Crédits photo : Page officielle Facebook
Propos recueillis par Jean-Baptiste Pietra
Pure Charts : Sur la pochette de ton nouvel album, "4 Love", tu adoptes un look très sobre, "classe", et plus féminin que sur tes précédents opus. Est-ce l’album de la maturité ?
Kenza Farah : Ca s‘est surtout fait très naturellement. Dans la vie de tous les jours, je suis beaucoup plus féminine qu'avant : je prends beaucoup plus de plaisir à faire du shopping, à mettre des talons... Alors qu’auparavant, j’étais plutôt garçon manqué. Aujourd’hui, j’ai grandi, j’ai mûri, aussi bien dans ma musique que dans ma vie. Je pense que c’est ce qui se ressent sur le nouveau visuel.
J’arrivais à la fin de mon contrat. J’avais trois albums chez Warner, et j’avais vraiment besoin d’un renouveau, d’effectuer un nouveau départ. J’ai simplement décidé d’aller ailleurs pour créer un nouvel univers autour de mon nouvel opus, choisir une direction artistique que je souhaitais prendre. J'avais besoin de m’entourer de nouvelles personnes. D'ailleurs, mon équipe de travail et mon équipe musicale ont changé : c’est la première fois que je collabore avec les compositeurs. C’est vraiment un nouveau départ.
Comment t’es venue l’inspiration pour "4 Love" ?
Sur cet album, j'ai été influencée par des coups de cœur, par mes gouts musicaux. J’ai créé les morceaux avec les compositeurs, alors qu’auparavant je choisissais parmi ce que les compositeurs me proposaient. Cette fois-ci, c'est totalement différent : chaque titre est unique et a été créé sur mesure pour moi. Donc je peux faire place a mes envie, rajouter des éléments ou faire rejouer certaines pistes par des musiciens. Globalement, l'album est beaucoup plus musical.
En fait, je ne voulais pas spécialement de collaboration sur cet album au départ. Sur mes précédents disques, j’ai eu beaucoup de featurings rap ou R&B, mais là, comme c’est un nouvel univers, j’avais d'abord besoin de me retrouver. Finalement, j’avais ce thème : "Coup de cœur", une histoire assez forte, un thème assez poignant. J’ai eu envie d’une personne qui puisse allier à la plume l’émotion. J’ai tout de suite pensé à Soprano car même si c’est un rappeur, il a beaucoup parlé d’amour, il a beaucoup d’émotion dans la voix. Comme je le connaissais depuis très longtemps – on a grandi ensemble à Marseille – il a accepté, et c’est le seul duo de l’album.
Regardez le clip de "Lucky", par Kenza Farah :
A côté de ça, il y a des morceaux comme "Lucky" où tu dis « il parait que je n’étais pas faite pour durer, qu’après un premier album on allait m’oublier ». Comment fais-tu face aux critiques qu’on t’adresse parfois et quelles sont tes clés pour réussir ?
Dans "Lucky", je commence par des phrases assez dures où je témoigne de ce qu’on me disait clairement. Puis je me rattrape sur le refrain, beaucoup plus léger, où je fredonne : « tididi dam dam »… Justement, je laisse parler. Parce que quand je suis arrivée, j’étais toute jeune, j’avais 19 ans. Et on pouvait penser que c’était un effet de mode. J'entendais : « le r’n’b ça ne marche plus, c’est en perdition ». Moi je pense qu’avant tout, la clé du succès, c’est le travail. On ne peut pas savoir si un album marchera plus qu’un autre. On ne doit pas penser à ça. En le créant, il faut surtout penser à faire de la bonne musique, à se faire plaisir. Il faut que ce soit un album abouti, et après, c’est le public qui décide de ce que l’album devient. Plus jeune, certaines critiques ont pu me toucher. Je pense qu’aujourd’hui je préfère me focaliser sur les gens qui m’aiment et leur apporter de belles choses, plutôt que sur les gens qui ne m’aiment pas.
Je pense que je suis passée de la lycéenne marseillaise remplie de pensées inaccessibles, à la jeune femme qui a accompli plein de belles choses – des disques d’or, de platine, un Zénith de Paris – et qui a encore plein de rêves à réaliser. Mais comme je le dis souvent, mon rêve c’était de faire un album et aujourd’hui c’est le quatrième... j’ai beaucoup de chance. J’ai un Olympia de prévu le 2 février. Pour moi tout ça, c’est la consécration. On m'a fait confiance à nouveau. J’ai pu faire cet album entre la France et les Etats-Unis : j’ai mixé à New York, j’ai masterisé à Los Angeles et j’ai tourné mes clips "Lucky" et "Quelque part" à Miami. J’ai beaucoup voyagé et absorbé plein de bonnes ondes, plein de bonnes vibes. Aujourd'hui, je me sens épanouie dans ma vie. Cet album, c’est que du "smile", que du "love", il donne beaucoup d’amour, il est très positif.
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Tu parlais de l’Olympia le 2 février 2013. Il parait que tu repars en tournée l’année prochaine. As-tu quelques dates déjà programmées ?
J’avais des concerts pratiquement tous les week-ends cet été. C’est vrai que la date phare sera l’Olympia : le top départ d’une tournée, j’espère !
On se demande si la musique te suffit vraiment : on t’as vu jouer dans la web série "Condamnée", par exemple. Aurais-tu envie de te tourner vers d’autres univers comme la télévision ou le cinéma ?
Etre comédienne, c’est quelque chose qui me plait beaucoup, c’est vrai. Après, j’aimerais bien apprendre en prenant des cours de théâtre, de comédie, pour découvrir cet art. J'ai l'impression que ça se rapproche beaucoup de ce que je fais : j’ai souvent été confrontée au public, à une caméra et à un scénario pour mes clips. C’est quelque chose que j’aime beaucoup. Néanmoins, la musique reste ma première passion et c’est vraiment la passion qui me dévore. Je ne lâcherai pas l’un pour l’autre !
Et as-tu d’autres projets de ce type, ou est-ce que cette web série était simplement une parenthèse dans ta carrière musicale ?
C’était un peu à part. Ça a été bénéfique du point de vue professionnel car ça m’a servi de CV auprès des réalisateurs. Mais pour le moment, je me consacre vraiment à la musique, à la sortie de ce quatrième album. C’est quand même quelque chose de beau aujourd'hui quatre albums et bientôt un Olympia !