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Interview
samedi 31 décembre 2016 10:00

Slimane fait le bilan de l'année : "The Voice", Céline Dion, "TPMP", les Enfoirés, Trump...

2016 s'achève ! Propulsé vers les sommets avec sa victoire dans "The Voice" saison 6, Slimane dresse le bilan de l'année écoutée et commente les temps forts qui ont marqué ces dernières mois : le retour de Céline Dion et Renaud, l'élection de Donald Trump, l'explosion du rap en France, les Enfoirés, l'Eurovision...
Crédits photo : Mercury
Propos recueillis par Yohann Ruelle.

Le 14 mai dernier, tu remportais la cinquième saison de "The Voice". Avec le recul, que retiens-tu de l'aventure ?
Ça a changé ma vie. (Sourire) Au delà des caméras, c'est surtout l'aventure humaine qui m'a marqué. J'ai eu la chance d'y retourner il y a quelques semaines pour enregistrer une chanson pendant les auditions à l'aveugle et ça faisait pile poil un an que j'avais passé la mienne. Forcément, l'émotion était au rendez-vous ! J'ai retrouvé tout le monde, c'est une équipe de gens passionnés. Cette émission, ça représente plein de moments palpables où tu sens que ta vie est en train de basculer mais tu ne sais pas comment, tu ne sais pas où ça va aller mais tu sais qu'il se passe quelque chose. Et ce sentiment-là est très particulier...

« Ma vie a changé »
J'imagine que tout n'a pas été si simple à gérer, pour toi et notamment tes proches ?
Du jour au lendemain, j'ai été pris dans un tourbillon. Je suis passé de quelqu'un de très présent pour mes amis à quelqu'un qui travaille beaucoup... Il a fallu un petit moment d'adaptation, ça n'a pas été simple. Mais aujourd'hui, on s'y est fait et c'est ça qui est bien. J'arrive à concrétiser mes projets tout en adaptant mon planning pour être avec les gens que j'aime. Ça a été un gros bouleversement mais un beau bouleversement ! Parce que ça m'a permis de réaliser un rêve et de le vivre tous les jours... C'est une belle histoire.

Dans la foulée, tu as très vite sorti ton premier album, paru moins de deux mois après ta victoire. Il s'est classé numéro un des ventes, s'est écoulé à 100.000 exemplaires... C'est un beau succès et aussi une preuve que la machine "The Voice" tourne à plein régime. Louane, Kendji, Fréro Delavega, Lilian Renaud, Claudio Capéo... Comment tu expliques que l'émission produise autant de talents qui cartonnent ?
Je ne sais pas si y'a une recette "The Voice". La recette, c'est peut-être que ça allie l'artistique avec l'humain. La production fait en sorte que les artistes se sentent bien et qu'on puisse s'exprimer correctement dans notre art, donc ça ça compte. A côté de ça, on est aussi les personnages d'une émission. Le mélange des deux permet au public de nous découvrir vraiment. Et puis "The Voice", ça devient un gage de bonne rencontre entre le public et les artistes. Je crois que les gens sont contents de découvrir de nouveaux artistes, sont contents de les suivre et de les suivre après. Ils sont là pour les albums, ils sont là pour les tournées et finalement c'est ça qui est le plus important, pour nous : qu'ils soient là après.

Est-ce que le succès de l'émission ne s'explique pas aussi parce qu'il y a beaucoup moins d'espace où les artistes peuvent s'exprimer à la télévision ?
Pour le coup, je crois que "The Voice" repose surtout sur la qualité du programme. Parce qu'on chante avec une équipe de musiciens hallucinante, parce que le réalisateur de l'émission (ndlr : Tristan Carné) est exceptionnel, parce que c'est vraiment bien fait. Et je crois que ça compte. Ce n'est pas parce qu'il y a moins d'émissions musicales ou plus. C'est parce que c'est fait avec passion.

