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C'est un artiste qui a marqué l'histoire de la musique qui s'éteint. En effet, le musicien américain Bobby Whitlock est décédé ce dimanche 10 août 2025 au petit matin. Une triste nouvelle confirmée par sa manageuse Carol Kaye auprès de la presse, faisant état d'une courte bataille contre un cancer. « Avec une profonde tristesse, la famille de Bobby Whitlock annonce son décès à 1h20 du matin le 10 août après une brève maladie. Il est décédé chez lui au Texas, entouré de sa famille » indique-t-elle dans une note vocale à ABC. Bobby Whitlock était âgé de 77 ans et laisse derrière lui sa femme CoCo Carmel, ses trois enfants, Ashley Brown, Beau Whitlock et Tim Whitlock Kelly, ainsi que sa soeur Debbie Wade.
"Le membre le plus énergique que j'ai jamais vu"
Né le 18 mars 1948 à Memphis, dans le Tennessee, Robert Stanley Whitlock de son vrai nom s'est tout de suite passionné pour la musique et a débuté sa carrière à l'adolescence au sein du mythique label soul Stax Records. Il était alors le premier artiste blanc de l'écurie. Le claviériste collabore ainsi avec des artistes de renom comme Sam & Dave, Albert King ou Booker T. and the M.G.'s ("Green Onions"), avant de rejoindre le duo Delaney & Bonnie en 1968. Sur scène, sous l'étiquette Delaney & Bonnie and Friends, ils assurent notamment les premières parties d'Eric Clapton. Ce dernier le qualifiera de « membre le plus énergique que j'ai jamais vu ». Accompagnés du bassiste Carl Radle et du batteur Jim Gordon, ils créent le groupe de blues-rock Derek and the Dominos, qui ne sortira qu'un seul (et double) album "Layla and Other Assorted Love Songs" (1970), emmené par le tube "Layla", top 10 aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Boudé à sa sortie, le disque est devenu culte avec le temps et est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs albums de rock de tous les temps. Le groupe se sépare en 1971.
En parallèle, à Londres, Bobby Whitlock rencontre George Harrison, membre légendaire des Beatles avec qui il collabore sur le disque "All Things Must Pass", devenu un classique. On lui doit notamment l'introduction au piano du titre "Beware of Darkness", qui résonne actuellement dans le film d'horreur "Evanouis", acclamé par la critique. Avec son groupe, le claviériste joue même au concert "Peace for Christmas" de John Lennon en décembre 1969. Fort de ces expériences, l'artiste sortira alors son premier album solo éponyme en 1972, avant de se retrouver sur le disque légendaire "Exile on Main St." des Rolling Stones... sur lequel il n'est cependant pas crédité ! Il clamait pourtant être le co-auteur de la chanson "I Just Want to See His Face".
Introduit au Beale Street Walk of Fame de Memphis l'an dernier, Bobby Whitlock avait déclaré : « Il fut un temps où je pensais vraiment que personne ne se souciait de ce que je faisais. (...) Tout d’un coup, tout semble s’être inversé, et je ne le cherchais pas, c’est sûr ». Et d'ajouter sur son quotidien loin de la musique et des scènes : « J'ai une vie formidable. Je peins tous les jours. Je suis vraiment doué pour faire ce que je fais. C’est juste une autre extension de qui je suis ». Avant de se retirer, Bobby Whitlock s'était notamment produit en compagnie de sa femme CoCo Carmel.