La multiplication des années sabbatiques, voilà le vrai miracle qui sépare les deux albums de Grand Popo Football Club. Des années de jachère pendant lesquelles Nicolas Errera et Ariel Wizman ont été débordés : lecture de modes d’emploi, pétanque avec des œufs, batailles navales épiques, mariages bollywoodiens, débats d’idées avec des coiffeurs, rires frais et bien sur, entretien quotidien de leur amitié par de longs coups de file sur des sujets divers.
Le chemin du studio défriché, le plaisir de faire naitre des mélodies ensemble est réapparu intact. Ariel Wizman ayant augmenté son estime et sa pratique de l’hypnose des platines, et Nicolas Errera ayant précisé son goût de la composition précise, héritée des Dieux du classique et de la musique de film, leur rencontre met un fait en évidence : ces deux là ne s’étaient jamais quittés.
Puis est venue Tania Bruna-Rosso, sa frange jamais putassière et la divine surprise d’une voix, et les deux comparses remontent en selle, proposant actuellement à nos radios leur nouveau single, "My Territory" (avec de nombreux remixes et notamment de Dan Marciano) - le clip étant lui disponible depuis l'été dernier.
Redécouvrez le dernier clip de Grand Popo Football Club :
Cela donne un disque qui, comme toute bonne musique perd à être qualifié. Il suffira de savoir qu’on ne s’est décidément rien interdit, et que, comme dans le premier opus paru il y a huit ans, et porté à l'époque par le hit "Les hommes c'est pas des mecs bien" (Top 77 en 2001), la monotonie qui s’échappe si facilement des logiciels de musique électronique est évitée. On parle ("My Territory") de cet amour grandissant de soi, qui empêche beaucoup de gens d’avoir un réel plaisir, de ("We Had Style’") de cette fragilité si jolie de la post-adolescence, qu’il est si difficile de quitter, de ("A Shadow Stabbing A Shadow") ces ombres qui se poignardent entre elles, tout au fond de notre psyché, des ("Les filles"), de ("Fake To Fake Party") ces gens qui s’amusent à s’ennuyer et qui finissent par s’ennuyer vraiment… Il faut des mots, il faut de la légèreté, il faut chasser l’angoisse, il faut la voix de Tania qui porte bonheur, il faut des rythmiques qui redonnent une chance à l’intelligence sur le dancefloor, et c’est pour cela qu’il fallait… un second album de Grand Popo Football Club ; en bacs dès septembre prochain.