Regardez le clip "Paname" de Slimane :



« On sera toujours critiqué ! »
L'année 2016 a aussi été marqué par le retour triomphal de Céline Dion après la mort de son mari René Angélil. On le sait, c'est une chanteuse qui a tissé un lien particulier avec son public, qui s'expose beaucoup et parle ouvertement de sa vie privée. Ce qui lui a valu certaines critiques... Est-ce que pour toi, ta vie personnelle fait partie de ta vie professionnelle ? C'est à dire que les deux sont indissociables ?
Non, moi je considère que ma vie personnelle fait partie intégrante de mes chansons. Je mets un maximum de moi dans l'écriture, dans cet album et j'espère dans le prochain. Pour le reste, j'essaie d'être là tout en gardant une part d'intimité. Je suis vachement présent sur les réseaux sociaux, même si j'essaie de ne pas en faire quelque chose d'intrusif. Après, chacun s'adapte à ce qu'il est ! Je n'ai aucun jugement sur personne. Moi je pense avoir trouvé un juste milieu : être là sans non plus tout montrer. Comme j'ai dit, je préfère parler de moi à travers ma musique. Maintenant, si Céline a été critiquée pour ça... De toute façon quoi qu'on fasse, on sera toujours critiqué ! Ce qui est important et on le voit, c'est qu'elle continue de partager une relation spéciale avec les gens.

C'est vrai que les réseaux sociaux ont complètement transformé les rapports entre le public et les artistes. C'est un avantage ou un jeu à double tranchant ?
C'est toujours à double tranchant ! Moi pour l'instant, je le vois comme un avantage car les gens sont bienveillants. Ils me donnent leur avis et je les écoute sincèrement, surtout quand ce sont des opinions constructives ! Je lis les messages même je n'ai pas le temps de répondre à tout le monde. C'est important car nous on vit dans un microcosme : on rencontre les gens des radios, les gens des télé, des médias... Mais il ne faut jamais oublier pour qui on fait ça. Et puis ça booste ! Après "The Voice", j'ai beaucoup enchaîné, j'étais fatigué et puis je me mettais à lire deux-trois messages d'encouragements et hop, j'avais la pêche ! Mon histoire, c'est avec les gens, les vrais, qu'elle se construit.

« Les Enfoirés ont survécu sans Coluche »
La prochaine édition des Enfoirés se fera pour la première fois sans Jean-Jacques Goldman, qui a quitté la troupe au mois de mai. Sans lui, est-ce que ça a encore du sens ?
Les Enfoirés après Coluche, ça a eu du sens... donc pourquoi ça serait différent ? J'espère que ça en aura encore.

Si on te propose, tu participes ?
Bien sûr ! Après je pars du principe que si tu t'y engages, tu le fais à fond. Il n'y a qu'une seule émission diffusée à la télévision mais le tournage s'étale sur une série de concerts. Donc soit je suis là pour tous les shows, soit je n'y vais pas. Je ne fais pas ça juste pour apparaître à la télé.

Donald Trump a été élu 45ème président des Etats-Unis en novembre. Ce que je trouve intéressant dans l'analyse qu'on peut en tirer, c'est de constater que les très nombreux soutiens qu'a reçu Hillary Clinton de la part des stars de la musique ou du cinéma n'ont pas suffi à faire pencher la balance en sa faveur...
Oui mais c'est particulier parce qu'aux Etats-Unis, ils n'ont pas le même suffrage que nous. Au final, il y a deux millions de personnes de plus qui ont voté pour elle. C'est donc difficile de poser un regard sur l'influence qu'ont pu avoir les artistes.. Ça a quand même compté.

