurée. Amorçant lentement la fin d'un cycle, illustrée par un vol d'oiseaux, la chanson s'ouvre sur une note d'espoir. « Peut-être qu'un jour, je volerais à tes côtés » chante notre protagoniste, blessé mais debout, qui s'imagine un futur où il pourrait enfin aller de l'avant. Scindée par trois (longues) minutes de silence, "O" reprend vie sur une dernière envolée lyrique, où se mêle la voix des enfants de Chris Martin, Apple et Moses. Une conclusion de toute beauté ! 3,5/5


A noter que la version deluxe de "Ghost Stories" contient trois autres pistes bonus. Si "All Your Friends" laisse de marbre et "O (Part 2 - Reprise)" n'apporte aucun intérêt, "Ghost Story" en revanche aurait largement mérité de figurer parmi les morceaux de l'édition standard. Avec ses reflets folk, le titre opère un vrai retour aux sources, ravivant la flamme d'un temps que beaucoup croyait perdu. L'une des plus belles surprises de l'album.


Délaissant la grandiloquence de "Viva La Vida" et "Mylo Xyloto", Coldplay revient à une forme d'authenticité sur ce projet hanté par le désarroi amoureux. Transpercé de mélancolie, doux et rêveur, "Ghost Stories" est une oeuvre intime et ce faisant, touche à l'universalité.
Yohann RUELLE
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Ecoutez et/ou téléchargez l'album "Mylo Xyloto" de Coldplay.
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