« Mes combats ne sont pas politiques »
Tu penses que c'est le rôle d'un artiste de prendre position sur ces sujets-là ?
Je crois qu'il faut prendre position sur ce qui nous touche. Mais... il ne faut pas le faire juste pour le faire. On a la chance d'avoir une tribune, il ne faut pas l'utiliser que pour notre ego à nous. Après, il y a différentes manières de s'engager. Ecrire une chanson qui parle d'un sujet qui nous touche, par exemple, ou inciter les gens à aller voter. Personnellement, je n'ai pas du tout la prétention de me dire que les gens vont m'écouter mais après je ne sentirais mal si je n'utilise pas cet espace à ma disposition pour porter des valeurs qui me touchent.

Tu te vois prendre partie pour un candidat aux élections présidentielles de 2017 ?
Mes combats à moi sont autres que politiques. Non, moi je m'engage pour des choses qui me touchent au quotidien. Je m'engage notamment avec une association formidable qui s'appelle "Juste humain" dont je suis le parrain et j'en suis très heureux. Sinon j'essaie de transmettre des valeurs de famille, d'amour... Ça paraît bateau dit donc comme ça mais finalement ce sont des choses qui se perdent dans notre société et je pense qu'il faut les porter.

Oui mais tu es citoyen, qu'on le veuille ou non, la politique a son importance.Tu ne portes aucun regard sur la vie politique ?
Si bien sûr ! Je vais voter comme tout le monde, je m'y intéresse comme tout le monde. Mais ce qu'on voit, ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Y'a des sujets dont on ne parle pas assez, comme le mal-être des jeunes qui se sentent perdus, qui ne se sentent pas à leur place en France et qui ne trouvent pas de but... Ça, ça me touche, ça j'aimerais en parler et faire des choses pour ça. Mais je n'ai pas envie de mélanger musique et politique.

« Le rap engagé n'est pas mort »
Changeons de sujet ! En 2016, le marché de la musique a retrouvé des couleurs grâce au streaming. Un secteur qui a particulièrement profité aux rappeurs, qui font aujourd'hui partie des meilleurs vendeurs de disques en France. Jul, Maître Gims, PNL... Quel regard portes-tu sur cette génération-là, qui pratique un rap peut-être plus pop qu'auparavant ?
Moi je crois que le rap a toujours été là. C'est juste qu'on en parle plus ! Regarde, Diam's cartonnait tout il y a dix ans ! C'est toute la culture hip-hop en général qui est de plus en plus exposée, et j'en suis le premier à en écouter. Si c'est révélateur des goûts des gens, tant mieux ! Et tu as raison de le souligner, les modes de consommation de la musique ont changé et aujourd'hui, c'est important de ne pas minimiser l'impact du streaming par rapport aux ventes. Encore une fois, derrière des chiffres, il y a simplement des gens.

Tu écoutais quoi comme rap quand t'étais ado ?
Oh, j'ai écouté un peu de tout. Beaucoup d'IAM très jeune, du Kery James, Diam's, que j'aime beaucoup... Je continue d'en écouter fréquemment. De nos jours, j'aime beaucoup les mélodies de Maître Gims et le don qu'il a de créer des "toplines" comme on dit. Je crois qu'il y a de la place pour tout le monde dans le paysage actuel.

Est-ce que le rap engagé est mort ?
Non ! Il suffit d'aller dans n'importe quel studio pour le constater, y'a des rappeurs excellents dans cet exercice. Après on a tendance à vouloir définir pour les autres ce qu'est l'engagement... Black M, quand il sort son titre et dit "La France c'est chez moi", c'est une forme d'engagement. Moi je ne fais pas du rap mais j'écris sur une chanson sur mon grand-père immigré qui arrive en France avec des rêves plein la tête, c'est une forme d'engagement aussi ! Donc non, le rap engagé n'est pas mort, y'a juste d'autres formes de le montrer.

Regardez le clip "Frérot" de Slimane :



« L'Eurovision, on y pense... »
Amir, découvert comme toi dans "The Voice", a cartonné après sa belle performance à l'Eurovision avec "J'ai cherché". Ça tenterait de participer au concours ?
(Il réfléchit) Euh...

Peut-être pas avec les ailes de papillon multicolores et tout le folklore qui va avec !
(Rires) Non non, en fait pour être très franc... On y a pensé. On m'en a parlé. Je n'ai pas spécialement donné de réponse pour l'instant, mais je trouve que c'est un beau cadeau de représenter la France. En même temps, c'est très compliqué pour moi en tout cas de pouvoir m'exprimer de la façon dont j'ai envie de m'exprimer. C'est un show avec des codes bien définis, un style de chansons bien à part et je ne sais pas du tout si je rentre dans les bonnes cases pour le faire. On verra ! Je ne dis ni oui ni non...

C'est une émission que tu as l'habitude de suivre ?
J'ai déjà regardé, oui. En France, on a tendance à en rigoler mais dans les autres pays européens, c'est une véritable institution ! C'est l'événement le plus regardé dans le monde après le Super Bowl. C'est un show incroyable, avec un gros budget... C'est démesuré ! C'est un spectacle attrayant. Après, y'a des aspects qui le sont un peu moins... (Rires)

« Avant, j'avais peur de dire non »
Une autre émission qui a marqué l'année pour des raisons un peu plus polémiques, c'est "Touche pas à mon poste". Est-ce que parfois, en tant qu'artiste, tu te demandes si la promo ne va pas trop loin ?
Ben après ça dépend de qui tu es et de ce que tu acceptes de faire ou pas ! Moi par exemple, au départ, j'avais peur de dire non à certains trucs. J'avais peur qu'on se dise "oh ça y est il a gagné "The Voice", il se prend pas pour n'importe qui". Et en fait, pas du tout. Maintenant, j'arrive à dire non parce que ça me ressemble pas, que j'ai envie de rester vrai, de rester celui que j'ai toujours été et du coup s'il y a des choses qui me dépassent et que je n'ai pas envie de faire, je n'hésite plus à le dire.

Un artiste, ça doit être prêt à tout pour vendre son art ?
Moi ce n'est pas ma vision des choses. Après on a tendance à juger et à analyser un peu trop vite les gens. Je crois qu'ils sont juste eux-mêmes ! Chacun est différent et il faut arrêter de vouloir définir qui a été trop loin ou qui n'a pas joué le jeu.

Le Bataclan a rouvert ses portes au mois de novembre avec un concert de Sting, un an après les attentats. Francis Cabrel, comme d'autres artistes, a affirmé qu'il ne voyait pas y rejouer après la tragédie. Toi, tu en penses quoi ?
J'ai déjà chanté au Bataclan donc j'aimerais vraiment avoir cette chance à nouveau. Tu vois, on parlait de forme d'engagement tout à l'heure ou de choix, ben je crois que je préfère 1000 fois plus aller chanter au Bataclan que de parler politique. Donc bravo Sting, en plus je suis fan de ce grand monsieur !

« J'adorerais reprendre Aznavour »
M. Pokora cartonne en cette fin d'année avec son album de reprises de Claude François. Si tu devais choisir un artiste à reprendre, ce serait qui ?
C'est dur comme question ! Le choix est difficile. (Il réfléchit quelques instants) Vu que Jacques Brel ça a déjà été fait, je dirais Charles Aznavour. Je peux te citer dix ou quinze chansons que j'adore de lui et que j'adorerais reprendre.

Dernière question : Renaud est l'artiste qui a vendu le plus d'albums en France cette année. Ça t'inspire quoi ?
Je trouve ça beau. Ça montre aussi qu'il y a quelque chose de plus fort que les médias, que les règles, et c'est l'amour que tu peux donner en musique et que peut te porter un public. Chapeau bas, l'artiste !
Yohann RUELLE
Retrouvez l'univers de Slimane sur sa page Facebook.
Écoutez et/ou téléchargez l'album "A bout de rêves" de Slimane sur Pure Charts !
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